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07/08/2009

DETACHEMENT ET VERITE, une sagesse de Ibn 'Atâ'i - Llâh

Si la lumière de la certitude t’éclairait, tu verrais que l’au-delà est si proche qu’il n’est nul besoin de te mettre en route pour t’y rendre ; et tu verrais paraître sur  les beautés de ce monde le voile fragmenté de leur anéantissement.

 

Commentaires :

 

Il existe une lumière physique grâce à laquelle nous pouvons observer les corps sensibles. Et il existe une lumière intérieure qui nous donne la clairvoyance nous permettant de comprendre dans la profondeur le sens de la vie. Le croyant peut progresser dans la spiritualité à tel point qu’il prend conscience que le monde est passager et illusoire dans sa consistance : tout est déjà accompli, et nous vivons quelques instants qui sont peu de chose en comparaison avec l’éternité, qui est la vraie vie.

Le temps est  le masque de l’éternité. Un masque ténu, que la mort viendra déchirer.

Sagesse qui nous conduit à ne pas nous laisser séduire par les beautés de ce monde : déjà elles sont fanées. Une peau lisse appelle la ride, et rien de ce qui est sur terre n’est pour subsister.

Lorsque la conscience du croyant est illuminée par cette certitude intérieure, son cœur est déjà ailleurs, bien que son corps évolue parmi les vivants. Il est conduit à se détacher d’un univers dont il connaît les apparences mensongères.

 

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Commentaires

Monsieur Ramadan, ce commentaire me laisse pantois. Si l'éternité est la vraie vie alors pourquoi vivre ici-bas? Si la beauté d'une femme ne doit pas être appréciée puisque flétrissure avec le temps, pourquoi aimer, caresser, faire l'amour? Votre discours montre à quel point nous sommes éloignés dans l'appréciation de la spiritualité moderne. Tout ramener au ciel signifie donc que l'on a pas intérêt à rester sur Terre, que l'on peut donc se sacrifier et mourir pour la cause divine. C'est d'une tristesse! Car au ciel, quelle case vous allez trouver? Jésus, Mahomet, Moïse, Abraham, Bouddha, Confucius, ou les pharaons? Dans votre cas, bien entendu, Mahomet. Mais si Dieu est unique, alors que feront les autres si votre croyance est la bonne? Monsieur Ramadan, ne dites pas que la beauté ne vaut pas la peine d'être vécue, sinon toute la Terre peuplée de ses oiseaux, de ses animaux, de ses mers, de ses forêts, de ses humains qui l'habite ne pourra plus jamais croire qu'une Beauté supérieure est à l'Origine de sa création. La petite planète bleue perdue dans l'univers est un paradis que nous devons absolument protéger. Bien à vous. Qu'Allah vous guide sur une vision moins pessimiste de la beauté et de l'art dont les mosquées sont par ailleurs des images vivantes extraordinaires.

Écrit par : pachakmac | 11/08/2009

Selon l’optique islamique, lorsque la lumière de la certitude submerge l’être, le cœur voit, entend et raisonne selon les impératifs de la foi en Dieu (Coran) et en son Prophète (Sunna). La certitude effectivement est le « fondement de la foi ». Elle en est également l’épanouissement/maturité. Une foi qui s’ancre dans le cœur en agissant comme un principe organisateur. Une foi parfaite qui n’admet pas le doute*. La foi en Dieu est l’antidote, par excellence, contre le doute et ses méfaits. Dans une époque que caractérise le scepticisme et autre nihilisme du fait de la faillite de toutes les « idoles », la foi en Dieu et en son Prophète se profile comme un facteur de stabilité de l’être.

Certains s’échinent à faire du doute une démarche de l’esprit. Il peut certes le devenir si l’on commence d’abord par douter de l’efficacité et de l’infatuation de son ego. Il peut le devenir immanquablement si l’on prend au conditionnel ses fantasmes et autres élucubrations, ses bavardages passionnels/compulsionnels, ses entreprises égotistes et narcissiques… Mais douter de Dieu et de son Prophète devient un crime de lèse-humanité selon la perspective religieuse. La certitude donc prime et supprime le doute. Elle est inséparable de la foi. La certitude, au final, flamboie là où la foi est vive et vivace. « La certitude est à la foi ce que l’esprit est au corps et quand la persévérance embrasse la certitude, elles engendrent le leadership (al’imama fi din’) en matière de religion » a dit avec raison Ibn Alqayyim**.

Mais, afin d’atteindre à la lumière de la certitude, il convient de maîtriser « la science de la certitude » (Coran et Sunna) avec l’espérance (rajâ’) d’accéder un jour à « la vérité de la certitude » (voir/entendre/penser avec le cœur) au travers de « l’œil de la certitude » (au-delà de l’aspect physique des lois de la Nature (le livre déployé), celles-ci revêtent un caractère métaphysique que seul l’œil de la certitude permet de voir)***. Tels sont donc les degrés de la certitude.

La certitude est ainsi « la foi intégrale » (Ibn Mas’oud). Mais la foi est sujette à la dégradation des circonstances. Du coup, elle a besoin d’être renouvelée constamment par la lecture/méditation du Coran qui est un éclat d’Eternité du fait qu’il procède de « La Table Gardée ». Donc, la certitude, conçue comme fondement de la foi, inscrit celle-ci au-delà des vicissitudes du temps et de l’histoire, puisqu’elle immerge l’être dans l’Eternité en neutralisant les perceptions/appréhensions égotiques qui sont autant de voiles rendant difficile l’approche sprituelle du Monde.
Ainsi, quand les voiles s’estompent du fait de la lumière de la certitude alors Dieu devient plus réel que mon ego, sa parole plus vraie que la mienne et les enseignements de Son Prophète plus importants que mes élucubrations et autres fantasmes. Dans ces conditions que caractérise « l’intellectualité pure » (René Guénon) la personne humaine évolue sous le regard bienveillant et miséricordieux du Transcendant.

* « Les vrais croyants sont ceux qui ont cru en Dieu et en son Prophète, et qui ne doutent plus, qui combattent de leurs biens et de leurs personnes dans le sentier de Dieu. Ceux-là sont sincères dans leurs paroles. » (49/15).
** « Nous avons promu parmi eux des leaders (a’imma) qui guident par notre Ordre lorsqu’ils ont fait preuve de persévérance et qu’en nos Signes ils croient fermement (youqinoun’) »
***Lire à ce sujet les treize premiers versets/Signes de la sourate (45/1-13). Pour le cœur doué de certitude, uniquement, la Nature regorge de Signes divins (âyates) à la portée métaphysique certaine. Mais, pour le scientifique ce ne sont que des lois physiques formalisables en langage mathématiques parce que reproductibles en laboratoire…

Écrit par : Najib Elagguir | 11/08/2009

Monsieur Ramadan, je regrette que vous ayez censuré mon dernier com. Il n'y avait là ni atteinte à votre croyance ni envie de blesser qui que ce soit. Juste le désir de faire honneur à la beauté terrestre avant d'imaginer un au-delà dont personne n'est encore revenu. La spiritualité n'est pas une affaire de race ou de culture. Elle est l'expression d'une âme en quête du Beau, du Mystique, de l'Absolu. Vous êtes un digne représentant de la communauté musulmane en Suisse. Ce n'est pas en nous censurant mutuellement que nous allons faire avancer la cause de l'humanité et de Dieu sur cette planète. Bien à vous. Mes pensées se portent vers votre Orient.

Écrit par : pachakmac | 13/08/2009

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