1959

Islam et engagement

  • Deux sermons (audio 7-10 minutes)

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    Sincérité et mise en garde contre l'ostentation

    Persécutions au Cachemire

     

    Sincérité et notoriété

     

    En français : http://www.cige.org/Sermons/SinceriteMiseEnGardeOstentation_f.mp3

     

    En arabe :

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    Persécutions au Cachemire

     

    En français : http://www.cige.org/Sermons/PersecutionsAuCachemire_f.mp3

     

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  • Persécutions à huis clos au Cachemire (sermon)

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    Le cœur du musulman ne peut être qu’attristé et affligé quand il observe quel est l’état de sa communauté : en Syrie, en Birmanie, au Yémen, en Palestine, en Egypte et ailleurs…

    Et aujourd’hui au Cachemire. Des informations alarmantes nous sont parvenues : les forces armées venant de l’Inde sont entrées au Cachemire et ont complètement bouclé ce territoire où vivent des millions de musulmans. Tous les moyens de communication ont été bloqués. Les nationalistes hindous peuvent ainsi décider comme bon leur semble du sort de leurs victimes : hommes, femmes et enfants. Leur fanatisme est connu et il s’est plusieurs fois traduit par des actes de barbarie.

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    Narendra Modi, un homme dangereux. Chaque fois que des ultranationalistes ont tenu à leur merci des communautés musulmanes, cela s'est traduit par la violence et les massacres. 

    Le gouvernement Modi a remis en question l’autonomie de ce territoire à majorité musulmane. L’Inde est également inspirée par la Chine : elle a vu que ce pays pouvait persécuter les musulmans du Turkestan oriental  sans être inquiété : ni la communauté internationale, ni l’ONU, ni les gouvernements arabes n’ont assumé l’obligation qui leur incombait de s’opposer à cette injustice, qui vise clairement l’extermination d’un peuple par millions d’individus. Ces persécutions s’étendent aujourd’hui à l’Inde dans certaines de ses régions, et au-delà de sa frontière avec le Cachemire.

    C’est toujours, mes frères et sœurs en Islam, la même histoire et le même scénario, qui se répètent ici et là. Les musulmans sont agressés de la façon la plus abominable, comprenant tortures et massacres à grande échelle. Certains parmi eux décident d’engager un combat de légitime défense, comme c’est le droit de tout homme sur terre. Lorsque donc des croyants pieux et courageux entreprennent de résister, ils sont accusés bientôt de terrorisme et de « djihadisme », expression qui se traduit par toutes sortes d’amalgames qui servent surtout les tortionnaires en place. A ce moment précis, la presse et les médias – qui sont largement dominés par les lobbies sionistes en général – entrent en action pour changer la donne de fond en comble : il n’est plus question de colonisation et de persécutions contre des peuples, mais du travail légitime que font les régimes en place pour nous débarrasser du terrorisme.

    Cette histoire n’est-elle pas celle de la Palestine et de Gaza depuis plus de 60 ans ?

    Cette histoire n’est-elle pas celle de la Syrie, où un peuple, bombardé depuis sept années,  a délibérément été abandonné à la merci du criminel Bachar ? Comme si le bourreau de Damas était désormais le seul sauveur susceptible de nous délivrer du terrorisme ? Tout se passe comme si les peuples musulmans n’existaient plus, et comme si la seule solution à la terreur était de recourir à la répression des dictateurs !

    N’est-ce pas toujours la même histoire, celle qui nous parle de l’Egypte, où plus de 60 000 opposants au Coup d’Etat sont emprisonnés ? Répression qu’al-Sissi justifie en promettant qu’il viendra à bout des terroristes ?

    Il ne fait aucun doute que la responsabilité des Etats arabes est immense, mais que pouvons-nous attendre de gouvernements traîtres inféodés au sionisme ? Leur plus grand désir, pour lequel ils se livrent même concurrence, est d’exaucer le moindre vœu émis par le gouvernement états-unien. Y compris l’achat d’armes pour détruire de leurs propres mains d’autres pays musulmans, et tuer des enfants innocents, comme au Yémen.

    Que pouvons-nous attendre de Mohammed Ben Salmane, qui s’est rendu en Chine et qui a soutenu le régime de Pékin dans sa « lutte contre le terrorisme » : c’est ainsi que le peuple musulman du Turkestan oriental, que l’on empêche de prier, de pratiquer ses rites et dont on détruit les mosquées, est qualifié par ce prince incompétent de « terroriste » !

    En Occident, ces informations nous viennent jour après jour. D’abord avec une certaine objectivité, en décrivant une situation où les musulmans sont en danger et exposés à être exterminés. Puis le style de l’information change, pour focaliser notre attention sur des regroupements djihadistes  - ces groupuscules qui sont ceux-là mêmes qui menacent l’Occident - . Donc, il n’y a aucun mal à ce qu’ils soient exterminés. Les millions d’individus qui constituent ces peuples sont oubliés. Ils n’existent plus et sont ainsi offerts en sacrifice à leurs tortionnaires.

    Mes chers frères et sœurs en Islam,

    Notre Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) nous a rendus attentifs au fait que nous serions confrontés à des épreuves se succédant semblables à la nuit la plus sombre.

    Il ne convient pas qu’un croyant désespère, même dans de telles circonstances, particulièrement éprouvantes.

    Nous devons nous tourner vers Dieu, d’abord par nos invocations ;  et nous devons comprendre que c’est l’Islam qui est agressé de toute part, et non pas l’inverse, comme certains le prétendent.

    « L’injustice sera ténèbres au Jour de la résurrection. » Or, l’obscurité ne se répand que par l’absence de lumière, tout comme l’erreur et l’imposture ne s’installent que par l’absence de vérité.

    Le musulman authentique ne connaît pas le désespoir, parce que Dieu est son Maître, et en toute chose, Sa décision l’emporte ! Sa victoire viendra, voilà ce qui ne fait aucun doute.

    Nous demandons à Allah qu’Il préserve nos frères, nos sœurs et nos enfants au Cachemire, en Syrie, au Yémen, en Palestine et partout dans le monde. Allâhumma âmîn !

     

     

  • Zemmour et Finkielkraut : incitation à la haine et à la violence

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    Voilà un gros titre qui pourrait figurer dans la presse et les médias aujourd’hui, si Zemmour et Finkielkraut étaient des musulmans engagés, et si les deux fusillades, au Texas puis dans l'Ohio – aussitôt qualifiées d’attentats – avaient été perpétrées par un homme basané nord-africain.

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    Zemmour : remplacer musulmans par juifs et islam par judaïsme pour mesurer la nature du propos

    Des thèses qui se traduisent par des ATTENTATS

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    Comment ce sioniste est-il devenu membre de l'Académie (de la république) française?

    Zemmour[1] comme Finkielkraut[2] ont relevé la pertinence des thèses nauséabondes de Renaud Camus, soutenant le danger du « grand remplacement » et conduisant à penser qu’il faudra bien une fois ou l’autre en finir avec la présence des musulmans, en France et ailleurs. Or, le suprémaciste blanc qui avait tué des musulmans dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, avait laissé un manifeste se focalisant sur cette théorie du « grand remplacement », pour justifier son passage à l’acte. Justification qui semble des plus contagieuses.

    Que dit en effet la presse aujourd’hui pour expliquer les nouveaux épisodes sanglants qui touchent les Etats-Unis ? :

    « Dans la ville d'El Paso, située sur la frontière mexicaine, un homme blanc de 21 ans a ouvert le feu samedi dans un hypermarché Walmart bondé, avec des clients en majorité hispaniques. Il a fait 20 morts et 26 blessés avant de se rendre. La police enquête sur un manifeste, qui lui a été attribué et qui circule sur internet.

    L'auteur de ce document dénonce notamment "une invasion hispanique du Texas" et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars). » https://www.msn.com/fr-ch/actualite/other/fusillade-à-dayton-neuf-tués-lassaillant-est-mort/ar-AAFknwY?ocid=spartanntp

    Mais ni Zemmour, ni Finkielkraut ne seront jamais inquiétés. On ne leur confisquera pas leur liberté d’expression. Au contraire, ils continueront à être les invités vedettes de débats convenus.

