1959

22/07/2008

L'Unicité dans le Coran

Commentaires du Coran :

Sourate 112, Le monothéisme pur (al-ikhlâs)

 

Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

  1. Dis : “ Il est Dieu, Un.
  2. Dieu l’Absolu.
  3. Il n’a pas engendré, et Il n’a pas été engendré.
  4. Et nul n’est égal à Lui. ”

Sens des expressions et explications :

  1. Le monothéisme pur. Al-ikhlâs : C’est le titre de la sourate. Ce terme connote l’idée de pureté, de sincérité, dans le sens du culte pur et sincère rendu à Dieu Seul, de façon exclusive. Il est tiré de la racine khalas: être blanc, pur, sans mélange. Les commentateurs rapportent que les polythéistes s’étaient rendus auprès du Prophète Muhammad en lui demandant de leur décrire son Seigneur, ou d’en donner la généalogie. La réponse se fit sous la forme de ces quatre versets. At-Tirmidhî rapporte, d’après Ubayy Ibn Ka‘b, que les associateurs (les polythéistes) ont dit au Messager de Dieu : “ Donne-nous la généalogie de ton Seigneur ”. Dieu révéla alors (la sourate commençant par) : “ Dis : “ Il est Dieu, l’Un. Dieu l’Absolu. ”
  2. Dis : “ Il est Dieu, Un. Première réponse aux idolâtres : Dis-leur, ô Muhammad, que Celui au sujet de qui vous m’interrogez est Un (Ahad). Par son caractère unique, Il se distingue de l’ensemble de Ses créatures, qui toutes peuvent être dénombrées ou classées en genres et en espèces. L’Islam rejette ainsi les représentations dualistes ou trinitaires de la divinité.
  3. L’Absolu. As-Samad : le terme comprend plusieurs sens : Le Maître absolu, dont la domination et l’autorité ont atteint la perfection, et qui n’est dominé par personne. Il signifie ici que Dieu est un Maître absolu éternel et parfait, se suffisant à Lui-même, ne dépendant d’aucun élément de Sa création, mais assurant Seul les besoins de Ses créatures, qui toutes dépendent de Lui et tendent vers Lui en L’implorant.
  4. Il n’a pas engendré. Yalid, de walada : donner naissance, engendrer. Wâlid désignant le père, plus précisément le géniteur, et walad désignant l’enfant. Il ne connaît pas la mort et l’anéantissement, parce que toute chose qui naît est nécessairement destinée à mourir ou à disparaître, et parce que la génération est une loi de la création, imposée par Dieu aux créatures. Le Créateur ne la subit donc pas, mais Il demeure au-delà.
  5. Et Il n’a pas été engendré. Yûlad, forme passive de walada. Il n’est pas le fruit ou le produit d’un acte qui le précède, car Il est Tel qu’Il a toujours été. Dieu n’a pas plus de “ père ” qu’Il n’a de “ fils ”. Dans le premier cas, cela voudrait dire qu’Il dépend d’un être supérieur qui était avant qu’Il ne soit. Il ne serait donc pas le Premier (al-awwal). Dans le second cas, cela signifierait qu’un être second lui succéderait ou hériterait de Sa nature. Il ne serait donc pas le Dernier, l’Ultime (al-âkhir). La double négation permet au contraire de souligner Son caractère éternel.
  6. Et nul n’est égal à Lui. Kufuwan (autre lecture : kufu’an ) : égal, semblable, pareil. Dieu est unique et n’a pas de semblable. Le Coran dit ailleurs : “ Rien de Lui est semblable, et Il est celui qui entend (“ l’Audient ”), qui voit absolument (le Clairvoyant). ” (Coran, 42, 11) Par conséquent, rien de ce qu’il nous est donné de concevoir, d’imaginer ou de nous représenter n’est susceptible de symboliser matériellement le Créateur. Le Prophète Muhammad affirma : “ Dieu le Très-Haut a dit : “ Le fils d’Adam m’a accusé de mensonge, et il n’en avait pas le droit. Il m’a injurié et il n’en avait pas le droit. Il m’a accusé de mensonge en disant : Dieu ne me redonnera pas la vie (après ma mort) comme Il l’a fait une première fois (Text. : Il ne me fera pas revenir comme Il m’a commencé). Or, le fait de créer une première fois n’est pas plus aisé pour Moi que le fait de recommencer (une seconde fois) la création. Quant à son injure, elle consiste à dire que Dieu s’est donné un enfant, Or, Je suis l’Un, l’Absolu, qui n’a pas engendré et qui n’a pas été engendré, et à qui nul n’est égal. ” (Al-Bukhârî)

Quelques enseignements :

