1959

23/06/2008

ISRAEL : CRIME DE GUERRE

Affamer des populations civiles est considéré par le droit international comme un crime de guerre. Or, c'est précisément ce que fait Israël dans l'impunité la plus totale. Honte à tous ceux qui prétendent défendre les droits humains et qui ne font rien!

Bruxelles ; 21 juin 2008 Trois agences des Nations-Unies ont souligné le fait que les mesures administratives et militaires israéliennes, l’augmentation des prix des produits alimentaires, ainsi que la chute des revenus et le chômage croissant obligent les Palestiniens, et notamment dans la bande assiégée de Gaza, de se nourrir de produits alimentaires de faible qualité et quantité. Selon le document publié par l’UNRWA, la FAO et le programme alimentaire mondial, la capacité d’achat des Palestiniens a diminué à son niveau le plus bas, cette année, qui a été celle du siège contre tous les aspects de la vie. Le rapport a mis en garde, disant que le secteur agricole est sur le point de s’effondrer, « à cause des entraves à l’importation, de la pénurie des engrais et autres produits nécessaires. » La porte-parole des Nations-Unies, Michele Montas déclare : « 70% des salaires quotidiens des ouvriers sont dépensés en nourriture », au moment où le taux de pauvreté parmi les Palestiniens a atteint 80%. Elle a souligné que « l’augmentation des prix qui s’ajoute à la restriction de l’économie locale et les conséquences des mesures militaires israéliennes ont conduit à ce que les Palestiniens dépendent plus des aides, tout comme l’augmentation des prix de la nourriture et des carburants ont accru les coûts supportés par les agences mondiales de secours pou faire parvenir les aides en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. » De son côté, le comité populaire pour affronter le siège indique que les habitants de la bande de Gaza, qui sont un million et demi de personnes, vivent actuellement avec deux dollars par jour. Il rappelle que la moyenne de revenu individuel annuel du citoyen palestinien à Gaza ne dépasse pas les 650 dollars, que plus de 70% de la population de Gaza souffre du chômage, que 80% vivent sous le seuil de pauvreté à cause du siège imposé par les autorités israéliennes. Un million et 100.000 Palestiniens vivent uniquement de l’aide apportée par l’UNRWA , la FAO et autres organisations humanitaires arabes et islamiques. La « campagne européenne pour la levée du siège contre Gaza » avait mis en garde contre les catastrophes répétées dans la bande de Gaza du fait du maintien du siège qui entame sa troisième année, soulignant que la charte principale de la cour pénale internationale désigne par génocide « tout comportement visant à imposer des conditions de vie à un groupe de gens conduisant à la destruction totalement ou partiellement de leur vie », et l’article 8 du traité principal incluse dans les crimes de guerre « le fait d’affamer la population, ou le comportement intentionnel pour empêcher les aides de lui parvenir ». Campagne européenne pour la levée du siège contre Gaza

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19/06/2008

COMMENTAIRE D'UNE SOURATE DU CORAN

Le Figuier (at-tîn)

 

 

Voici le commentaire d’une sourate du Coran, Le Figuier. Je propose à chacun d’en méditer le sens et de s’interroger sur son caractère universel :

 

Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

 

  1. Par le figuier et par l’olivier !
  2. Et par le Mont Sinaï !
  3. Et par cette Cité sûre !
  4. Nous avons certes créé l’homme dans la meilleure forme,
  5. Puis Nous l’avons ramené au niveau le plus bas.
  6. Sauf ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres : ils auront une récompense jamais interrompue.
  7. Après cela, qu’est-ce donc qui te fait traiter la rétribution de mensonge ?
  8. Dieu n’est-Il pas le plus équitable des juges ?