    Ils ne sont pas musulmans.

     

    [1] Zemmour évoque "le grand remplacement" des Français par "les arabo-musulmans" https://www.lexpress.fr/actualite/medias/zemmour-evoque-le-grand-remplacement-des-francais-par-les-arabo-musulmans_1780792.html « Eric Zemmour a déjà été condamné en février 2011 pour incitation à la discrimination raciale, pour avoir dit à l'antenne de France 0 que les employeurs "ont le droit de refuser des Arabes et des Noirs".  Le polémiste a également été condamné en décembre 2015 pour provocation à la haine pour avoir déclaré à un journal italien en octobre 2014 que les musulmans "vivent entre eux, dans les banlieues", obligeant les Français à s'en aller. »

    [2] Alain Finkielkraut reprend à son compte la théorie du “grand remplacement” de Renaud Camus https://www.youtube.com/watch?v=PCTBqfAOZvY

     

  • PELERINAGE : COMMENTAIRE DU CORAN

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    De l’éloquence du Coran : un seul verset sur le pèlerinage[1]

    Et accomplissez le grand et le petit pèlerinage pour Dieu. Si vous en êtes empêchés, faites alors en offrande un sacrifice qui vous soit facile. Et ne rasez pas vos têtes jusqu'à ce que l'offrande atteigne l'endroit licite de son immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'une affection de la tête, (il doit) alors une compensation : un jeûne, ou une aumône, ou un sacrifice.

    Lorsque vous êtes en sécurité, quiconque a joui d'une vie normale après avoir accompli le petit pèlerinage et jusqu'au grand pèlerinage, qu'il fasse alors en offrande un sacrifice qui soit facile. Celui qui ne trouve pas (le moyen de faire ce sacrifice), qu'il jeûne alors trois jours pendant le grand pèlerinage, et sept jours quand vous serez de retour, ce qui fait dix jours entiers. Cela pour celui dont la famille ne réside pas dans la Mosquée sacrée.

    Et craignez Dieu, et sachez que Dieu punit sévèrement. (Coran, 2, 196)

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    Commentaires

     

    Sens des expressions et explications

     

    1. a) Et accomplissez…pour Dieu. Tout œuvre cultuelle en Islam comprend ces deux aspects fondamentaux : l'intention (dimension intérieure de l'âme qui cherche à se rapprocher de Dieu), et la pratique extérieure qui doit être conforme aux prescriptions rituelles. L’impératif atimmû, du verbe atamma, accomplir, comprend le sens de l’accomplissement et de l’achèvement. Ibn Kathîr relève que les savants de l’Islam sont unanimes à considérer que la personne qui entame le grand ou le petit pèlerinage doit le terminer, et ne peut décider de s’arrêter en chemin. Raison pour laquelle la suite du verset évoque le cas de celui qui est involontairement empêché de le faire. Il énumère ensuite les interprétations du sens de cet accomplissement : selon Mak’hûl, il consiste à débuter le grand ou le petit pèlerinage en les commençant une fois arrivé au mîqât, lieu à partir duquel le pèlerin doit se mettre en état de sacralisation[2]. ‘Abd ar-Razzâq rapporte, d’après Ma‘mar, d’après az-Zuhrî, qui a dit : On nous a fait savoir que ‘Umar avait dit (en commentant) la parole de Dieu : « Et accomplissez le grand et le petit pèlerinage pour Dieu » : « Une part de leur accomplissement revient à séparer le grand du petit pèlerinage et à effectuer ce dernier en dehors des mois du grand pèlerinage[3]. Dieu dit : «Le (grand) pèlerinage, ce sont des mois connus. » (Coran, 2, 197). Selon as-Suddî, cela signifie qu’il faut accomplir au mieux selon les règles (atimmû est synonyme de aqîmû) le grand et le petit pèlerinage. Qatâda rapporte, d’après Zurâra, ce commentaire d’Ibn ‘Abbâs : « Le grand pèlerinage désigne ici ‘Arafa, et le petit pèlerinage, les circumanbulations (tawâf). » (Kath., Rabm.) Al-Baydâwî donne ces explications : accomplissez le grand et le petit pèlerinages sincèrement, sans que ne s’y mêle un intérêt mondain. Et encore : accomplissez-les en dépensant pour cela de l’argent licite. (Bayd.)
    2. b) Le grand et le petit pèlerinage pour Dieu. Al-hajj et al-‘umra: nous traduisons par le grand et le petit pèlerinage, bien que les adjectifs grand et petit ne figure pas dans les termes  hajj et ‘umra. Comme nous l’avons déjà vu, le verbe hajja veut dire aller en pèlerinage (hajj). Le verbe signifie à l’origine : se diriger vers. I‘tamara veut dire accomplir le pèlerinage surérogatoire (la ‘umra). Le verbe signifie à l’origine visiter (voir Coran, 2, 158).

           Le grand pèlerinage est une obligation et fait partie des cinq piliers de l'Islam. Il doit être accompli une fois au moins dans la vie par toute personne qui en a les moyens. Il a lieu à date fixe: du 8 au 12 ou 13 du mois de dhu -l-hijja (12e mois de l'année musulmane).

           Le petit pèlerinage a un caractère individuel et peut être accompli à n'importe quel moment de l'année.

           Le pèlerin accomplit obligatoirement un certain nombre de rites :

    (1) Il se met en état de sacralisation (ihrâm) avec l'intention d'accomplir le grand ou le petit pèlerinage, ou les deux ensemble.

      (2) Il accomplit la circumambulation autour de la Maison sacrée (tawâf).

      (3) Il accomplit sept aller-retour entre les deux monticules appelés as-Safâ et al-Marwâ (sa‘y).

      (4) Il rase ou se coupe les cheveux (halq ou taqsîr).

      (5) Le grand pèlerinage comprend la station à ‘Arafa (al-wuqûf bi ‘Arafa).

