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23/01/2008

GAZA QU'ON ASSASSINE

 

Décidément, les déclarations du gouvernement israélien révèlent une arrogance idiote et une stupidité sans fond. Ehud Olmert affirme que “ la bande de Gaza est gouvernée par un régime assassin ”, et il veut faire comprendre à la population palestinienne qu’elle sera soumise à des pressions inhumaines tant que le Hamas restera au pouvoir. Voici donc que le seul pays qui applique prétendument la démocratie au Proche-Orient cherche à contraindre tout un peuple à renoncer à la démocratie !

Qui sont les assassins ?

L’armée israélienne empêche l’aide de la Croix-Rouge et l’acheminement des médicaments qui manquent dans les hôpitaux. Depuis le 15 janvier 2008, plus de 37 Palestiniens ont été tués, dont de nombreux civils.

Et lorsque Itzak Levanon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies à Genève, contre tout bon sens et contre l’opinion des tous les observateurs indépendants dans la région, prétend que la situation est loin d’être dramatique à Gaza, il fait preuve d’une parfaite mauvaise foi ! (Voir l’interview de ce jour, Tribune de Genève, 25 janvier 2008 : Crise humanitaire à Gaza : Israël dénonce une “ mise en scène.”)

En vérité, si la justice internationale était appliquée sans les privilèges octroyés au peuple élu, il faudrait conduire Messieurs Ehud Olmert et son ministre assassin, Ehud Barak, au Tribunal de la Haye, afin qu’ils répondent de leurs crimes odieux. Assassins, oui !… à moins que l’on considère que les Palestiniens ne sont que du bétail !

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06/01/2008

L'ambassadeur d'Israël n'a pas de leçons à donner à la Suisse

 

Par rapport aux problèmes du Proche-Orient, dont la complexité semble parfois décourageante, il est étonnant de voir Ilan Elgar critiquer les actions de notre gouvernement (voir Tribune de Genève du 10 décembre 2007, ATS).  Il semble que cet ambassadeur n’ait qu’un seul critère pour juger la nature des relations diplomatiques qui devraient s’imposer à notre pays : écarter tous ceux qui sont en litige avec l’Etat hébreu, et qui dénoncent sans relâche les multiples violations des droits humains perpétrées en Palestine. La Suisse ainsi ne devrait rien avoir à dire sur le dossier du nucléaire iranien. Elle devrait ignorer le Hamas palestinien, pourtant élu, et sans lequel rien ne pourra être conclu, pour autant que l’on fasse preuve d’un minimum de lucidité politique. Elle est sommée aussi de mépriser le Hezbollah libanais, parti pourtant incontournable, reconnu par la majorité des responsables chrétiens et musulmans au Pays du Cèdre. Mais tous les observateurs crédibles et les chercheurs ont conscience qu’aucun problème ne sera résolu si l’on n’engage pas toutes les parties dans la construction de la paix, aussi bien le Hamas que le Hezbollah (voir : La Suisse augmente son aide aux Palestiniens, de Gustavo Kuhn, La Tribune de Genève, 18 décembre 2007). Nous venons d’apprendre, ce vendredi 4 janvier, que la Suisse joue depuis 2006 le rôle d’intermédiaire entre le Hamas et Israël !
Il faut ici saluer la déclaration de notre ex-présidente, Madame Micheline Calmy-Rey, qui rappelle que la tradition helvétique qui est la nôtre est de ne reconnaître à aucune nation aucun privilège, de quelque nature que ce soit. La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères a bien fait de souligner qu’en tant qu’Etat dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse se doit de défendre les principes du droit international humanitaire. « Nous élevons la voix lorsque ce droit est violé, a-t-elle dit à juste raison, même lorsque cela conduit à critiquer nos amis. »
Il faut aussi rendre hommage à cette volonté très ferme de ne pas s’aligner sur la politique étasunienne manipulée par les lobbies sionistes.
Reste à savoir si élever la voix demeure encore un acte approprié, une réponse suffisante, lorsque l’on voit le traitement dégradant réservé à des populations aujourd’hui affamées, étouffées par le mur de la honte, humiliées et livrées à une armée dont on connaît les crimes. A l’heure où ces lignes sont écrites, Gaza est bombardée et des civils meurent…

 

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03/01/2008

Esprit de Genève, un Pasteur dans la Mosquée du Centre Islamique

 

Il faut écouter le pasteur Henry Babel lorsqu’il nous annonce que Genève est destinée à devenir une «cité modèle, un lieu très important de la mondialisation» (voir : «Pour une Genève laboratoire de pensées», interview de Henry Babel, La Tribune de Genève, 12 décembre 2007).


Doyen de la cathédrale Saint-Pierre, homme du dialogue interreligieux, auteur d’ouvrages qui témoignent d’une vaste culture, Henry Babel a été l’un des pionniers du débat moderne de civilisations. Dans les années soixante, il avait rencontré les responsables des diverses communautés religieuses, et il avait invité dans notre cité, devant une salle archicomble, quelques personnalités, dont le grand Rabbin Alexandre Safran, à qui la communauté juive vient de rendre un vibrant hommage ; et dont le Docteur Saïd Ramadan, mon père, qui avait fondé le Centre Islamique de Genève. Les débats étaient ouverts et animés, notamment sur le thème du particularisme national juif, en rapport avec l’universalisme de la foi commune à tous les hommes.


Il y a quelques années, Henry Babel avait répondu à l’ invitation que nous lui faisions de venir «confronter» son point de vue au nôtre – celui des musulmans – sur une question fondamentale : «Quel Dieu adorons-nous?»


* Première surprise, le pasteur Henry Babel commença son intervention en citant un extrait des statuts du Centre Islamique, qui datent de 1961 : «Le Centre Islamique de Genève a la conviction qu'il est temps que tous ceux qui croient en Dieu et à la responsabilité de l'homme envers Lui se rapprochent les uns des autres et réalisent un front unique pour aborder une tâche qui s'impose à tous, mus par la sincère conviction que chacun d'eux sauvegarde ainsi l'existence même de sa religion. Lorsqu'ils sont animés par cette conviction, les croyants adhérant à des religions différentes assument un devoir d'ordre religieux qui les incite à essayer de se comprendre les uns les autres au lieu de se livrer à des polémiques, et à collaborer sur ce qui leur est commun, au lieu de s'attarder sur ce qui les sépare.»
En d’autres termes, M. Henry Babel rappelait à tous qu’il n’était pas venu pour polémiquer, mais pour rencontrer l’autre, et en l’autre, ce qu’il y a de plus humain en lui.


*Deuxième surprise: vint le moment de la prière. Les musulmans se déplacèrent donc vers la mosquée, et nous annonçâmes une pause d’un quart d’heure avant la reprise du débat. Henry Babel nous suivit jusque dans la mosquée. Et là, sans demander une autorisation quelconque, et sans aucune réserve, il se déchaussa, entra et s’assit sur le tapis, au milieu de ses frères croyants.


Personne, parmi notre petite communauté, ne pensa qu’il était ici de trop. Personne ne songea à lui demander de regagner la salle de conférence.


Pour ma part, je ne me suis rendu compte de sa présence qu’au terme de notre prière. Il était là, modestement assis, au milieu de ses frères. S’était-il prosterné avec nous? Avait-il posé son front à terre? Avait-il répété le témoignage de foi : lâ ilâha illa -Llâh : Il n’y a de dieu que Dieu? Je ne saurais vous le dire, et je n’ai même pas pensé à le lui demander.

 

Il était là chez lui, à Genève, et ce geste appréciable d’amitié entre les hommes valait à mes yeux plus que mille discours!

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