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01/12/2009

MINARETS : LA SUISSE PRISE AU PIEGE DE LA DISCRIMINATION

 Suisses de tous les cantons, ressaisissez-vous!

Ce qui s'est passé ce dimanche 29 novembre 2009 est absolument inconcevable : dans sa grande majorité, le peuple suisse a décidé qu'une communauté  pouvait être discriminée sur le plan de ses édifices religieux. En d'autres termes, l'espace public appartient à certains citoyens plus qu'à d'autres, en fonction de leurs convictions.  Il suffit qu'ils prennent cette décision discriminatoire à la majorité des voix, contre la règle fondamentale de l'égalité de tous devant la loi.  Cela constitue une sérieuse remise en cause de l'Etat de droit.

Il est nécessaire que les Suisses se réveillent et qu'ils considèrent qu'ils sont tombés dans le piège énorme tendu par une poignée d'incendiaires irresponsables, haineux, fanatisés par un nationalisme étroit et borné. Comment un musulman suisse pourra-t-il désormais dire  à son enfant : "Vois-tu, tu es citoyen de ce pays. La communauté de ton ami chrétien peut construire des clochers. Mais ta communauté  ne peut ériger un minaret. C'est parce que tu es musulman. Peu importe! Aime ton pays!"

Allez expliquer une telle injustice aux élèves de nos institutions laïques, afin que de la sorte, ils deviennent d'authentiques citoyens !

Et qu'une telle mesure soit inscrite en toutes lettres dans notre CONSTITUTION ?

- Invraisemblable! Lamentable!

Aux dernières nouvelles transmises par les agences de presse, l'ONU dénonce clairement une discrimination contre les musulmans :

"Après l'acceptation de l'initiative sur les minarets, l'experte de l'ONU pour la liberté de religion et de croyance Asma Jahangir a condamné lundi «une claire discrimination». L'ONU étudie par ailleurs la conformité de l'interdiction des minarets avec le droit international.

Un porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a précisé que l'ONU prendra position sur le résultat du scrutin. «Des experts sont en train d'examiner la question sur le plan légal», a-t-il indiqué. Il n'a pas précisé quand la prise de position de l'ONU sera rendue publique.

Lors de la campagne, des experts de l'ONU avaient mis en garde les autorités fédérales à plusieurs reprises en raison du caractère discriminatoire de l'initiative. Le comité des droits de l'homme de l'ONU avait ainsi assuré il y a un mois qu'une telle interdiction est contraire aux obligations internationales de la Suisse sur le respect des droits de l'homme.

Lundi, l'experte de l'ONU pour la liberté de croyance Asma Jahangir a regretté le résultat du vote. «Je suis profondément préoccupée par les conséquences négatives que le résultat du vote aura sur la liberté de religion et de croyance de la communauté musulmane en Suisse», a déclaré le rapporteur spécial pour la liberté de religion et de croyance dans un communiqué.

Claire discrimination

«Une interdiction des minarets est une restriction injustifiée à la liberté de manifester sa propre religion et constitue une claire discrimination contre les membres de la communauté musulmane en Suisse», a-t-elle ajouté. «Ce vote nous rappelle qu'aucune société n'est épargnée par l'intolérance religieuse», a poursuivi Asma Jahangir.

«Il est plus que jamais nécessaire de continuer à éduquer les gens dans le respect de la diversité religieuse, afin d'encourager tous les pays à adopter une attitude positive envers les croyances des autres communautés», a-t-elle ajouté.

L'experte demande à la Suisse, signataire du Pacte de l'ONU sur les droits civils et politiques, d'assurer la liberté de pensée, de conscience et de religion, de respecter ses obligations internationales et de «prendre toutes les mesures nécessaires pour pleinement protéger la liberté de croyance de la communauté musulmane".

 ATS | 30.11.2009

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Commentaires

Cher Monsieur

A l'instar d'Israël (pays respecté en Europe, Etats Unis etc.), la Suisse devrait pouvoir s'accomoder des condamnation de l'ONU. Ou pas!

Écrit par : Valery | 01/12/2009

Il n'y a AUCUNE discrimination... dans la mesure où les muslmans - et les autres - ont l'entière liberté de pratiquer leur religion. Madame Jahangir ne sait pas de quoi elle parle. Et vous faites flèche de tout bois... mais, les chiens aboient et la caravane passe.

Vous devriez désormais cesser de mettre de l'huile sur le feu.