 

Sens des expressions et explications

  1. Par le figuier et par l’olivier ! Deux arbres bénis, ou le fruit de ces arbres, selon Mujâhid. Allusion à la prophétie de Jésus au Mont des Oliviers.
  2. Et par le Mont Sinaï ! Lieu béni où Dieu parla à Moïse.
  3. Et par cette Cité sûre ! La Mecque, territoire sacré où il est interdit de combattre. Allusion à la prophétie de Muhammad, qui y reçut les premières paroles révélées du Coran.
  4. Nous avons certes créé l’homme dans la meilleure forme. Deuxième partie du serment divin, dans le sens : Je jure par le figuier, l’olivier, le Mont Sinaï, et cette Cité sûre que J’ai créé l’homme dans la meilleure forme. Taqwîm : forme, stature. L’homme est doté de la station verticale, et d’une disposition harmonieuse de ses membres. Le terme renvoie, selon Ar-Râghib, aux facultés qui distinguent l’homme de l’ensemble du règne animal : son intelligence, sa compréhension, la station verticale qui indiquent sa vocation de dominer tout ce que comprend l’univers. Le terme a aussi été interprété dans le sens des qualités morales : l’homme est doté des plus hautes vertus.
  5. Puis Nous l’avons ramené au niveau le plus bas. Expression qui peut s’entendre au niveau physique, et qui renvoie à la faiblesse du corps et à la sénilité ; mais également au niveau spirituel, en ce sens que la créature que Dieu a conçue noble peut trahir sa mission et tomber dans la déchéance morale. Une interprétation indique que le plus bas niveau désigne l’Enfer.. Confirmant la première explication que nous avons donnée, le Coran dit ailleurs : “ Celui à qui Nous accordons une longue vie, Nous inversons en lui le processus de la création. Ne comprendront-ils donc pas ? ” (Coran, 36, 68)
  6. Sauf ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres : ils auront une récompense jamais interrompue : le Paradis. Ou bien : malgré la vieillesse, ils continueront à être récompensés. Le Prophète a dit en ce sens dans une tradition authentique : “ Lorsque l’adorateur est en voyage ou est malade, Dieu continue à inscrire en sa faveur l’équivalent des bonnes actions qu’il accomplit normalement lorsqu’il est résident et bien portant. ” Ce principe est aussi valable pour le croyant qui est atteint de sénilité. Après cela, qu’est-ce donc qui te fait traiter la rétribution de mensonge ? En considérant la condition humaine, les obligations morales de l’homme et la fin vers laquelle il tend de façon inéluctable, qu’est-ce donc qui te conduit, toi l’être humain, à considérer que le Jugement dernier est un mensonge ? Selon certains interprètes, Dieu interpelle à la deuxième personne le négateur, et Il ne s’adresse pas ici directement au Prophète.
  7. Dieu n’est-Il pas le plus équitable des juges ? Ce verset introduit un autre argument qui prouve que le Jugement dernier est vérité : Comment en effet imaginer qu’un Dieu juste accepte que l’existence des hommes finisse sans que chacun soit rétribué selon ses œuvres ? Cela signifierait que l’homme de bien et le criminel seraient pareillement conduit à la mort, sans avoir à rendre d’autres comptes. Parce que Dieu est le plus équitable des juges, le Jugement dernier se fera.

Quelques enseignements :

  • Al-Barâ’ Ibn ‘Âzib a dit : “ Le Prophète lisait en voyage dans l’un des deux cycles de prière (la sourate) :“ Par le figuier et par l’olivier ! ” Et je n’ai entendu personne qui eût une voix ou une lecture plus belles ! ” (Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim)
  • L’homme est une créature digne qui ne conserve sa dignité que dans la foi et l’action.
  • La foi permet à l’homme de voir le bénéfice de ses œuvres perdurer au-delà de sa faiblesse due à l’âge.
  • Le Coran désigne le figuier et l’olivier : signe certain que ces aliments sont sains et utiles à l’homme. Il est donc recommandé d’en répandre la culture et d’en consommer.
  • L’Islam est la religion universelle enseignée par l’ensemble des Prophètes. Les trois premiers versets nous renvoient ainsi à différentes phases de l’histoire des Messagers : l’olivier fait référence à Jésus. Le Mont Sinaï renvoie à Moïse. La Cité sûre à Muhammad . Qu’en est-il du figuier ? Muhammad Hamidullah affirme : “ Généralement, on l’applique au pays d’Abraham, mais sans raisons convaincantes. Si l’on y voyait la figue sauvage, ficus religiosa, on reconnaîtrait Gautama Bouddha, et son arbre Boudi. ” En d’autres termes, Bouddha a peut être été un Prophète : c’est en effet sous un figuier sauvage qu’il aurait reçu l’illumination…
  • On trouve dans la Bible un passage qui évoque également des lieux sacrés : “ Le Seigneur est venu du Sinaï, pour eux, il s’est levé à l’horizon du côté de Séïr, il a resplendi depuis le mont de Parân. ” (Deutéronome, 33, 2) A quoi renvoie ce mont Parân évoqué dans la Bible ? Au lieu même où Hâjar aperçut un puits et sauva ainsi son enfant Ismaël, qui allait mourir de soif, c’est-à-dire La Mecque : “ Dieu fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C’était un tireur d’arc ; il habita dans le désert de Parân… ” (Genèse, 21, 20-21)

