1959

02/06/2009

MALHEUR ET PRIVATION. UNE SAGESSE DE Ibn 'Atâ'i-Llâh

 Tu ne souffres de la privation que parce que tu ne comprends pas la sagesse divine qu’elle recèle.

 

Commentaires :

 

Le Coran affirme : « Et il se peut que vous détestiez quelque chose, alors que c’est un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez quelque chose, alors que c’est un mal pour vous. Et Dieu sait, et vous ne savez pas. » (Coran, 2, 216)

L’homme ne désire pas toujours ce qui est un bien pour lui. Après coup, et parfois des années plus tard, il se rend compte qu’il aurait fait un mauvais choix. Dieu Seul sait ce qui est vraiment un bien pour chacun de nous. En avoir pleinement conscience nous aide à accepter le destin. Si nous avions une pleine appréhension de l’infinie sagesse de Dieu, nous ne connaîtrions pas la souffrance en étant confrontés à un événement qui nous prive de ce que nous aimons.

Le problème réel n’est pas dans ce qui apparaît comme étant un malheur : le problème essentiel, c’est d’apprendre à le gérer intérieurement.

 

 

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Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Ramadan,

je lis vos blogs régulièrement, j'essaie de comprendre votre foi ou plutôt ce qui vous pousse à chercher en l'existence d'un Dieu cette force.

Durant de nombreuses années j'ai cherché dans les textes un sens. J'ai lu le Saint Coran, le Bible, plusieurs fois.

Je n'y ai jamais trouvé Dieu.

Dieu, dans son infinie sagesse, m'aura fait parcourir les méandres des souffrances liées à la perte de proches, accidents, morts tragiques, violentes, etc...

Aucun texte, aucune prèche ne m'aura jamais apporté la moindre réponse.

C'est pourquoi, j'ai du rechercher la force de surmonter ces départs, les souffrances liées à des maladies, des injustices, en moi. Lorsque je vous lis, vous semblez trouver les réponses dans des textes... quelque part je vous envie, car aucun des textes que vous citez ne m'aura soulagé.

Ces textes m'apparaissent comme des reliquats d'un temps donné géopolotique-historique, rien de plus.

Vous croyez en ces textes, en cela, je me dois de respecter votre croyance, mais est-elle juste ? Est ce que ces textes répondent aux défis d'aujourd'hui, amènent-ils des solutions aux problèmes économiques et sociaux actuels ? Ces textes resistent-ils à l'analyse scientifique ?

Aucun n'y résiste.

Probablement est-ce là l'une des raisons qui m'amène à respecter celles et ceux qui font acte de foi envers leur croyance. Car il faut croire pour nier l'évidence, à savoir : Dieu ne réside pas dans un livre.

Au mieux ces livres Saints sont de la plume de personnalités en avance sur leur temps, des contributions historiques indéniables, mais malheureusement elles ne sont rien de plus.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 03/06/2009

Bonjour Stéphane,
Merci pour votre intéressant commentaire.
Vous dites : "Lorsque je vous lis, vous semblez trouver les réponses dans des textes... quelque part je vous envie, car aucun des textes que vous citez ne m'aura soulagé." Ces paroles ne peuvent nous soulager si nous ne faisons pas l'effort de retrouver en nous-mêmes la part de vérité qu'elles comprennent.

Vous dites encore : "Ces textes m'apparaissent comme des reliquats d'un temps donné géopolotique-historique, rien de plus. Vous croyez en ces textes, en cela, je me dois de respecter votre croyance, mais est-elle juste ? Est ce que ces textes répondent aux défis d'aujourd'hui, amènent-ils des solutions aux problèmes économiques et sociaux actuels ? Ces textes résistent-ils à l'analyse scientifique ? "
Ma réponse est clairement OUI. Encore faut-il prendre la peine d'étudier objectivement l'Islam. Science et religion, foi et raison ne s'opposent pas dans la culture musulmane.

Vous dites enfin : "Au mieux ces livres saints sont de la plume de personnalités en avance sur leur temps, des contributions historiques indéniables, mais malheureusement elles ne sont rien de plus."
Or précisément, la révélation n'est pas l'oeuvre des hommes, mais bien la parole de leur Créateur. La Tora, l'Evangile et le Coran ont une même source.
Cordialement

Écrit par : Hani Ramadan | 03/06/2009

La foi est une démarche de l’esprit au même titre que n’importe quelle autre démarche de l’esprit. Du coup, elle dispose de ses propres fondamentaux, de sa propre économie globale et de sa propre dynamique.