La Suisse vivra sans minarets. Les musulmans aussi. Il n'y a rien d'autre à ajouter.

Écrit par : Déblogueur | 01/12/2009

réponse à Valery ,

Non Non et Non!!!, il y a "une énorme discrimination", c'est une honte d'en
arriver là. Voilà, ce que devient la Suisse: un pays Xénophobe et discriminatoire, à l'instar d'autres pays en Europe. Aujourd'hui, c'est les minarets, demain les
musulmans seront considérés comme une invasion et on commencera à les discriminer
par étapes successives pour finir par les massacrer. Il ne faut pas oublier l'histoire raciste de l'Allemagne nazie ( par exemple la nuit de cristal entre le
9 et 10 novembre 1938, des synagogues et des milliers de magasins juifs sont saccagés et plusieurs milliers de morts). C'est cela que vous voulez bande de racistes, vous êtes la honte de l'humanité!!!!

Écrit par : marzouki | 02/12/2009

C’est surprenant les commentaires qui ont suivi le refus de la communauté suisse dans la question des minarets.

Comme si l’islam ne tenait qu’ à cette décision . Les suisses ont fait une erreur qui fera fuir des millions de dollar venant du Moyen Orient pour se loger pourquoi pas dans les banques francaises .

Pour la France , en tous cas , c’est l’occasion pour donner le ton adéquat et saisir l'opportunité comme il sied .

Les suisses ont-ils oubliés que leur statut de neutralité était à l’origine du gros investissement arabo musulman.

On va essayer de faire simple .

Désormais les choses vont changer et ils vont s’en rendre compte comme c’était le cas du Danemark il y a quelques années.

Un manque de diplomatie qui coute cher .Très cher .

Vont - ils essayer de se rattraper ? Quelle bavure de la part de la diaspora suisse ?

Mais les faits sont ce qu’ils sont et une manne extraordinaire se profile à l’horizon ...

Les investisseurs du Golfe ne peuvent faire confiance à un pays qui contrarie avec une telle maladresse l’image de l’islam .

Encore une fois l’ignorance helvétique à ce sujet sera la cause d’une perte inestimable arabo-musulmane .

Business is business .N’est – ce pas l’argent qui fait la politique ?

La planète est devenue , depuis la magie impériale de l’internet , un seul et unique village .

L’oublier aujourd’hui est une omission monumentale d’autant plus que nul n’est censé ignorer cette vérité o combien féconde.

Nous sommes tous des citoyens du monde .Avec nos différences et nos points communs .

Nous sommes appelés à nous unir et à nous rapprocher .Pourquoi faut il toujours un drame planétaire ou continentale pour le rappeler .

Le récent tsunami des Philippines a bien susciter des aides humanitaires de tous les coins du monde .

A – t on exiger dans ce cas précisément l’origine ou la religion de cette aide . Non !

La France comme la Suisse se doivent de donner l’exemple .De tels pays abritent déjà une forte communauté toutes races confondues .

Ils vivent en paix et en harmonie . Pour l’instant du moins. Pourquoi remettre en question tout cela ?

N ‘avons-nous pas d’autres priorités plus urgentes ?

100 000 suicides par an ! 150 décès de femmes battues annuellement !le choc des familles ! et tous les virus …


Nasrallah Belkhayate.

Écrit par : Nasrallah Belkhayate | 02/12/2009

Manipuler et interdire, sont certainement les maîtres mots du traitement que réservent à l’Islam, des organes de presse et des politiques faiseurs d’opinion en Europe.
Manipuler l’opinion publique en Suisse, la chauffer à blanc contre le musulman « envahisseur » par ses voiles, ses mosquées et ses minarets pour que, aussitôt après, la voie soit libre aux voix extrêmes qui s’expriment « démocratiquement », nous apprend-t-on, pour interdire la construction de minarets en Suisse.
Manipulation de l’opinion publique française, en accueillant, en grande pompe, une femme fouettée pour avoir mis un pantalon au Soudan. Pauvre femme sauvagement punie par des « gardiens des mœurs » aussi cruels qu’idiots.
Mais aussi, pauvre femme, qui, sortant d’un traitement inhumain, tombe dans les bras de la manipulation la plus abjecte, pour être érigée comme symbole de la liberté dans notre pays, la France, dont le parlement a voté en 2004, une loi honteuse pour priver des services de l’Education nationale des filles musulmanes qui ont réclamé la liberté de se couvrir la tête…
Tout est donc relatif dans ce monde d’hypocrites, même la liberté !
Interdire le voile à l’école, interdire la burqa dans la rue, interdire les minarets en Suisse, interdire tout débat serein, en donnant la parole aux seuls autorisés à parler. Les imams des mosquées ne sont pas ceux invités sur les plateaux télé, les islamologues autoproclamés sont obligatoirement télégéniques mais inexistants sur le terrain, et les femmes musulmanes ne s’expriment qu’à la condition de ne pas porter le voile, et ce sont celles-ci qui sont seules à expliquer ce que vivent les femmes voilées ! Bel exemple de liberté et «d’émancipation ».
Stratégie de diabolisation ; moins ils parleront, ceux-là, ces musulmans dits pratiquants, plus ils sera facile de les stigmatiser. Une femme voilée à la télé française risque de fausser les équilibres bien tenus par les gardiens de la bien pensance.