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18/06/2008

La mère en Islam

Dieu a enjoint à l’homme d’être bon envers ses père et mère. On trouve cette prescription dans plusieurs passages du Coran :

“ Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui. Il a prescrit la bonté à l’égard de vos père et mère. Si l’un d’entre eux ou bien tous les deux ont atteint la vieillesse près de toi, ne leur dis pas : “Fi !” Ne les repousse pas, adresse-leur des paroles généreuses. Incline vers eux, avec bonté, l’aile de la tendresse et dis : “Mon Seigneur ! Sois miséricordieux envers eux, comme ils l’ont été envers moi, lorsqu’ils m’ont élevé quand j’étais un enfant.” ” Coran 17/23-24

On remarque dans d’autres versets que cette recommandation est orientée surtout vers la mère :

“ Nous avons recommandé à l’homme, au sujet de ses père et mère – sa mère l’a porté extrêmement faible et il a été sevré au bout de deux ans – : Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Le retour se fera vers Moi. ” Coran 31/14

“ Nous avons recommandé à l’homme la bonté envers ses père et mère. Sa mère l’a porté et l’a enfanté avec peine. Depuis le moment où elle l’a porté, jusqu’à l’époque de son sevrage, trente mois se sont écoulés. ” Coran 46/15

D’après Abû Hurayra, un homme vint trouver le Prophète  et lui demanda : “ Ô Messager de Dieu, qui mérite le plus (parmi les gens) que je sois pour lui un bon compagnon ? ” Il répondit : “ Ta mère. ” L’homme reprit : “ Puis qui ensuite ? ” Le Prophète répondit : “ Ta mère. ” Il reprit : “ Puis qui ensuite ? ” Le Prophète répondit : “ Ta mère. ” Il reprit encore : “ Puis qui ensuite ? ” Le Prophète répondit : “ Ton père. ” (Al-Bukhârî et Muslim)

Et d’après Al-Mughîra, le Prophète  a dit : “ Dieu vous a interdit la désobéissance aux mères, le refus de payer vos dettes, la trop fréquente sollicitation (le fait de dire toujours : “ donne ! ”) et l’ensevelissement des filles vivantes (pratique païenne condamnée et abolie par l'Islam). ” (Al-Bukhârî)

Quelle civilisation peut aujourd’hui se vanter d’accorder une telle importance à la source de l’amour le plus authentique et le plus vrai, - à nos mères ? …

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13/06/2008

SAGESSE MUSULMANE : NOTRE PAUVRETE ESSENTIELLE

Ibn ‘Atâ’i -Llâh a dit dans l’une de ses sagesses : “ Rien ne peut permettre que ta demande soit exaucée autant que l’état de nécessité (idtirâr), et rien ne conduit diligemment à toi les dons de Dieu, autant que l’humilité et le sentiment de ta pauvreté essentielle. ”

Sagesse dont la signification est immense et universelle. La situation la plus propice pour l’adorateur est celle où il se voit dépourvu de toute force et où il prend conscience de sa faiblesse. Il sait que nul ne peut lui venir en aide, sinon Dieu. Alors, sa demande est bien prête d’être exaucée. Dieu dit en effet dans le Coran qu’Il : “ répond à celui qui est dans le besoin (mudtarr) quand il L’invoque. ” (Coran, 27, 62) L’idtirâr, de la même racine que mudtarr, désigne l’état de l’indigent, du nécessiteux ou encore de l’homme qui vit une situation de détresse.