    1. c) Si vous en êtes empêchés. Uhsirtum, passif du verbe ahsara : empêcher qn de…, oppresser qn.
    2. d) Faites alors en offrande un sacrifice qui vous soit facile. Si les pèlerins sont empêchés de se rendre à La Mecque alors qu'ils sont en état de sacralisation, notamment du fait de la présence d'un ennemi qui leur barre la route, ils devront faire un sacrifice qui soit à leur portée. Ils ne pourront sortir de l'état de sacralisation qu'après l'immolation. Est dispensé cependant de cette offrande le pèlerin qui au moment de formuler son intention d'accomplir le pèlerinage, ajoute la formule suivante : « Je sortirai de la sacralisation là où Tu m'arrêteras (mahillî haythu tahbisunî). » Cette condition signifie qu'en cas d'empêchement, le pèlerin se « désacralisera » sans devoir faire un sacrifice. Rappelons qu’en l’an six de l’hégire, le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) et ses Compagnons furent empêchés à al-Hudaybiya d’accomplir le petit pèlerinage, qu’ils ne purent effectuer qu’une année plus tard. Ils sortirent de l’état de sacralisation en immolant les bêtes du sacrifice et en se rasant ou se coupant les cheveux. D’après ‘Abdu -Llâh Ibn ‘Umar – que Dieu soit Satisfait de lui et de son père –, le Messager de Dieu (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) sortit accomplissant un petit pèlerinage. Les négateurs de Quraysh s’interposèrent entre lui et la Maison (sacrée). Il immola alors son offrande, se rasa les cheveux à al-Hudaybiya, et se mit d’accord avec eux pour entreprendre un petit pèlerinage l’année suivante, sans les agresser par les armes – Surayj, l’un des rapporteurs du hadith, donne cette version : sans porter d’arme sur eux, à l’exception de leurs épées –. Les musulmans ne pourraient en outre y séjourner que le temps qu’ils voudraient leur attribuer. Il accomplit donc le petit pèlerinage l’année suivante, et entra à La Mecque en respectant cet accord. Au bout de trois jours, ils lui ordonnèrent de sortir, ce qu’il fit (Dieu le couvre de bénédictions et de paix). » (Ahmad, al-Bukhârî, al-Bayhaqî) (Ahba.) D’autres sources confirment que le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) procéda, dans le lieu appelé al-Hudaybiya, à l’immolation avant de se raser les cheveux. La savant Ahmad ‘Abdu -r-Rahmân al-Bannâ a relevé que ce passage du Coran avait suscité de nombreuses opinions divergentes, y compris entre les Compagnons, notant que beaucoup ont affirmé que « cet empêchement prend le sens de tout ce qui empêche le pèlerin d’accomplir son pèlerinage, qu’il s’agisse d’un ennemi ou d’une maladie, à tel point qu’Ibn Mas‘ûd – que Dieu soit Satisfait de lui – avait donné un avis juridique à propos d’un homme atteint d’une morsure venimeuse. Il entrait selon lui dans cette catégorie. » Il relève également qu’at-Tabarî avait rapporté selon une chaîne de tradition authentique, et selon les dires d’an-Nakha‘î, al-Hasan, Mujâhid, ‘Atâ’, Qatâda et ‘Urwa Ibn az-Zubayr, que cet empêchement peut être défini comme « tout obstacle qui empêche d’arriver à la Maison sacrée et de rester en état de sacralisation, qu’il s’agisse d’un ennemi, d’une maladie, d’une fracture, d’une blessure, de la peur, du manque de moyen matériel, du fait de perdre son chemin. Le pèlerin peut dans ce cas se désacraliser. » D’autres, comme Ibn ‘Abbâs – que Dieu soit Satisfait de lui et de son père –, ont estimé que l’expression coranique est limitée à celui dont la route est obstruée par un ennemi. L’imam Mâlik a déclaré quant à lui  dans son Muwatta’: « Toute personne empêchée d’accomplir le pèlerinage après s’être sacralisée – que cela soit dû à la maladie, ou pour une autre raison, ou pour une erreur de calcul, ou parce que le croissant lunaire lui a été caché est muhsar (empêchée). Elle obéit aux mêmes règles que celui qui est empêché par un ennemi. » (Ahba.)  Le pèlerin qui conduit avec lui la bête à sacrifier pouvait alors accomplir l’immolation en dehors du territoire sacré, en prenant pour modèle ce que le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) fit à al-Hudaybiya. Al-Baydâwî relève que selon Mâlik et ash-Shâfi‘î, l’empêchement dont il est question ici relève de l’obstruction provoquée par l’ennemi, pour la raison que le Coran dit plus loin : Lorsque vous êtes en sécurité. (Bayd.)
    3. e) En offrande un sacrifice. Hady : offrande faite à La Mecque (Athi.), dans des conditions normales. Selon Ibn ‘Abbâs, ce terme « englobe tous les bestiaux : camélidés, bovins, ovins et caprins. » (Kath., Rabm.)
    4. f) Qui vous soit facile. Un mouton, selon ‘Alî Ibn Abî Tâlib, cité par Mâlik dans son Muwatta’. Selon Ibn ‘Abbâs, cela peut être « un chameau, une vache, une chèvre, ou un mouton. » Selon ‘Abdu ar-Razzâq, qui cite aussi Ibn ‘Abbâs, qui vous soit facile signifie « selon vos moyens ». (Kath., Rabm)
    5. g) Et ne rasez pas vos têtes jusqu'à ce que l'offrande atteigne l'endroit licite de son immolation. Si vous accomplissez le pèlerinage dans des conditions normales, vous ne devez pas vous raser les cheveux avant que l’animal n’ait atteint l’endroit de son immolation en territoire sacré.
    6. a) Si l'un d'entre vous est malade. Une maladie qui l’oblige à se raser. (Bayd.)
    7. b) Ou souffre d'une affection de la tête. Comme d’une blessure ou la présence de poux. (Bayd.)
    8. c) (Il doit) alors une compensation. Fidya: compensation, rançon, ce qui sert à racheter.
    9. h) Un jeûne, ou une aumône, ou un sacrifice. L'état de sacralisation signifie que le pèlerin, arrivé à un point précis fixé au-delà du territoire sacré, est tenu de respecter un certain nombre de règles:

    (1)   Ne pas porter de vêtement cousu (pour les hommes).

    (2)   Ne pas se couvrir la tête (pour les hommes).

    (3)   Ne pas se raser ou se couper les cheveux.

    (4)   Ne pas se couper les ongles.

    (5)   Ne pas se parfumer.

    (6)   Ne pas avoir de relations sexuelles.

    (7)   Ne pas chasser d'animaux terrestres.

    (8)   Ne pas accomplir de mariage.

           Si par oubli, il transgresse l'une des cinq premières interdictions énumérées ci-dessus, il devra alors une compensation : jeûner trois jours, ou nourrir six pauvres, ou sacrifier un mouton. Le Coran indique ici qu'un homme malade qui souffre de maux de tête et veut se couvrir, ou qui a grandement besoin de se raser, pourra choisir entre ces trois types de compensation. Le Coran révèle quelle est la nature de cette rançon, sans en préciser la quantité. C’est la Sunna qui nous apporte un complément d’informations sur ce point : « ‘Abdu -Llâh Ibn Ma‘qil a dit : « J’étais assis auprès de Ka‘b Ibn ‘Ujra dans cette mosquée, c’est-à-dire la mosquée de Kûfa, et le questionnai sur la compensation par le jeûne (dont parle le verset 196 de la sourate 2). – On m’avait, répondit-il, conduit auprès du Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix), et, à ce moment, les poux étaient répandus sur tout mon visage. – Je ne pensais pas, me dit le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix), que ton mal eût atteint ce degré et que tu en fusses fatigué à ce point ! Trouves-tu un mouton (en guise de compensation) ? – Non, dis-je. – Jeûne trois jours, ou donne à manger à six pauvres, pour chaque pauvre un demi-sa‘[4], et rase-toi la tête. – Ce passage, reprit Ka‘b, a été révélé à mon sujet, mais il est applicable à vous tous. » (Al-Bukhârî) Remarquons que l’ordre des compensations possibles énumérées dans le Coran (jeûne, aumône, sacrifice) diffère de celui donner dans le hadith (sacrifice, jeûne, aumône). Cela est dû, selon Ibn Kathîr, au fait que le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) a indiqué à Ka‘b d’abord le moyen le plus méritoire pour se racheter (le sarifice). (Kath.) Il reste que tout pèlerin conserve la possibilité de choisir entre ces trois formes de compensation.

