1959

22/09/2009

SHOAH : La rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942)

UNE RENCONTRE A PARIS

 

Le 29 août dernier, je me trouvai de passage au siège de l’UOIF où j’avais été invité pour un exposé à l’occasion des nuits du ramadan.

Au deuxième étage de cette institution, je me suis  retrouvé seul face à un homme étonnant, qui n’avait rien d’un intégriste enturbanné et barbu, Raymond.

Retraité, il était assis et donnait un coup de main à la communauté musulmane, en mettant patiemment mais avec conviction du courrier sous enveloppes.

 

Nous avons parlé de tout, et étant un Français de pure souche, la conversation en vint naturellement à son cheminement et son parcours personnel.

En 1942, me dit-il, il avait six ans, et habitait Belleville, dans la région parisienne.

Les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 juifs sont arrêtés par la police française, et emmenés au Vélodrome d’Hiver, avant leur déportation vers les camps de la mort. Deux souvenirs marquants lui sont restés : d’abord celui de ses petits camarades juifs qui du jour au lendemain avait disparu, sans laisser de trace. Leurs jeux innocents avaient déserté la rue des Rosiers.

Et puis surtout, me dit-il, « j’ai entendu le cri effroyable  d’une femme. Je n’oublierai jamais ce cri. »

Que s’était-il passé ? Séparait-on dans des conditions infâmes une mère de ses petits ? S’autorisait-on déjà des formes d’humiliations terribles, dans les locaux de la police française, avant ce qui devait hélas se produire dans les camps de concentration ?

Le cri était épouvantable. Et le fait de ne pas en connaître l’exacte cause ajoutait au dégoût qu’inspirent le nazisme et la collaboration, un sentiment de révolte contre la barbarie humaine. Comment de telles choses ont pu se produire dans le pays de Victor Hugo, il y a moins d’un siècle et bien après les prétendues Lumières ?

Suite à cet échange, je me suis renseigné et j’ai appris qu’ « une cérémonie s’était tenue le 19 juillet 2009 au Monument commémoratif de la rafle du Vél’ d’Hiv’ à Paris, au square de la Place des martyrs juifs du vélodrome d’Hiver. La commémoration était organisée avec le soutien de la commission du souvenir du CRIF, en présence notamment du Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Hubert Falco et de David de Rothschild, Président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des Juifs de France (CRIF), de Mme Simone Veil au nom de l’Union des Déportés d’Auschwitz, Bertrand Delanoë, maire de Paris, du cardinal Vingt-Trois et de Jean Tibéri. »

J’ai appris également que pour ces juifs, la solution finale débutait là, « à cinq cents mètres de la tour Eiffel, dans ce Vélodrome où l'on entasse treize mille personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, sans sanitaires suffisants, sans nourriture, sans intimité ni endroit pour dormir et avec pour toute réponse à leurs cris de colère et de détresse un peloton de gardes républicains armés et résolus. »

Des témoignages qui attestent l’atrocité de ces faits, nous en trouvons un nombre considérable dans les livres d’histoire.

Mais pourquoi la parole de mon interlocuteur est-elle si vive ? Pourquoi les quelques mots qu’il me livre ont plus de poids pour moi qui l’écoute avec attention ?

 

Le cri d’une femme. Et à ce cri fait écho toute la douleur du monde. Les hurlements des mères palestiniennes devant les corps de leurs enfants mutilés, brûlés, massacrés. Le désespoir des familles devant leurs maisons entièrement détruites. La prison à ciel ouvert qu’est devenue la bande de Gaza…

 

Aujourd’hui.

 

Comme s’il rejoignait ma pensée, Raymond me dit : « Ils ont souffert. Ils ne devraient pas faire souffrir à leur tour les Palestiniens. »

 

J’ai rencontré Raymond au siège de l’UOIF, l’Union des organisations islamiques de France.

 

Il s’est converti à l’islam.

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Commentaires

Comparer certaines exactions du gouvernement israélien à la Shoah ne me paraît pas relever d'une parfaite probité intellectuelle.

Certains de vos amis palestiniens ne sauraient être assimilés à des enfants de coeur.

Les guerres ne sont ni justes ni saintes ; elles ne sont que sales.

P.S.: que votre ami Raymond se soit converti à l'Islam ne regarde que lui, et au fond n'apporte rien de plus à son avis. Et maintenant qu'il est musulman, je pense qu'il a dû arracher la page du dictionnaire où se trouve le mot apostasie.

Avec mes sentiments distingués.

Écrit par : Michel Sommer | 22/09/2009

"Comme s’il rejoignait ma pensée, Raymond me dit : « Ils ont souffert. Ils ne devraient pas faire souffrir à leur tour les Palestiniens. »"


C'est à se demander si le devoir de mémoire ne s'applique qu'aux autres ?!

Écrit par : Rachid | 22/09/2009

Dans le genre propagande à l'eau de rose, c'est pas mal ! Mais on décode ici un certain antiséminisme à peine voilé ! c'est le cas de le dire !

Écrit par : charognard | 22/09/2009

"Il s'est converti à l'islam". La petit phrase qui jette un léger doute sur votre note généreuse envers la communauté juive. Auriez-vous parler de cette personne si elle ne s'était pas convertie? Oseriez-vous une fois, Mr Ramadan, prendre la parole contre votre camp? Nous ne sommes pas au foot, Mr Ramadan, un endroit où la mauvaise foi règne, les insultes envers l'arbitre pleuvent. Nous sommes dans la construction, ou la destruction, du monde de demain. Il faudrait de temps en temps que le monde musulman défende aussi la démocratie devant le fanatisme de certains extrémistes. Je sais que c'est difficile pour vous car le Coran stipule qu'il est la Vérité, que tout autre façon d'interpréter le monde est fallacieuse. Mais en prenant de la hauteur, en ne négligeant pas l'autorité existante des autres cultures, vous pouvez faire un effort de compréhension vers nous, effort que vous faites au quotidien...sans échapper assez, hélas, à la coquille et la matrice de l'islam, votre religion. Bonne journée, Monsieur. Je vous renvoie à un billet que je mets sur mon blog cet après-midi. Un billet qui s'en prend vertement à l'affiche de l'UDC sur les minarets. Chez nous, la démocratie nous a appris que l'ouverture vers l'Autre c'est aussi savoir se retourner contre notre propre camp de naissance...

Écrit par : pachakmac | 22/09/2009

Là ou je trouve que c'est fort, c'est que c'est la diaspora mondiale (!!!) qui se tait devant le génocide palestinien, amnésique ou quoi ? Je ne comprend pas.

Écrit par : Nordine | 22/09/2009

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