Une illustration historique de cette vérité peut être évoquée ici : la bataille de Badr. Les croyants se retrouvèrent en effet en petit nombre devant une armée de polythéistes supérieure en effectifs, en montures et en armes. Le Prophète passa sa nuit à invoquer le Créateur. Les monothéistes, secourus par Dieu, finirent par l’emporter. Le Coran affirme en effet : “ Dieu vous a certes donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez donc Dieu, peut-être seriez-vous reconnaissants ! ” (Coran, 3, 123)

Le Prophète dit un jour à son Compagnon Abû Mûsâ : “ T’indiquerais-je un trésor parmi les trésors du Paradis ? ” Ce dernier répondit : “ Si, bien sûr, ô Messager de Dieu !” Le Prophète déclara : “ Il n’est de puissance et de force qu’en Dieu. ” (Tradition rapportée par Al-Bukhârî et Muslim.) Ce qui signifie qu’il est particulièrement recommandé de répéter cette parole : “ hawla wa lâ quwwata illâ bi -Llâh ”, et que les croyants seront pleinement récompensés pour avoir agi de la sorte.

Il est plus recommandé encore d’en vivre le sens de façon intense, en sachant que quel que soit notre état d’indigence ou d’aisance, nous dépendons entièrement de notre Créateur, et nous ne disposons d’aucune ressource sans Son aide continue.

Mais pour en avoir pleinement conscience, il faut être en mesure de voir derrière les choses, le Créateur de toute chose ; au-delà de cette vie, une autre vie ; et par delà le temps bref de notre existence, l’Eternité.