    1. i) Lorsque vous êtes en sécurité, quiconque a joui d'une vie normale après avoir accompli le petit pèlerinage et jusqu'au grand pèlerinage, qu'il fasse alors en offrande un sacrifice qui soit facile. Si le pèlerin dépasse le point fixé (mîqât) pour se mettre en état de sacralisation sans l'avoir fait, il doit obligatoirement donner une offrande en sacrifice. Le cas se présente notamment lorsqu'il accomplit le pèlerinage sous le mode « tammatu‘». Il existe en effet trois façons d'accomplir le hajj : 1) L'ifrâd : le grand pèlerinage seulement. 2) Le qirân : le grand et petit pèlerinage accomplis conjointement en restant en état de sacralisation. 3) Le tammatu‘ : le petit pèlerinage accompli avant le grand pèlerinage. Le verbe tamatta‘a  veut dire jouir de quelque chose.  Le pèlerin se désacralise après le petit pèlerinage, jouit d'une vie normale jusqu'au moment du grand pèlerinage. Il revient à l'état de sacralisation,  alors qu'il se trouve dans le territoire sacré, raison pour laquelle il doit une offrande. C'est cette troisième façon d'accomplir le hajj qui est évoquée dans ce verset. ‘Imrân Ibn Husayn – que Dieu soit Satisfait de lui et de son père – a dit : « Le verset relatif à la jouissance du pèlerinage fut révélé dans le Livre de Dieu. Nous l’accomplîmes avec le Messager de Dieu (Dieu le couvre de bénédictions et de paix). Aucune Révélation du Coran ne l’a déclarée illicite et ne l’a interdite jusqu’à la mort du Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix). C’est un homme qui a dit à ce sujet ce qu’il lui a plu de dire. » (Al-Bukhârî) L’homme en question était sans doute ‘Umar (Ibn Hajar, Al-Fat’h, vol. 8, p.34). On sait effectivement que ‘Umar interdisait aux gens d’accomplir le grand pèlerinage avec le petit, non pas parce qu’il estimait que la chose est illicite, mais afin que les gens multiplient les voyages en direction de la Maison sacrée. (Kath., Rabm.) On a vu plus haut qu’il donnait du passage : « Et accomplissez le grand et le petit pèlerinage pour Dieu » l’interprétation suivante : « Une part de leur accomplissement revient à séparer le grand du petit pèlerinage et à effectuer ce dernier en dehors des mois du grand pèlerinage. » C’est pourquoi ‘Umar privilégiait le mode ifrâd. Il reste que l’observation de ‘Imrân Ibn Husayn se justifie amplement. Il ne revient à personne, serait-ce un illustre Compagnon, de restreindre les facilités offertes par le Coran. Par ailleurs, le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) et ses Compagnons effectuèrent le pèlerinage sous les modes qîran ou tamattu‘. Ibn ‘Umar a expliqué que le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix), lors de son pèlerinage d’adieu, avait accompli le petit pèlerinage avant le grand. Il s’était mis en état de sacralisation à Dhu -l-Hulayfa, le mîqât des pèlerins venant de Médine. Certains avaient conduit avec eux les animaux à sacrifier, et d’autres pas. Arrivés à La Mecque, le Messager de Dieu déclara : « Celui qui parmi vous a apporté un animal à sacrifier, qu’il ne s’autorise en rien à faire une chose que son état de sacralisation lui interdit[5] ; et celui qui n’a pas apporté son offrande avec lui, qu’il accomplisse la circumambulation (tawâf) autour de la Maison (sacrée), et les allées et venues entre as-Safâ et al-Marwâ. Qu’il se coupe ensuite les cheveux et sorte de l’état de sacralisation[6]. Ensuite[7], il formulera l’intention d’accomplir le grand pèlerinage. Celui qui ne trouve pas une offrande à sacrifier, qu’il jeûne trois jours pendant le grand pèlerinage, et sept lorsqu’il reviendra chez les siens. » (Al-Bukhârî) (Kath.) Ce hadith nous permet de déterminer que le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) et une partie de ses Compagnons ont fait le hajj sous le mode qîrân ; et que d’autres l’ont fait sous le mode tamattu‘. Al-Baydâwî relève ici l’opinion de ceux qui considèrent que le pèlerin ne peut consommer la viande de son sacrifice, car il s’agit d’une mesure compensatoire et d’une réparation. Opinion contredite par Abû Hanîfa qui estime que l’animal étant sacrifié cultuellement (nusuk), il revient au pèlerin d’en consommer (jusqu’au tiers), comme pour l’offrande faite le jour de la fête. (Bayd.)
    2. j) Celui qui ne trouve pas (le moyen de faire ce sacrifice), qu'il jeûne alors trois jours pendant le grand pèlerinage, et sept jours quand vous serez de retour, ce qui fait dix jours entiers. Celui qui n'a pas les moyens de donner une offrande, qu'il jeûne trois jours pendant la période du pèlerinage, soit entre le premier jour du mois de dhul-hijja et le 9e jour ; et sept jours de retour chez lui. At-Tabarî passe en revue les diverses opinions sur ce point : l’imam ‘Alî, comme ‘Ibn ‘Abbâs, comme Ibn ‘Umar – que Dieu soit Satisfait d’eux – spécifient quels sont ces trois jours : les 7, 8, et 9 de dhul-hijja. At-Tabarî cite Mujâhid qui expliquait que le pèlerin pouvait avancer ce jeûne pendant les mois du pèlerinage : shawwâl, dhu -l-qa‘da et dhu -l-h ‘Ikrima affirmait : « S’il craint de ne pouvoir jeûner dans les délais à La Mecque, il peut jeûner en chemin un ou deux jours. » Opinions qui ont un intérêt surtout pour le pèlerin prévoyant qu’il n’aurait pas la possibilité de sacrifier un animal, Ibn ‘Atâ’ disait : « Il n’y a pas de mal à jeûner ces trois jours alors que tu t’es désacralisé entre le petit et le grand pèlerinage. » Tous les savants s’accordent sur le fait qu’il est interdit de jeûner le jour de la fête, le 10 dhu -l-hijja.  Beaucoup estiment que si le pèlerin n’a pas pu accomplir ce jeûne de trois jours avant le 10, il lui reste la possibilité de le faire encore pendant les jours de Minâ : les 11,12 et 13 de dhu -l-hijja. Avis donné par l’imam ‘Alî (Taba.) C’est notamment l’opinion de ‘Âïsha et d’Ibn ‘Umar mentionnée par al-Bukhârî.  (Kath.) Notons qu’il est normalement interdit de jeûner pendant ces trois jours. As-Suyûtî nous rappelle que ce jeûne doit être effectué alors que le pèlerin est en état de sacralisation[8], et qu’il doit donc impérativement se sacraliser  le 7 du mois, pour compléter les trois jours (7,8,9), et qu’il est préférable encore de commencer le 6 du mois pour éviter de jeûner le 9 (et jeûner ainsi les 6,7,8), ce qui n’est pas recommandé pour le pèlerin. Il n’est pas permis de jeûner les 11, 12 et 13 selon l’avis le plus juste de l’imam ash-Shâfi‘î. (Jala.) C’est d’ailleurs l’opinion de la plupart des savants. (Bayd.)
    3. k) Quand vous serez de retour. De retour chez vous, ou dès que vous vous en retournerez après avoir terminé le pèlerinage. (Bayd.) On remarquera dans ce passage du Coran un changement de personnes : « quand vous serez de retour ». Il s'agit d'une tournure de style éloquente[9] : le pronom il est appelé en arabe pronom de l'absent (damîr al- ghâ’ib). Il est utilisé ici pour désigner le pèlerin qui accomplit son jeûne durant son voyage : « qu'il jeûne trois jours pendant le grand pèlerinage ». Le Coran interpelle ensuite directement les fidèles de retour chez eux (en arabe : al-mukhâtab) : « et sept jours quand vous serez de retour. » (Jala.)
    4. l) Ce qui fait dix jours entiers. Cette proposition est destinée à confirmer ce qui vient d’être dit. On pourrait donc traduire : ce qui fait dix jours en tout. (Jala.) Confirmation donnée pour signifier son caractère obligatoire. Une raison serait aussi que le nombre sept peut avoir dans l’usage de la langue arabe le sens de : de nombreuses fois. L’addition montre que ce n’est pas le cas ici. (Bayd) At-Tabarî signale l’opinion (qu’il partage lui-même) de ceux qui pensent que cette phrase déclarative a un sens impératif : Voici dix jours, jeûnez-les complètement et n’en négligez pas une partie. D’autres ont estimé que cette proposition n’a que le sens de la confirmation, comme lorsque l’on dit : « Je l’ai entendu de mes oreilles. » ou : « Je l’ai vu de mes yeux. » (Taba., voir aussi Kath.) Kâmila : entiers, a aussi le sens de « ce qui complète ». On peut comprendre : Voici donc dix jours qui vous permettront de compenser complètement l’offrande que vous n’avez pu faire. (Zjaj., Bayd.) Et encore : Voici donc dix jours qui feront que vous recevrez une complète récompense. (Zjaj.)
    5. m) Cela pour celui dont la famille ne réside pas dans la Mosquée sacrée. La Mosquée sacrée désigne ici l'ensemble du territoire sacré, qui comprend La Mecque et ses alentours. Ceux qui habitent dans les limites de ce territoire n'ont pas de compensation à donner. Cette compensation est due au fait que le pèlerin, ayant accompli son petit pèlerinage, s’est désacralisé et est resté à La Mecque, jouissant d’une vie normale. Pour se sacraliser à nouveau afin d’entreprendre le grand pèlerinage, il n’est pas revenu au mîqât, raison pour laquelle il présente une offrande, ou s’il ne le peut, jeûne dix jours. Or, celui qui réside à La Mecque et dans son territoire sacré se met en état de sacralisation depuis son lieu d’habitation, et n’est donc pas concerné par ces mesures. At-Tabarî énumère les opinions concernant les limites du territoire concerné : Ibn ‘Abbâs et Mujâhid affirment qu’il est question des gens qui vivent dans le territoire sacré. Mak’hûl et ‘Atâ’ affirment qu’il s’agit de ceux qui résident en deçà des lieux d’assignation où le pèlerin doit se mettre en état de sacralisation (mawâqît, pluriel de mîqât). At-Tabarî favorise une autre opinion : observant que l’expression coranique utilisée : hâdirî -l-masjid  (textuellement : résidents de la Mosquée) comprend le sens d’être présent et non absent, c’est-à-dire d’être résident et non en voyage, ce territoire est délimité en fonction de la distance qui permet au voyageur d’écourter sa prière. Dès qu’il peut écourter sa prière, il n’est plus en effet résident. (Taba.) Opinion retenue également par al-Baydâwî. (Bayd.) La mention de la famille (al-ahl) permet de souligner qu’il est question du lieu principale de résidence.
    6. n) Et craignez Dieu, et sachez que Dieu punit sévèrement. Craignez Dieu en observant Ses ordres et en vous conformant à Ses interdits, particulièrement pendant le pèlerinage. (Bayd.) Textuellement : « Dieu est dur en punition ». ‘Iqâb: punition, peine, châtiment, mot de la même famille que ‘aqaba : succéder à quelqu’un, ‘aqib : talon, ‘âqiba : fin, terme, issue, descendant, Ya‘qûb : Jacob[10]. Ce qui signifie que la mauvaise action, si elle n’est pas pardonnée, a pour conséquence un châtiment sévère que finit par subir celui qui la commet.

