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22/08/2009

La presse romande au service de l’impérialisme américain ?

 

On peut sans crainte de se tromper affirmer que la presse et les médias, en Occident,  sont le plus souvent dépendants de l’impérialisme américain.

Prenons l’exemple de la presse romande, qui n’échappe pas à cette règle. On nous parle du « cauchemar afghan ». Obama se trouverait confronté en Afghanistan au problème qu’avait connu son prédécesseur, George W. Bush, en Irak. Malgré l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, les armées étrangères qui s’ingèrent dans le pays ne parviennent pas à faire régner l’ordre et obtenir qu’un semblant de démocratie soit respecté.

Or, comment nos journalistes évoquent-ils ces faits ?

Dans son éditorial du 17 août 2009 (Tribune de Genève), Andrès Allemand décrit une situation peu confortable pour le président américain, et la perspective d’un « fiasco démocratique ». Son collègue Luc Mathieu parle d’une « insurrection » qui « gagne en efficacité de jour en jour ». Pour sauver le pays contre les « insurgés »,  « quatre mille marines et 650 soldats afghans se sont lancés à l’assaut de la vallée de la rivière Helmand ». Il indique en gros titre : « LES ELECTEURS MENACES DE MORT ». Comprendre : la démocratie est en danger face au fanatisme des talibans.

Depuis Kaboul, Benoît Bringer (LeTemps, 17 août 2009) nous montre certes quel est le sentiment d’un large secteur de la population afghane qui considère que ces votations sont une mascarade : « Ces élections n’ont pas de légitimité, dit Samin Afzal, un étudiant de 20 ans, ce sont les Etats-Unis qui tiennent les ficelles et le président Hamid Karzaï est leur marionnette. » Toutefois, le reporter rapporte que « l’armée américaine a lancé une nouvelle offensive dans la ville du sud de Dahaneh, aux mains des insurgés ».

Il se trouvera rarement un journaliste courageux, aujourd’hui, pour remettre sérieusement en cause le bien-fondé de la présence américaine en Afghanistan. Pourtant, les points suivants paraissent évidents :

 

1)     Les Etats-Unis ne s’ingèrent dans cette région que pour défendre des intérêts économiques et géostratégiques leur permettant de renforcer leur domination mondiale.

2)     Les talibans ont été les alliés des Etats-Unis dans d’autres circonstances par le passé, lorsqu’ils servaient les objectifs militaires de la première puissance.

3)     La démocratie ne s’impose jamais par effraction contre la volonté des peuples. On ne vole pas une terre, serait-ce provisoirement, pour apprendre à ses habitants à s’y comporter librement. Aujourd’hui, dans leur grande majorité, les Afghans – et non pas seulement les talibans –  considèrent que l’armée américaine est une force d’occupation.

 

Tout porte à croire qu’il suffit de laisser agir les épouvantails du terrorisme et du « talibanisme » pour justifier une ingérence qui n’est somme toute qu’une vaste opération menée par les gangsters de Washington et leurs sociétés privées, en quête d’exploitations de territoires riches en gaz et en pétrole.

Mais qui peut nier que tout citoyen digne de ce nom, voyant son pays volé et dominé de la sorte, est en droit de prendre les armes pour faire sortir l’intrus ? Pourquoi parler d’  « insurrection » ? Les Afghans défendent leur patrie contre des occupants, même si ceux-ci se donnent un air de légitimité en nommant et choisissant leurs collaborateurs « élus », via des urnes béantes et tachées de sang.

 

Non. Parce que des enfants et des femmes meurent dans des villages reculés dont personne ne connaît les noms, sous les feux et les bombardements de l’armée américaine,  nous disons très clairement que cette façon de présenter l’actualité est inacceptable.

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Commentaires

Mais qu'est-ce qui est acceptable, Mr Ramadan? Le 11 septembre 2001 était-elle une journée acceptable pour le monde démocratique? Ben Laden avait été dans les combines pétrolières avec les Bush. Et soudain, virage complet. Pourquoi? Mystère. Trahison des Américains envers lui? Ou illumination mystique soudaine d'Oussama qui se met à penser qu'il a mal agi envers le Coran et qu'il va désormais se racheter en détruisant l'Amérique et l'Occident? Je suis contre l'occupation de territoires par la force militaire. C'est inadmissible. Mais pouvait-on demander aux Américains frappés en plein coeur de N.Y. de rester de sages pacifiques en attendant la prochaine vague d'attentats meurtriers? Maintenant que le mal est partout, vous et nous devons travailler ensemble à changer ce monde épouvantable basé sur la haine et la destruction de l'Autre. Vous avez raison de soutenir les Afghans dans leur lutte d'indépendance. Mais on aimerait aussi vous entendre réagir quand le monde occidental souffre sous des attentats terroristes ou, par exemple, quand votre pays d'accueil, la Suisse, a deux représentants retenus en otage en Libye. Mr Kadhafi, vous lirait sans doute, et qui sait, saurait revenir à plus de sagesse envers un pays qui porte haut les couleurs de la démocratie.