  •  
    • On peut mettre en rapport avec l’intitulé de cette sourate, al-ikhlâs, le fait que ce passage nous parle exclusivement de Dieu. On n’y trouve aucun des autres thèmes largement évoqués ailleurs dans le Coran, comme par exemple l’au-delà, l’histoire des Prophètes et des peuples, le comportement moral et social. Il n’est question ici que de quatre versets qui expriment avec la même concision et la même éloquence l’Unicité, la Perfection, l’Eternité et la Majesté du Créateur.
    • Le Coran rejette tous les aspects que prend le polythéisme, appelant les hommes à ne pas multiplier les figurations de Dieu au gré de leur fantaisie ou de leur imagination. Anthropomorphisme, trinité, manichéisme sont pareillement écartés de la doctrine musulmane. L’Islam est la religion du monothéisme le plus pur, qui exclut toute représentation réductrice de Dieu.
    • Cette sourate a la valeur du tiers du Coran, selon les traditions authentiques : Le Messager de Dieu demanda à ses Compagnons : “ L’un d’entre vous serait-il incapable de lire le tiers du Coran en une nuit ? ” Ils répondirent : “ Lequel d’entre nous aurait la capacité de le faire, ô Messager de Dieu ? ” Il déclara alors : “ (La sourate commençant par ) “ Dis : “ Il est Dieu, Un. Dieu l’Absolu ” constitue le tiers du Coran. ” (Al-Bukhârî)
    • Cette sourate est l’une des clés du Paradis. Anas rapporte qu’un homme déclara : “ Ô Messager de Dieu ! J’aime cette sourate : “ Dis : “ Il est Dieu, Un. Dieu l’Absolu. ” ” Le Prophète lui dit : “ L’amour de cette sourate t’a certes donné accès au Paradis ! ” (At-Tirmidhî)
    • Mots à mots, on peut interpréter et rendre le premier verset ainsi : : “ Dis : “ Lui, Dieu, est Un. ” ” Le pronom Lui (huwa) qui précède le Nom de Dieu (Allâh) peut être compris selon le contexte de la Révélation du verset en faisant référence à la question posée au Prophète : Lui – c’est-à-dire Celui au sujet de qui vous m’interrogez, vous autres polythéistes – Dieu, est Un. Mais en dehors de ce contexte, il est possible d’apprécier la subtilité de cette expression coranique. En règle générale en effet, on utilise le pronom après le nom qu’il désigne. Par exemple, nous disons : Jean est entré dans le salon, et il s’est assis. Le pronom “ il ” renvoie à “ Jean ”. Il ne nous viendrait pas à l’idée de formuler les choses ainsi : “ Il est entré dans le salon, et Jean s’est assis ”. Ce qui entraînerait une confusion, nous amenant à penser que celui qui est entré est une autre personne. Ici, contrairement à cette règle, le verset fait passer le pronom avant le nom : “ Lui, Dieu, est Un. ” En d’autres termes, cela signifie qu’avant même d’être nommé, Dieu est déjà connu de l’homme, dans sa conscience la plus intime. “ Lui ”, ce ne peut être que Celui-là Seul qui est Dieu, qui est proche, qui est l’Evidence suprême.

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01/07/2008

LA PALESTINE BAFOUEE

Je me permets de vous transmettre ce texte que je viens de recevoir par courrier électronique du Collectif des Musulmans de France

Communiqué

Suspension de l’aide aux Palestiniens

La commission européenne va décider de suspendre son aide au peuple palestinien pour cause de non-reconnaissance de la part du Hamas de l’Etat d’Israël. Or, la France a son mot à dire aussi bien au niveau européen qu’auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.

Nous sommes indignés par l’attitude de notre gouvernement dans ce dossier, que nous considérons très partiale.

Israël viole au quotidien ce qui permet l’existence du peuple palestinien. La politique d’occupation et de répression exprime bien la volonté des dirigeants israéliens de ne pas reconnaître la dignité du peuple palestinien  et son aspiration à l’auto-détermination. Israël  bafoue les règles élémentaires de respect du peuple palestinien en tant qu’entité culturelle et politique. Les gouvernements israéliens le font sans risquer aucune sanction sur le plan international.

En suspendant le soutien aux Palestiniens, vous contribuez à la politique israélienne dans sa logique de l’extinction de l’identité palestinienne. Vous sanctionnez le choix politique des Palestiniens qui ont décidé de faire confiance au Hamas. Par cette sanction, vous refusez aux Palestiniens leur cheminement politique de manière démocratique. Tout peuple peut faire un choix politique qui peut être considéré comme pertinent ou pas.
Par cette sanction, vous renforcez l’idée que « l’Occident » a fait le choix de continuer à réprimer « le monde musulman ». Après l’Irak, les Palestiniens doivent payer le prix de leur choix.

Aucune conscience humaine ne peut accepter ce choix dans un contexte international aussi tendu. En refusant au peuple palestinien le choix de ses dirigeants, vous consolidez les voix extrémistes dans le monde musulman qui surfent sur la politique des deux poids, deux mesures.

Nous demandons à notre gouvernement de ne pas faire le choix de la radicalité en suspendant le soutien financier au peuple palestinien.

Ali Rahni

Porte-parole du Collectif des musulmans de France

ali.rahni@voila.fr

 

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