     

    Quelques enseignements :

     

    -         Il est obligatoire de terminer le pèlerinage lorsque l’on est entré en état de sacralisation, et cette règle s’impose pour le grand ou le petit pèlerinage, qu’il s’agisse d’une obligation ou d’une œuvre surérogatoire.

    -         Ce passage montre quelle est la démarche à suivre en cas d’empêchement : présenter une offrande, puis se désacraliser en se rasant ou en se coupant les cheveux. Rappelons que lorsque le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) avait agi ainsi à al-Hudaybiya, il s’était rasé complètement la tête et avait fait l’invocation suivante : « Ô Grand Dieu ! Fais miséricorde à ceux qui se sont rasé la tête ! » Des Compagnons dirent : « Et à ceux qui se sont coupé les cheveux, ô Messager de Dieu ! » Il répéta : « Ô Grand Dieu ! Fais miséricorde à ceux qui se sont rasé la tête ! » Des Compagnons dirent (à nouveau) : « Et à ceux qui se sont coupé les cheveux, ô Messager de Dieu ! » Il dit alors (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) : « Et à ceux qui se sont coupé les cheveux ! » (Al-Bukhârî, Muslim) Rappelons que le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) avait refait ce petit pèlerinage l’année suivante.

    -         Ce passage montre quelles sont les règles à suivre lorsque l’on est malade, ou lorsqu’étant touché à la tête, on doit se raser les cheveux  (ce qui concerne aussi certaines choses que l’on ne doit pas faire en état de sacralisation, comme le fait de porter un vêtement cousu ou de se couvrir la tête avec une excuse valable…) : on doit alors jeûner trois jours, ou nourrir six pauvres, ou immoler un mouton.

    -         Ce passage montre quelles sont les règles à suivre quand on accomplit le pèlerinage en mode tamattu‘ : elles ne concernent pas les individus qui vivent à La Mecque et dans le territoire  sacré, mais ceux qui venant de l’extérieur, ont réalisé d’abord un petit pèlerinage, puis se sont désacralisés en jouissant d’une vie normale, puis se sont mis à nouveau en état de sacralisation sans quitter le territoire sacré : ils doivent accomplir un sacrifice, et s’ils ne le trouvent pas ou n’en ont pas les moyens, ils doivent jeûner trois jours à La Mecque, et sept jours de retour chez eux. (Jaza.)

    -         Ce passage suffit à démontrer que le Coran n’est pas la parole d’un humain : sa structure synthétise un ensemble de règles selon une logique qui commence par exprimer l’obligation de l’accomplissement de l’acte cultuel, puis les réparations possibles lorsque cet accomplissement rencontre des obstacles ou des facilités offertes aux pèlerins, tout en distinguant le statut de ceux qui résident dans le territoire sacré et de ceux qui viennent de l’extérieur. Tout cela exprimé dans un seul verset, avec un rythme, une cadence et un style d’une incomparable éloquence !

     

     

    [1] Extrait du commentaire de la sourate Al-Baqara (La Vache), par Hani Ramadan. A paraître in shâ Allah.

    [2] Raison pour laquelle le même verset évoquera plus loin ce que doit le pèlerin qui dépasse le mîqât sans s’être sacralisé. Notons que la notion d’accomplissement, selon l’interprétation de Mak’hûl, concerne le début de l’acte aussi bien que son terme.

    [3] Cette interprétation conforte l’opinion de ceux qui pensent que le grand pèlerinage en mode ifrâd (voir plus loin dans le commentaire de ce même verset) est plus méritant si on fait un petit pèlerinage à une autre période de la même année.

    [4] Le sâ‘ est une mesure qui correspond environ à 2 kg 400 grammes. Il est question de donner à six pauvres 1 kg 200 grammes (chacun) d’une nourriture de base, comme le blé ou le riz.

    [5] En d’autres termes, qu’il ne sorte pas de l’état de sacralisation. Il devait donc accomplir le pèlerinage sous le mode qîrân.

    [6] Il aura accompli ainsi la ‘umra, le petit pèlerinage.

    [7] On remarquera la précision des termes utilisés par le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) : l’usage du mot « ensuite (thumma) » est particulièrement indiqué pour signifier que le pèlerin va se désacraliser, pour entamer par la suite le grand pèlerinage. Le Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix) décrit ici le hajj sous le mode tamattu‘.

    [8] Ce qui contredit l’opinion d’Ibn ‘Atâ’ citée plus haut.

    [9] Cette tournure est appelée iltifât (détournement : changement brusque de personne, voisin de l’énallage, mais sans défaut de syntaxe).

    [10] En hébreu  יעקב, Ya`aqov, « il talonnera » ; en arabe يعقوب.

     

  • Sermons du vendredi

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    Moments où les invocations sont exaucées

     En français : http://www.cige.org/Sermons/MomentsInvocationsExaucees_f.mp3

     En arabe :  http://www.cige.org/Sermons/MomentsInvocationsExaucees_a.mp3

     Sincérité et mise en garde contre l'ostentation

     En français : http://www.cige.org/Sermons/SinceriteMiseEnGardeOstentation_f.mp3

     En arabe : http://www.cige.org/Sermons/MomentsInvocationsExaucees_a.mp3

    bismi Llah.png

    AU NOM D'ALLAH

    AU NOM DE DIEU

     

     

     

     

  • SERMONS DU VENDREDI (5 à 9 minutes)

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    La miséricorde de Dieu  

    En français : http://www.cige.org/Sermons/LaMisericordeDeDieu_f.mp3

    En arabe : http://www.cige.org/Sermons/LaMisericordeDeDieu_a.mp3

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    Au Nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

     

    La fraternité en Dieu

    En français : http://www.cige.org/Sermons/LaFraterniteEnDieu_f.mp3

    En arabe : http://www.cige.org/Sermons/LaFraterniteEnDieu_a.mp3

    La mort du Dr Mohamed Morsi : un message pour tous

    En français : http://www.cige.org/Sermons/MortMohamedMorsi_f.mp3

    En arabe : http://www.cige.org/Sermons/MortMohamedMorsi_a.mp3

    L'intention : clé maîtresse de nos œuvres, par Ibn Bâz

    En français : http://www.cige.org/Sermons/LintentionCleMaitresseDeNosOeuvres_f.mp3

    En arabe : http://www.cige.org/Sermons/LintentionCleMaitresseDeNosOeuvres_a.mp3

  • De la géographie par le massacre

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    Nous connaissons tous, du moins ceux qui parmi nous suivent l’actualité depuis quelques décennies, les villes de Srebrenica, Sarajevo, Mostar ; de Prekaz, Mitrovica, Pristina ; d’Alep, Dera, Idlib, Homs, et de Grozny…

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    Guerre 39-45? Non. Grozny, mars 1995

     

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  • La mort du Dr Mohamed Morsi : un message pour tous (audio, 6')

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    Suite au décès du Dr Mohamed MORSI, président légitime d'Egypte, ce sermon a été donné le  21 juin 2019, au Centre Islamique de Genève, suivi de la prière du  vendredi, puis de la prière funéraire.