Écrit par : pachakmac | 22/08/2009

C'est une très bonne idée que d'ivoquer les événements tragiques du 11 septembre 200§ à N.Y, à Washington et en Pennsylvanie. Il serait intéressant d'en faire ici l'analyse - une fois de plus.
Sur le moment, le monde entier a été glacé de terreur et d'indignation. Puis, au fil des semaines, des critiques de plus en plus vives et de plus en plus fondées viennent mettre en doute la version officielle des événements.
A l'heure actuelle, environ 80% des Américains ne croient plus en la version officielle, mais pensent bien davantage qu'un abominable compolot a été mis sur pieds par le Gouvernement américain lui-même pour justifier la guerre en Irak et en Afghanistan. Et il existe beaucoup, beaucoup trop d'éléments supportant cette thèse pour que l'on puisse l'ignorer.
Cette méthode a des précédents: l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 est venue à point nommé pour justifier l'entrée en guerre des E.U.s. En 1893, le sabordage du Destroyer "Maine" dans le Port de la Havane a fourni un prétexte pour déclarer la guerre à l'Espagne et a coloniser les Philippines et Cuba. L'Opération "Northwoods dans les années 80 aurait eu pour but de justifier une attaque contre Cuba. Elle s'est dégonflée.
Hitler a fait de même après l'incident de Gleiwitz, sur la frontière polonaise. Jamais aucun pays n'en attaque un autre. Chaque pays ne fait jamais que se défendre, n'est-ce pas ....?
La raison de l'agression contre Saddam Hussein était que ledit Saddam voulait être payé en d'autres monaies que le dollar U.S. pour son pétrole. Ladite aggression n'a jamais fait que entre 600.000 et 1 million de victimes. L'invasion de l'Afghanistan était déjà décidée entre Blair et Bush dans le courant de l'été 2001. Le sens et le but étant de s'assurer des territoires où construire un pipeline entre l'Asie Centrale et le port de Karachi.
Quand tout a été dit, reste la question de savoir qui représente le plus de danger pour la sécurité du monde: Les Américains et l'O.T.A.N. , ou les Musulmans. En ce qui me concerne, le choix est vite fait...

Écrit par : J.C. Simonin | 22/08/2009

"Allo ? Allo ? D.J et consorts ? Préparez vite une troupe de débarquement surarmée avec chars et bombardiers, car voici que les nègres communistes islamistes envahissent les blogs de la TG !"
... et je suis du nombre (tiens, va falloir que je m'achète du cirage noir et un keffieh, j'y pense, pour faire plus mieux bien "ennemi de la démocratie").
Eh oui, Monsieur Ramadan, depuis que les exportateurs de "Liberté et Démocratie" ont envahi l'Irak et l'Afghanistan et les occupent, on ne voit pas beaucoup de progrès dans les secteurs de la liberté et de la démocratie, dans ces pays-là.
En revanche les chiffres de sociétés comme Halliburton affichent des résultats réjouissants.
Au Vietnam aussi, à l'époque, il y a eu des élections rigolotes... Même scénario et même résultats.
Le résultat final sera probablement le même aussi: de jeunes soldats traumatisés à vie qui plient bagages et sont ensuite traités comme des parias par ceux-là même qui les ont envoyés au casse-pipe.
Il serait en effet grand temps que les Occidentaux apprennent qu'un territoire occupé permet deux points de vue: celui de l'occupant et celui de l'occupé.
A ce propos, Monsieur Ramadan, une islamisation de nos sociétés occidentales est à mes yeux naïfs aussi incongrue que l'occidentalisation de sociétés musulmanes.

Nota bene: pachakmac, les attentats du 11 septembre... qui est VRAIMENT derrière ?
On aura probablement une réponse intéressante dans exactement 48 ans.

Écrit par : Blondesen | 22/08/2009

Ce qui est acceptable en fonction de votre logique de détruire 2 pays musulmans, sans état d'âme sur la base d'un prétexte mensongère.
« Trouvez moi un moyen de le faire, demandait Bush à ses conseillers. » selon Paul O’Neil, Secrétaire au Trésor dans le premier gouvernement Bush a déclare que le fait de s’en prendre à Saddam Hussein était le sujet n°1 sur l’agenda, 10 jours après la prise de fonction de Bush, soit 8 mois avant le 11 septembre.
Vous devez déjà rougir de honte et tous ceux qui avaient gobé le prétexte manifestement fallacieux des armes de destruction massive.
détruisant l'Amérique et l'Occident? plus de 2 millions de morts Irakiens et Afghans sur le dos de l'Amérique et l'Occident, VOILA la réalité.

Écrit par : Djilani Ftelina | 22/08/2009

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