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10/06/2008

Des épouses du Prophète

Lorsque l’on connaît le tempérament ascétique du Prophète, on est en droit d’être convaincu du fait que les mariages qu’il contracta au-delà de la cinquantaine avaient une signification plus essentielle que celle que supposent des esprits malveillants.
Donnons-en quelques exemples :
Après l’expédition militaire contre la tribu polythéiste des Banu-l-Mustaliq, remportée par les croyants, le Prophète épousa et affranchit une captive : Juwayriya bint al-Hârith . Cela eut des conséquences étonnantes, car la plus grande partie de la tribu défaite avait été réduite à la captivité. Les Compagnons du Prophète  eurent le sentiment qu’il ne convenait pas de garder en captivité des proches de la nouvelle épouse de Muhammad, devenue « mère des croyants » . Une centaine de familles furent ainsi libérées. (On rapporte qu’ils étaient en tout plus de 700). Toute la tribu des Banu-l-Mustaliq bénéficia de ce mariage librement consenti, et chacun vit dans l’Islam une religion de paix et de miséricorde. En narrant cet événement, ‘Âïsha a dit : « Je ne connais pas une femme qui ait été une plus grande bénédiction pour son peuple qu’elle (Juwayriya). »
Autre exemple : Zaynab bint Khuzayma était l’épouse de ‘Ubayda ibn al-Hârith, mort en martyr au début de la bataille de Badr. Devenue veuve à 60 ans, le Prophète l’épousa pour lui accorder sa protection et son aide.
Citons encore le cas de Umm Salama. Elle avait servi la cause de l’Islam avec courage. Devenue veuve, et mère de quatre orphelins, le Prophète la demanda en mariage. Elle s’excusa d’abord, en disant : « Je suis âgée, je suis la mère d’orphelins, et je suis jalouse. » À quoi le Prophète répondit : « Pour ce qui est de la jalousie, Dieu le Très-Haut la fera disparaître. Pour ce qui est de l’âge, je suis atteint (par la vieillesse) comme toi. Pour ce qui est des enfants, tes enfants sont mes enfants. » Umm Salama devint ainsi la femme du Prophète.
Ces faits montrent bien quel rôle social peut avoir la polygamie.
Il faut savoir en outre que certaines épouses du Prophète, en tant que mères spirituelles des croyants, étaient des savantes dans divers domaines, notamment en matière de jurisprudence islamique (fiqh). Le Prophète était entouré d’un nombre considérable d’hommes, et chaque Compagnon a pu transmettre, selon ses capacités et son point de vue, une part des connaissances enseignées par le Messager de Dieu. Un seul homme en effet n’aurait pu suffire à assimiler tous les éléments du message. De la même façon, une seule épouse n’aurait certes pu retenir la somme considérable de ces connaissances. Ici encore, la polygamie trouve une justification : après la mort du Prophète, les « mères des croyants » ont continué à dispenser ce savoir, répondant aux questions qui leur étaient posées, orientant la communauté selon les directives mêmes du Prophète. Un verset du Coran indique que leur destin les préparait à cette fonction salutaire pour l’ensemble de la communauté :
« Et souvenez-vous (ô femmes du Prophète) des Versets de Dieu et de la Sagesse qui sont récités dans vos maisons. Dieu est, en vérité, Subtil Bienveillant et Parfaitement Connaisseur. » Coran 33/34
C’est ainsi que ces maisons devinrent des écoles pour les croyants et les croyantes. C’est pourquoi on trouve aujourd’hui, dans les livres des traditions et dans les commentaires du Coran, une quantité non négligeable de hadiths rapportés par ‘Âïsha, « mère des croyants », dont l’autorité est reconnue par les plus grands savants de l’Islam.
Est-il utile de rappeler par ailleurs que les manuscrits du Coran, compilés du temps de Abû Bakr, avaient été confiés à la dame Hafsa de Médine ? Cela alors qu’au Moyen Âge, en Occident, on refusait à la femme d’avoir accès aux livres sacrés, sous prétexte que son âme pervertie par le péché ne pouvait que souiller la Bible…
À tout cela s’ajoute le fait que le mariage était, du temps du Prophète, le meilleur moyen d’établir des liens communautaires avec une tribu, et ainsi, une femme pouvait valoir des centaines d’hommes, sans compter les générations suivantes acquises à la cause de l’Islam.
On fera enfin cette observation : les épouses du Prophète n’étaient pas contraintes d’accepter ce statut. Toutes, sans exception, considéraient comme un honneur de vivre sous la protection de Muhammad, et aucune n’aurait cédé sa place, tant leur amour pour la personne du Prophète était grand. Il arriva ainsi que le Prophète se fâchât contre ses épouses qui réclamaient de lui quelques biens. Il s’en écarta pendant un mois, évitant tout rapport avec elles. Le bruit courut qu’il allait les répudier. Dieu révéla au Prophète  de soumettre ses femmes au dilemme suivant :
« Ô Prophète ! Dis à tes épouses : “Si vous désirez la vie de ce monde et son faste, venez : je vous procurerai quelques avantages, puis je vous donnerai un généreux congé. Si vous recherchez Dieu, Son Messager et la demeure dernière, sachez que Dieu a préparé une Récompense sans limites pour celles d’entre vous qui font le bien.” » Coran 33/28-29
Pour comprendre ce que signifie ce choix, il suffit de mentionner ici un hadith transmis par ‘Âïsha, évoquant les dures conditions de vie des épouses du Prophète  : « ‘Âïsha a dit : “Le Messager de Dieu est mort, alors qu’il n’y avait chez moi rien que puisse manger un être vivant, si ce n’est un peu d’orge sur une étagère à moi.” »
Or, toutes, sans exception, choisirent Dieu, Son Messager, et l’au-delà…

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08/06/2008

De l'islam, de la virginité et d'autres choses...

Voici un discours d'une vingtaine de minutes qui circule sur internet et qui mérite d'être entendu. L'auteur, dont j'ignore l'identité, répond à Caroline Fourest, et à tous ceux dont les propos sont extrêmement réducteurs quand il s'agit de l'islam. Référence: http://www.dailymotion.com/video/x5ogxi_caroline-fourest-...