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    Ils ont empêché que l'on prie publiquement pour lui en Egypte, cachant son corps

    Dans le monde entier, de l'Indonésie au Maroc en passant par la Turquie, par millions, les musulmans ont prié pour lui

     

    Audio 

    -en français :http://www.cige.org/Sermons/MortMohamedMorsi_f.mp3

    -en arabe : http://www.cige.org/Sermons/MortMohamedMorsi_a.mp3

    Ecrit :

    Louange à Dieu qui a dit : « Ô Mes serviteurs ! Je me suis interdit l’injustice, et Je l’ai interdite entre vous. Ne soyez donc pas injustes les uns vis-à-vis des autres. » Et que les bénédictions de Dieu ainsi que Sa paix couvre notre Prophète qui a dit : « L’injustice sera ténèbres au Jour de la résurrection. »

    Mes chers frères et sœurs en Islam,

    La mort du président légitime égyptien, le Dr Mohamed Morsi, est un message adressé à tous, sans exception. Ce message comprend des enseignements :

    Premièrement, la mort nous attend tous afin que nous quittions l’étroitesse de ce bas monde, pour l’immensité de l’au-delà ; pour nous transporter du tribunal terrestre au tribunal céleste, de l’injustice des hommes à l’équité du Créateur des hommes. Dieu – Exalté soit-Il – dit dans le Coran : «Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au Jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du Feu et introduit au Paradis, a certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse.» (Coran, 3, 185)

    L’homme heureux, ce Jour-là, sera celui qui aura vécu pour Dieu, qui aura adoré Dieu avec sincérité, agi en faisant le bien, et lutté pour que la parole de Dieu domine tout autre parole. L’homme heureux sera celui qui aura défendu la cause de sa foi.

    Oui. Notre fin, pour nous tous ici-bas, est la même : c’est la mort. Et la mort n’est qu’une porte qui donne sur l’après-vie et le Jour de la résurrection. C’est pour ce Jour que doivent s’engager ceux qui sont dotés d’intelligence et de piété.

    Deuxièmement, cet homme, le Dr Mohamed Morsi, a été tué injustement.

    -Il a subi une injustice flagrante, dont ce sont rendus coupables les militaires, responsables d’un coup d’Etat conduisant à sa mise à l’écart ; et aussi, la mise à l’écart de la volonté populaire. Il a subi, pendant six années, des mauvais traitements, administrés volontairement, qui ont entraîné sa mort, et qui ont été suivi d’un enterrement accompli rapidement et loin des regards, afin que les causes de son décès ne soient pas connues. Est-ce ainsi qu’il est permis de traiter le premier président élu légitimement en Egypte ? Nous demandons à Dieu qu’Il l’accepte parmi les martyrs et les hommes de bien.

    -Autre injustice subie, venant cette fois de la communauté internationale, laquelle a soutenu le régime militaire, et a trahi le gouvernement légitime. Où donc est passée la démocratie ? Où donc sont passés les droits de l’homme ? Où donc est passée la défense de la liberté des peuples ? Tout cela n’a guère de sens et n’existe pas quand il est question des peuples musulmans. Et c’est la même histoire qui se répète, ici et là. En Syrie, en Palestine, au Soudan à présent et en Lybie ! Oui ! Une histoire identique : des forces intrusives et nocives se sont unies – qu’elles émanent de dirigeants arabes, ou des sionistes, ou des Etats occidentaux – unies pour empêcher les peuples musulmans d’arriver au pouvoir, afin de préserver leurs trônes et leurs intérêts ; et afin de défendre le projet sioniste qui n’a pas de frontières.

    -Le Dr Mohamed Morsi est également victime, injustement, de la presse et des médias, qui ont trahi l’homme au mépris de la déontologie la plus élémentaire : la presse et les médias avaient l’obligation – et cela reste encore d’actualité – de condamner les militaires et de défendre le choix des urnes. Comment peut-il être concevable que des élus soient incarcérés, torturés et tués dans les geôles des putschistes, puis de voir la communauté internationale recevoir le criminel et traître al-Sissi pour réaliser des contrats de ventes et d’achats, notamment d’armes ? Tout cela, sans que nous entendions des voix émanant de la presse et des médias pour protester avec véhémence et sans relâche contre une telle barbarie ?

    Troisièmement, la mort de cet homme honnête et sincère, qui a sacrifié sa vie pour défendre le droit et la vérité, sa mort est pour nous tous un appel. Un appel à revenir à notre foi, à nos principes, à notre éthique. A nous tenir fermement au Livre de Dieu et à la voie de Son Prophète (Dieu le couvre de bénédictions et de paix). A porter le message de l’Islam, même si cela doit se traduire par des persécutions allant jusqu’au meurtre.

    Finalement, les portes du ciel se sont ouvertes pour cet homme intègre. A présent, il est libre et débarrassé des injustices humaines. Bien plus, il a obtenu une pleine victoire, parce que le critère qui permet de mesurer ce qu’est une victoire authentique, ne relève pas de la seule perspective terrestre et matérialiste, mais bien plus de la vérité qui apparaîtra auprès de Dieu – Glorifié et Exalté soit-Il –.

    Innâ li Llâhi wa innâ ilayhi râji‘ûn

    « A Dieu nous appartenons, et à Lui nous revenons. » (Coran)

    Nous demandons à Dieu de faire miséricorde à Mohamed Morsi, et de l’accueillir dans son Paradis. Allâhumma âmîn !

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    Prière funéraire à Al-Aqsâ

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    Prière funéraire en Turquie

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  • Mohamed MORSI, aux portes de l’éternité

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    Enfin libre.

    Libre et débarrassé des fourberies humaines.

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    La fourberie des putschistes, qui ont non seulement trahi l’homme intègre porté au pouvoir malgré lui, mais qui ont mis fin au processus donnant au peuple égyptien la possibilité de s’exprimer par les urnes. Premier président  élu en Egypte de façon légitime, le Dr Mohamed MORSI s’en est allé, emportant ailleurs sa victoire, et définitivement.

    La fourberie de la communauté internationale, inféodée aux lobbies sionistes,  dont le but a été d’écarter ce Frère musulman, trop intègre et trop proche du peuple palestinien. Les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et bien d’autres pays se sont empressés de reconnaître le gouvernement d’al-Sissi, pourtant coupable de crimes contre son peuple, contre des manifestants luttant à mains nues pour réclamer le retour du président. En vain. Les juteux contrats d’armements passent avant la légitimité, avant les droits humains, avant toute décence.  

    La fourberie de la presse et des médias, qui n’hésitent pas à parsemer ici et là, aujourd’hui encore à l’annonce du décès de Mohamed MORSI, des chefs d’accusation fabriqués par les militaires pour condamner l’homme élu. Mensonges éhontés pour justifier les emprisonnements arbitraires, et réprimer les innocents qui refusent le coup d’Etat. Mensonges distillés à petites doses pour faire oublier la honte, notamment celle d’avoir abandonné, depuis six années, un peuple à ses tortionnaires armés.