Quelle autorité a-t-on, si l’on est vraiment épris de liberté , pour décréter qu’une fille habillée en minijupe est libre de le faire, et qu’une fille voilée est obligatoirement contrainte ?
Après tous ces débats orchestrées, ces lois scélérates édictées ou préparées, on nous propose un débat sur l’identité nationale. La nation française a une identité. Une seule, comme si elle était à jamais figée, comme si elle n’acceptait aucun enrichissement, aucune multiplicité.
Certes, nous nous reconnaissons tous dans une devise : Liberté, égalité, fraternité.
Encore faut-il que l’on se mette d’accord sur ce que ces mots veulent dire.
Si la liberté signifie imposer à l’autre comment être libre, si la laïcité c’est contraindre l’autre à se débarrasser de sa religion, les français se saisiront un jour du débat que le politique veut leur imposer, au nom d’une recherche effrénée des voix des aigris, persuadés qu’il suffit de gommer les différences, de chasser l’Autre ou le réduire à néant pour se sentir soi.
Le politique, chasseur de voix jusqu’à la mort, tellement le pouvoir lui est vital, ne s’y est pas trompé en liant l’identité nationale à l’immigration. Il n’y a d’ailleurs pas plus alarmiste, plus anxiogène, chez le pauvre citoyen un peu xénophobe sur les bords, que de diffuser l’angoisse d’un lendemain ou l’étranger, musulman, prendra ses aises, continuera à fréquenter les écoles, à payer les impôts, à vouloir être libre de s’habiller comme il l’entend, de pratiquer sa religion comme bon lui semble, de s’exprimer ouvertement sans que les micros ne cryptent ses cris…bref, à vivre en dehors du regard manipulateur, et inquisiteur du politique. Mais bon, l’histoire n’est pas terminée….
Tiens, alors que je bouclais ces quelques phrases, j’apprend que le chef de l'Etat s'est entretenu avec des députés UMP mardi soir. Il leur aurait confié que le vote suisse illustrait pour lui le fait qu'"en Suisse comme en France, les gens ne veulent pas que leur pays change, qu'il soit dénaturé". On comprend mieux ce que cache le débat imposé sur l’identité nationale ; une difficulté à assumer la diversité actuelle de la France. Une difficulté à regarder vers l’avenir.
Les moyens varient, mais le malaise est le même. On accepte les musulmans, leur pratique et leur visibilité, du moment qu’ils ne pratiquent pas trop et qu’on ne les voit pas trop, et qu’ils ne s’expriment pas trop. Ce serait le modèle français universel et exportable, nous dit-on !!

Écrit par : hassan le caennais | 02/12/2009

Le 29 novembre 2009, les Suisses ont voté sur l'interdiction des minarets. Sans doute qu'après les recours qui seront très certainement déposés, ils seront peut-être à nouveau appelés aux urnes pour voter sur:

"acceptez-vous que la Constitution Suisse soit en désaccord avec les lois internationales sur la liberté de cultes?"

Je serai curieux de voir si les 57% de Suisses ayant approuvé l'initiative UDC oseront alors "confirmer" leur avis. Sans doute que ce petit vas-et-viens rappellera furieusement les présidentielles françaises de 2002... Tout comme nos amis français, lorsque nous prendrons conscience des dangers du vote "signal" de dimanche passé, nous saurons j'en suis persuadé revenir à la raison.

Écrit par : Aziz | 03/12/2009

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