Bonne écoute à tous, et Cordialement

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05/06/2008

Islam: la conviction plutôt que l'imitation

L’Islam considère que la foi authentique repose sur une certitude et une conviction, et non pas sur l’imitation et la tradition que l’on suit aveuglément. Dieu reproche ainsi aux polythéistes leur manque de discernement qui les conduit à suivre la voie de leurs ancêtres sans aucune remise en question. Le Coran déclare :
« Et lorsqu’on leur dit : « Suivez ce que Dieu a révélé », ils répondent : « Au contraire, nous suivons la voie sur laquelle nous avons trouvé nos pères. » Quoi ? Quand bien même leurs pères ne comprenaient rien et ne se guidaient point ? » (Coran, 2, 170)
Ce qui revient à dire que l’ancienneté d’une tradition quelconque n’est absolument pas un critère de vérité. Ce qui signifie que l’Islam, dans son message initial et premier, appelle à une remise en question de tout héritage religieux ou culturel contraire au bon sens et à la dignité de l’être humain. En Occident, la pensée moderne a posé le principe d’une quête de la vérité s’effectuant librement, débarrassée du poids des coutumes et des lois communément admises. Toutes les philosophies nouvelles ont souligné la nécessité de se tenir au libre exercice de la raison, à laquelle rien ne doit être dicté sans intelligence. Le Coran exprimait déjà au VIIe siècle ce principe. La Révélation elle-même amenait l’homme à faire le meilleur usage de ses facultés intellectuelles, pour combattre trois fléaux : le fanatisme aveugle, les superstitions ancestrales et les mythes infondés, auxquels il s’agissait désormais d’opposer une sagesse sereine et universelle, une approche rationnelle et expérimentale de l’univers, et enfin la religion naturelle.
Tout musulman se doit ainsi de faire preuve d’esprit critique. Et cela est valable aussi bien dans le domaine de la foi que dans celui de la loi et de la jurisprudence islamiques (fiqh). S’il montre le plus grand respect pour les imams et les savants en matière de religion, anciens ou contemporains, il conserve le droit de demander des preuves du bien-fondé des avis juridiques ou de la validité de certaines pratiques religieuses. En tous les cas, l’autorité suprême revient au Coran et à la Sunna, et non pas à telle ou telle école juridique. Chacun est invité ainsi à augmenter ses connaissances et à se rapprocher des sources authentiques de l’Islam. Ce savoir n’est pas réservé à une élite qui aurait le privilège de dominer le reste des hommes. Il n’y a pas de clergé en Islam. Dans le Coran, lorsque Dieu donne un commandement, il fait très souvent précéder son ordre par l’expression : « Ô vous qui avez cru ! », ce qui signifie que la Révélation s’adresse à l’ensemble des croyants qui partagent ainsi la responsabilité de la mise en exécution de l’ordre divin. Il est à remarquer que Dieu ne dit pas : « Ô vous les savants ! », ou « Ô vous les dirigeants ! », mais bien « Ô vous qui avez cru ! ». C’est par ce savoir seul que l’individu est susceptible de se libérer des chaînes de l’imitation et du conformisme (at-taqlîd). Cependant, il est bon de rappeler que le travail des écoles juridiques (al-madhâhib) fut et reste considérable. Il fait partie de notre patrimoine, et constitue une source inépuisable de connaissances utiles. En outre, la plupart des musulmans n’ont pas les moyens de dépasser le stade de l’imitation. Il est donc utile, voire nécessaire pour ceux qui sont dans ce cas de suivre un imam compétent, capable de les initier tant qu’ils ne maîtrisent pas les outils leur permettant de se forger leur propre opinion à partir des textes. C’est ce qu’exprime, de façon remarquable et concise, l’imam Hassan Al-Banna en disant : « Tout musulman qui n’a pas atteint le niveau (de connaissance) lui permettant de considérer les fondements des lois dérivées peut suivre un des imams (reconnus) de la religion. Il est bon, tout en le suivant, qu’il s’efforce autant qu’il le peut de connaître les fondements sur lesquels repose l’avis de son imam, et qu’il accepte toute orientation accompagnée de sa preuve, quand il est convaincu de la loyauté et de la compétence de celui qui l’oriente. Tout comme il est bon qu’il complète ses lacunes au niveau de ses connaissances s’il fait partie des chercheurs, jusqu’à ce qu’il atteigne le niveau lui permettant de considérer (directement et sans l’intermédiaire de l’imam) les fondements en question. »
En résumé, l’Islam préconise le savoir éclairé, qui seul rend l’homme vraiment libre, plutôt que l’imitation aveugle. Réaliste cependant, il tient compte de la différence et de la variété des compétences de chacun.