Le Coran ainsi que les autres livres révélés dont l’authenticité n’a pas été altérée sont des textes fondateurs. Ils structurent la foi. Ils lui insufflent toute sa teneur et toute son ampleur. Un livre révélé suppose donc la foi comme démarche de l’esprit. On n’aborde pas un texte sacré avec une démarche d’esprit profane. Je me rappelle avoir lu que les religieux orthodoxes avant de procéder à la peinture d’icônes se soumettent à une longue période de jeûne. Ils se mettent ainsi en état de sacralité, c’est-à-dire dans de bonnes conditions de réceptivité et de communicabilité. Cette démarche, est-il besoin de le souligner, reste valable pour toutes les religions. Quand on aborde un texte sacré originel sans la foi en la Source qui l’a émise et sans les prédispositions spirituelles adéquates, on peut y trouver tout sauf le chemin qui mène à la Source.

De plus, les livres révélés dont la teneur n’a pas été dénaturée représentent une « supra-raison » (ou un « méta-point de vue ») qui permet de réguler notre être au monde. Cette supra-raison me rappelle les limites de ma propre raison dont je dois apprendre à me défier. Ma propre raison me somme de ne pas me soucier de la marche du monde et de me concentrer sur ma vie. Elle me dicte de m’occuper de mon propre petit confort et de tourner le dos aux « angoisses et aux espérances » du monde. Elle peut également verser dans la demi-mesure « en soufflant le chaud et le froid ». Et quand elle jugule ses désirs et ses plaisirs, c’est qu’elle obéit à d’autres impératifs qu’ils soient religieux, laïcs ou autres. Donc la foi, me semble-t-il, en la supra-raison (ou le méta-point de vue) dont procèdent les « Livres révélés » peut me mettre à l’abri des excès de ma propre raison si je lui reconnais un quelconque magistère. Quelqu’un ayant dit, à juste titre, « la raison (entendez la raison raisonnante) me fait préférer la destruction du monde à une égratignure au doigt ».

Quant à la foi, selon ce mot sublime de J.Chessex, elle « recherche l’intelligence de la foi ». Car la raison véritable ne s’oppose nullement à la foi. Elle sait, sans complexe, se taire devant l’indicible de la foi.

Écrit par : najib ELAGGUIR | 07/06/2009

Dans une culture où le sens serait « la chose du monde la mieux partagée », la chance d’éveiller sa conscience à plus d’engagement et de responsabilité envers l’Homme et le Monde devient optimale. Il est certes difficile, devant les impératifs de la société de consommation et du « polythéisme des valeurs » qu’elle promeut, de garder la tête froide quant aux tourments de la vie. Mais, la culture du sens permet de recentrer son être autour de l’essentiel reléguant ainsi l’inutile et le futile à l’arrière-plan de ses préoccupations et de ses ambitions.

La société de consommation à outrance rend ténues les frontières entre l’utile et l’inutile, entre l’essentiel et l’accessoire… Et quand la ligne de démarcation entre ces notions devient floue, voire s’efface, les valeurs deviennent confuses et les consciences nébuleuses. Les priorités s’inversent alors et les esprits versent dans des considérations mercantiles en jaugeant les choses selon leurs profils matériels et en les appréciant selon leur impact immédiat sur l’évolution d’une carrière ou d’une ambition quelconque, ou d’une lubie quelconque. Les privations sont alors au rendez-vous quand les appétits du moment ne sont pas satisfaits, quand la satisfaction de certains désirs suppose le sacrifice d’autres désirs… Car les impératifs hédonistes de la société de consommation nous somment d’être à la page des « must » à ne pas occulter sous peine de frustrations.

Mais, la culture du sens et le sens de l’essentiel qui en est le corollaire direct nous invitent à prioriser nos besoins et surtout à ne pas les confondre avec les caprices et autres lubies. Ainsi quand les besoins s’expriment et se satisfont de façon saine, c’est-à-dire qu’ils ne sont nullement le résultat d’une quelconque pression sociétale ou névrotique et que leur satisfaction n’emprunte pas les chemins de traverse, l’individu est loin d’être le vecteur de frustrations et autres privations. Il devient de la sorte l’artisan de sa propre vie qu’il ordonne selon des schémas conçus volontairement et consciemment et qui sont fonction d’impératifs non pas psychologiques mais éthiques.

Écrit par : najib ELAGGUIR | 11/06/2009

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