    Alors oui. Le président légitime de tous les Egyptiens, le Frère musulman Mohamed MORSI s’en est allé, laissant un témoignage qui confondra à jamais toutes les hypocrisies. Croyant convaincu et fidèle à lui-même, il a refusé toutes les offres qui lui étaient faites de reconnaître le nouveau pouvoir. Sa mort est d’ailleurs la conséquence de mauvais traitements subis, le mot d’ordre étant d’éliminer les opposants récalcitrants à la dictature militaire.

    Oui. Selon toutes les échelles de valeurs où l’on mesure la grandeur humaine, la persévérance, le courage, la vérité, l’honnêteté, le sacrifice, la volonté d’aimer et d’aider les gens, l’engagement pour tous au prix de soi-même, Mohamed MORSI a définitivement gagné.

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    Dieu le couvre de Sa miséricorde

    "A Dieu nous appartenons, et à Lui nous revenons." (Coran)

     

    Tribune de Genève,

    Lettre du jour, jeudi 20 juin 2019

    Hani Ramadan

  • Rassemblement pour le président MOHAMED MORSI

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    Rassemblement
    pacifique de protestation après le décès du président légitime d'Egypte le
    Dr Mohamed Morsi, élu démocratiquement.

    Vendredi 21 Juin 2019
    Du 18:00 au 20:00
    La Place des Nations-Unies Genève

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  • Vous avez encore dit « complotiste » ?

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    Il y a une année, Le journal du dimanche m’accusait de « complotisme »,  en faisant référence à des propos tenus en 2016.

    C’était  le 19 juin 2018 :

    Des propos complotistes

    Hani Ramadan est également un spécialiste des discours complotistes. En 2016, il a déclaré, selon Nice Matin, que « Daesh est en fait une imposture qui sert les intérêts de l’alliance américano-sioniste pour justifier des ingérences dans la région. [...] Si les Américains voulaient vraiment détruire Daesh, ils l’auraient fait en quelques jours. »

    Or, ce  25 mai 2019, la très sérieuse Télévision suisse romande avançait l’article suivant :

    "Le groupe Etat islamique est une émanation de la CIA"

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    Georges Corm

    https://www.rts.ch/info/monde/10438336-le-groupe-etat-islamique-est-une-emanation-de-la-cia.html?fbclid=IwAR2r18mcP_F6lMrn-iczc28IKCG3HviTy7o-pKxHs-mVlgUYTv_YhCkFMi4

    Extrait : « Invasion américaine de l'Irak, ingérences étrangères en Syrie ou au Yémen, l'Occident participe largement du chaos au Moyen-Orient, estime Georges Corm, invité de Géopolitis. "On n'a jamais vu les puissances occidentales envahir avec autant de facilité des pays souverains, sous de faux prétextes parfois, et sans qu'il y ait une demande d'un Parlement démocratique, ni un vote du Conseil de sécurité, ce qui est assez ahurissant", déplore-t-il.

    L'historien pointe même la responsabilité occidentale dans la naissance des cellules islamistes: "Les Américains sont très bavards", dit-il. "Madame Clinton nous a raconté comment ils avaient fabriqué tous ces mouvements islamistes déments et fous, qui ont semé la terreur dans toute la Syrie et en Irak." Et d'ajouter: "L'Etat islamique n'existe pas. C'est une émanation de la CIA et d'autres officines. " »

  • Cycles d'études islamiques et cours sur l'Islam

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    Je vous annonce pour ce mois de juin 2019 la reprise des
    Cycles d'études islamiques et cours sur l'Islam
    (Coran, hadith, fiqh, sagesse)
    - en français, les mardis à 20h. Les 11 juin (demain in sha Allah !), 18 et 25 juin 2019
    - en arabe, les mercredis soir entre le maghrib et le ‘ishâ’. Les 12, 19 et 26 juin 2019
    Entrée libre. Bienvenue à tous !

    Lieu : 104 rue des Eaux-Vives

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  • Sagesse d’Ibn ‘Atâ’i -Llâh épisode 15 (fin)

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    Une action qui émane d’un cœur détaché ne peut être peu de chose. Une action qui émane d’un cœur avide ne peut être grand-chose.

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    L'amour de Dieu

    https://youtu.be/t0GgLg9WfQ0

    https://www.facebook.com/1552411184877680/videos/2347561765457289/UzpfSTQ4MTMxOTE2NTI4NzgyMzoyMzAyMTEwOTM2NTQxOTYx/

  • URGENT

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    À propos de condamnations à mort en Arabie saoudite

    https://www.24heures.ch/signatures/reflexions/a-propos-de-condamnations-a-mort-en-arabie-saoudite/story/23878608

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  • Avec nos frères persécutés (sermon, ramadan 2019)

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    À quoi il convient d'ajouter la Syrie,   l'Egypte, la Palestine, Gaza,

    le Sri Lanka aux dernières nouvelles, etc.

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  • SAGESSES PENDANT LE RAMADAN (vidéos : 3 à 6 minutes)

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    Bonjour, Salam,

    Durant ce mois de ramadan 2019, un jour sur deux, nous vous présentons une sagesse d’Ibn ‘Atâ’i -Llâh, traduite et commentée.

    https://youtu.be/Gn0dnBV8eCw

    https://m.facebook.com/watch/?v=416878775809688&_rdr

    TOUTES LES SAGESSES AU FIL DES JOURS SUR : 

    https://www.youtube.com/channel/UCB3lIaoJwvlauzPOJqAaCLg

    Bon ramadan à tous !

    Wa -l-hamdu li -Llâh - Louange à Dieu !

  • TOUS FRÈRES ? - Sermon

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    Les sens de la fraternité en Islam

    Audio (7’) :

    En français : http://www.cige.org/Sermons/SensDeLaFraterniteEnIslam_f.mp3

    En arabe : http://www.cige.org/Sermons/SensDeLaFraterniteEnIslam_a.mp3

     

     Louange à Dieu, Maître des univers.

    Nous témoignons qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muhammad (Dieu lui accorde bénédiction et paix) est le Messager de Dieu.

    L’Islam est la religion de la fraternité, de l’amour et de la tendresse entre les hommes. Ce mot fraternité a en Islam des significations qui ne sont pas toutes d’égale valeur :

    Il y a d’abord le lien le plus fort qui puisse exister entre deux frères : c’est celui qui repose sur la foi. Dieu dit ainsi dans le Coran : « Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Dieu, peut-être vous serait-il fait miséricorde.» (Coran, 49, 10)

     La particule innamâ en arabe indique une forme de restriction, comme dans le hadith bien connu ou notre Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) déclare : « Les actes ne valent que par les intentions (innama -l-a‘mâlu bi -n-niyyât) », c’est-à-dire : aucune action ne peut être valorisée sans la volonté d’agir sincèrement pour Dieu. Lorsque Dieu dit dans le Coran : « Les croyants ne sont que des frères (innama -l-mu’minûna ikhwa», Il signifie donc que la foi d’un homme ne peut être complète sans la fraternité. Le confirme la parole du Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, vous n’entrerez pas au Paradis jusqu’à ce que vous croyiez, et vous ne croirez pas jusqu’à ce que vous vous entraimiez. Vous indiquerais-je une chose qui, si vous l’accomplissez, entraînera votre amour mutuel ?

    – Répandez entre vous le salut (as-salâm : la paix). » (Muslim)

    Il y a ensuite un autre niveau de fraternité : ainsi peut être qualifié, selon le Coran lui-même, le lien qui t’unit au peuple au milieu duquel tu vis, les gens de ton pays ou de ta patrie. Et cela, même s’ils ne partagent pas ta foi et s’ils ne croient pas en un Dieu Unique ou au Jour dernier. À titre d’exemple, le Coran dit: « Et aux ‘Âd, (Nous avons envoyé) leur frère Hûd. » (Coran,7, 65 et 11,50) Or, Hûd était un Prophète monothéiste, et les ‘Âd ont rejeté son message. Pourtant, l’expression coranique relève qu’il était leur frère, faisant partie de leur tribu !