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02/06/2008

La liberté religieuse en islam

Nul ne peut être contraint de quitter sa religion pour embrasser l’Islam. Le Coran affirme : « Pas de contrainte en religion. » (2, 256), et encore : «  Et si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens jusqu’à ce qu’ils deviennent croyants ? » (10, 99)

 

L’interrogation dans ce dernier verset est là pour signifier qu’il ne peut être question d’utiliser la force pour convertir. Les musulmans ont appliqué cette règle, protégeant les habitants des pays conquis contre le paiement de la jizya.[1] Ils leur ont assuré leur protection lorsqu’ils acceptaient de vivre dans un Etat musulman. Ils respectaient leurs croyances, leurs rites et leurs lieux de cultes. Ainsi, le Calife ‘Umar établit par écrit un pacte avec les Chrétiens de Jérusalem, en déclarant :

 

« Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux ! Ceci est la sauvegarde accordée par le serviteur de Dieu, ‘Umar, commandeur des croyants, aux habitants de Ilya[2] : il leur garantit la sauvegarde de leurs vies, de leurs biens, de leurs églises, de leurs croix – quel que soit l’état de celles-ci – et de leur culte en général. Leurs églises ne seront ni occupées, ni détruites et ne subiront aucun dommage ; il en sera de même pour leurs annexes, leurs croix et leurs biens. Aucune violence ne leur sera faite en matière de religion ; et l’on ne fera tort à aucun d’entre eux. »

 

Alors que l’Islam considère que c’est l’homme qui est le premier responsable du foyer, il n’autorise cependant pas le mari musulman à contraindre sa femme, juive ou chrétienne, à quitter sa religion. Bien plus : selon la loi musulmane, il n’a pas le droit, dans un Etat islamique ou ailleurs, de l’empêcher de pratiquer son culte et ses rites, juifs ou chrétiens. Certains fuqahâ’[3]sont allés jusqu’à affirmer que le mari musulman doit être en mesure de mettre à la disposition de son épouse le moyen de locomotion lui permettant de se rendre à son lieu de culte, synagogue ou église, et même de l’y accompagner au besoin ![4]


[1] Il est à noter que ce tribut est comparable à la taxe que nous payons dans nos Etats modernes, à partir du moment  où nous nous trouvons, pour une raison ou pour une autre, exemptés de service militaire. Dans un Etat islamique, les moines, les femmes, les vieillards et les enfants n’ont pas à payer cette taxe, ainsi que tout non-musulman qui accepterait de plein gré de joindre l’armée des musulmans.  Sur la jizya, voir en particulier : La Sharî ‘a , le Droit islamique, son envergure et son équité, 3e partie, chap.5, La taxation, pp. 155-174, par le Dr Saïd Ramadan, éd. Al Qalam, Paris 1997.

 

[2] Ilya : Aelia Capitolina, c’est-à-dire Jérusalem.

 

[3] fuqahâ’, pluriel de faqîh, désigne ici le savant musulman en matière de jurisprudence et de droit.

 

[4] Dans ce cas, le musulman ne participe pas au culte, mais laisse son épouse aux portes de sa synagogue ou de son église, où elle pratiquera librement sa religion selon son intime conviction.

 

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