    Il y a encore un autre sens à la fraternité, sens qui nous renvoie d’un côté à une notion de proximité, et de l’autre à une signification beaucoup plus vaste qui englobe l’ensemble de l’humanité. Il s’agit de la relation fraternelle de parenté. Elle s’applique à notre frère de sang qui nous est très proche, mais elle s’étend également au reste de l’humanité, car nous sommes tous issus d’Adam, et Adam a été créé de terre. Dieu dit ainsi dans le Coran : « Ô gens, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons désignés en peuples et tribus afin que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux des vôtres. Dieu sait et connaît parfaitement toute chose. » (Coran, 49, 13)

     C’est ainsi que l’Islam nous a recommandé de tisser les meilleurs liens de fraternité avec l’ensemble des hommes, tant qu’ils se comportent en hommes, et tant qu’ils ne nous agressent pas ou ne nous livrent pas de guerres.

     Pour ce qui est de la fraternité qui repose sur la foi, elle-même comporte des degrés :

    -Le premier degré est d’avoir un cœur sain, qui n’est habité par aucun mauvais sentiment vis-à-vis de notre frère, comme la haine, la rancœur, la jalousie et le fait de penser du mal de lui.

    -Le second degré est d’aimer pour son frère ce que l’on aime pour soi-même, comme l’a dit notre Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) : « Aucun de vous n’est parfaitement croyant, jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. » (Al-Bukhârî, Muslim)

    -Le troisième degré revient à préférer son frère à soi-même. Si tu possèdes par exemple une chose dont tu as besoin et dont il a besoin, tu fais passer ton frère avant toi-même, et tu la lui donnes au nom de cette fraternité. C’est un degré que le Coran a distingué en décrivant notamment les Ansâr, les Médinois qui avaient reçu chez eux les émigrés (les muhâjirûn) qui venaient de La Mecque, en disant qu’ils « leur donnent la préférence sur eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. » (Coran, 59, 9)

              Mes chers frères et sœurs en Islam,

    Prenons le temps de méditer la grandeur de ces enseignements, et interrogeons-nous : avons-nous réalisé quelque chose de ce que cela représente ? Nous connaissons tous ce hadith : « Aucun de vous n’est parfaitement croyant, jusqu’à ce qu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. » Mais qui donc met vraiment ces enseignements en pratique aujourd’hui, et où sont les cœurs qui sont assez grands pour recevoir et appliquer une conception aussi noble des relations humaines?

    Le Prophète Muhammad (Dieu lui accorde bénédiction et paix) a dit : « Gardez-vous de conjecturer ! La conjecture est le plus mensonger des discours ! Ne tentez pas de déceler (les défauts des autres), ne vous espionnez pas, ne rivalisez pas entre vous, ne vous enviez pas les uns les autres, ne nourrissez pas de haine entre vous et ne vous tournez pas le dos. Soyez des serviteurs de Dieu et des frères comme Dieu vous l’a ordonné. Le musulman est le frère du musulman, il ne l’opprime pas, il ne l’abandonne pas et ne le méprise pas. La piété (en désignant sa poitrine) est ici, la piété est ici. Le fait même qu’un musulman méprise son frère est déjà un mal considérable. Tout musulman est pour le musulman sacré : sa vie, son honneur et son bien. Dieu certes ne regarde ni vos corps, ni vos apparences, mais Il regarde vos cœurs et vos actions. » (Muslim)

    Nous demandons à Dieu de purifier et de guider nos cœurs, et de renforcer nos liens de fraternité. Allâhumma âmîn !

  • COMMUNIQUE DE PRESSE : ATTENTATS AU SRI LANKA

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    • Nous condamnons avec la plus grande véhémence les actes commis au Sri Lanka, survenus dans quatre hôtels et trois églises, en pleine messe de Pâques ce 21 avril 2019.

      Le bilan est terrible, et il s'est encore alourdi à 253 morts et environ 500 blessés.

      Nous attirons l’attention de toutes et de tous sur les points suivants :

      • Le terrorisme, dit-on à juste titre, n’a pas de religion. Ni les musulmans au Sri Lanka, ni les chrétiens en Nouvelle-Zélande ne peuvent être tenus responsables de telles tueries, quand bien même elles seraient revendiquées au nom de leur religion.
      • Même si le gouvernement sri-lankais a incriminé lundi un mouvement  local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ), il importe d'observer la plus grande prudence et d’exiger que les jugements ne soient donnés qu’après une véritable enquête, ce qui est le propre de tout État de droit.
      • Nous rejetons par ailleurs l’attitude des partis et des groupuscules extrémistes qui se servent de ces événements pour alimenter et justifier leur xénophobie et leur islamophobie.

      Nous devons toutes et tous rester unis face à cette violence aveugle qui n’a d’autre objectif que de semer la haine et le chaos. Nous devons rappeler que la vie de tout être humain est sacrée, et exiger que nos églises, nos synagogues et nos mosquées  soient intouchables.

      Toute notre affection va aux familles des victimes ainsi qu’aux blessés.

       

      Centre islamique de Genève

      Hani Ramadan

       

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      À qui profitent des crimes aussi odieux?
  • 7 AVRIL 2017 – 2019

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    DEUX ANNEES D’INTERDICTION DE PAROLE EN FRANCE

    NON A LA CENSURE !

    Zemmour, Finkielkraut, Renaud Camus inspirent des terroristes et restent accueillis chaleureusement sur les plateaux de télévision, alors qu’une parole franche sur l’Islam est aujourd’hui confisquée en France.  Deux poids deux mesures à l’aune d’un racisme islamophobe impunément ouvert dont les relents menacent l’ordre social.

    Ce 7 avril 2019, cela fait deux années que je suis interdit de séjour en France.

    J’ai amplement répondu aux fausses allégations qui ont été avancées pour justifier cette confiscation de la liberté d’expression.

    Alors que des Zemmour, des Finkielkraut et d’autres islamophobes caractériels ont toute liberté pour diffuser leur haine de l’Islam et propager des idées nauséabondes, qui ont inspiré, je le rappelle, des terroristes : Anders Behring Breivik, le Norvégien responsable des attentats entraînant la mort 77 personnes en 2011, cite le philosophe Alain Finkielkraut ; et  Brenton Tarrant, auteur de l’attentat islamophobe de Christchurch, qui a fait 50 morts et des dizaines de blessés, a puisé directement dans les idées de Renaud Camus, que Zemmour et Finkielkraut soutiennent et répandent largement…

    …on me reproche de soutenir la résistance palestinienne contre le terrorisme d’Etat exercé par Netanyahou sans aucune retenue.

    Dominée par les lobbies sionistes – le CRIF notamment – la France est en train de perdre son âme républicaine.

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    Les autorités de ce pays, comme le pouvoir judiciaire, la presse et les médias, doivent comprendre que les Français sont excédés par la surreprésentation de ces élites malsaines qui ont droit à tous les plateaux télévisés, à toute les pages de la presse, non seulement pour menacer d’antisémitisme qui dénonce clairement les exactions sionistes, mais encore pour propager le rejet violent de l’Islam.

    Elles doivent comprendre que le sionisme se nourrit aussi de la haine du juif, alors que la République nous invite aujourd’hui à nous unir pour lutter contre ces trois fléaux : l’antisémitisme, l’islamophobie et le terrorisme qui tue aveuglément des innocents.

    Conférences données depuis Genève pour répondre au Ministère de l’intérieur français :

    Sur l’antisémitisme :

    https://www.youtube.com/watch?v=S2OCZ2D_rVE

    Sur les Frères musulmans :

    https://www.youtube.com/watch?v=nB69OuzRpmI

    Sur la femme en Islam :

    https://www.youtube.com/watch?v=tXFlFOwogkg

    Sur la laïcité :

    https://www.youtube.com/watch?v=kVxrB4jrry4

    Sur le soufisme :

    https://www.youtube.com/watch?v=tTmMaUuybEE

    Voir aussi : https://www.youtube.com/watch?v=M4M8giZetCM