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29/01/2010

Réponse à Jean-François Mabut

Il est évident que je ne peux que réprouver les actions menées contre la comédienne Rayhana et l’imam de la mosquée de Drancy. Toutefois, en ce qui concerne cette seconde information, il me semble qu’il convient de rester prudent. Lire l’article suivant paru dans Le Monde.fr :

 

Des témoignages mettent en cause la version de l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, qui a déposé plainte mardi après l'irruption la veille au soir d"'islamistes" qu'il accuse d'avoir proféré des menaces de mort à son encontre dans la mosquée où il officie. Selon le site Internet de TF1 mercredi 27 janvier, Hassen Chalghoumi n'était même pas présent lundi dans l'édifice. "Devant les questions pressantes des journalistes, M. Chalghoumi finit par reconnaître qu'il n'était effectivement pas là", écrit le site. "Mais c'était bien moi qui était visé, se défend l'imam, cité par TF1. Si j'avais été présent, c'est à moi qu'ils auraient fait du mal".

A la question de savoir si un commando de quatre-vingts personnes, comme l'affirme l'imam, avait fait irruption dans la mosquée lundi soir, les fidèles interrogés répondent que non. Ils confirment qu'un débat sur la burqa était organisé cette soirée-là, auquel une dizaine de responsables religieux participaient. TF1 rapporte un autre témoignage, celui d'Abdel Labichi, présenté comme un habitué de la mosquée, qui semble tomber des nues en apprenant les propos de Hassen Chalghoumi : "Tout est resté pacifique, assure-t-il. Il n'y a pas eu de fatwa. On n'est quand même pas en Afghanistan, ici !" Le second imam de la mosquée de Drancy, qui dirigeait la prière lundi soir, parle d'"invention complète".

"UN COMMANDO DE QUATRE-VINGTS PERSONNES"

Hassen Chalghoumi, connu pour ses bonnes relations avec la communauté juive et qui s'est prononcé la semaine dernière en faveur d'une loi interdisant le voile intégral, avait porté plainte mardi pour menaces de mort. "Un commando de quatre-vingts personnes, le visage non masqué, a fait irruption dans la mosquée, où se trouvaient quelque deux cents fidèles. Ils ont forcé le passage et se sont emparé du micro après une bousculade. Ils ont alors adressé des menaces et des anathèmes à l'adresse de l'imam, le traitant de 'mécréant', d''apostat' et affirmant : 'On va liquider son cas, à cet imam des juifs'", a rapporté lundi soir l'entourage de l'imam.

Les responsables musulmans présents lundi soir ont eux déposé plainte mardi pour diffamation. La Brigade de répression de la délinquance contre la personne de la police judiciaire parisienne a été chargée de l'enquête par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis)

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/27/drancy-d...

 

Cordialement

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25/01/2010

APPEL DES CHRETIENS OUBLIES DE PALESTINE

 

 Un moment de vérité :

Une parole de foi, d’espérance et d’amour venant du coeur de la souffrance palestinienne

Introduction

Nous, un groupe de Palestiniens chrétiens, après avoir prié, réfléchi et échangé devant Dieu sur l’épreuve que nous vivons sur notre terre, sous occupation israélienne, nous faisons entendre aujourd’hui notre cri, un cri d’espoir dans l’absence de tout espoir, uni à notre prière et à notre foi en Dieu qui veille, dans sa divine Providence, sur tous les habitants de cette terre. Nous inspirant du mystère de l’amour de Dieu pour tous et de celui de sa présence divine dans l’histoire des peuples et, plus particulièrement, dans celle de notre terre, nous voulons dire aujourd’hui notre parole, comme chrétiens et comme Palestiniens, une parole de foi, d’espérance et d’amour.

Pourquoi maintenant ? Parce que le drame du peuple palestinien est arrivé, aujourd’hui, à une impasse, et que ceux qui peuvent prendre les décisions se contentent de gérer le conflit au lieu d’agir sérieusement pour le résoudre. Cela remplit les coeurs des fidèles de peine et de questionnements : que fait la communauté internationale ? Que font les chefs politiques en Palestine, Israël et dans le monde arabe ? Et, que fait l'Eglise ? Car il ne s’agit pas simplement d’une question politique, mais, plutôt, d'une politique qui détruit la personne humaine. Et cela concerne l'Eglise.

Nous nous adressons à nos frères et soeurs dans nos Eglises ici, dans cette terre. De même que nous adressons notre appel, en tant que Palestiniens et en tant que chrétiens, à nos chefs religieux et politiques, à notre société palestinienne et à la société israélienne, aux responsables de la communauté internationale et à nos frères et soeurs dans les Eglises du monde.

1. La réalité

1.1 “Ils disent ‘Paix ! Paix !’ et il n’y a point de paix” (Jr 6,14). Tous en effet parlent de paix et de processus de paix au Moyen-Orient, alors que tout cela n’est jusqu’à maintenant que pures paroles. Alors que la réalité est l’occupation israélienne des Territoires palestiniens, notre privation de notre liberté et tout ce qui en résulte :

1.1.1 Le mur de séparation, qui a été construit sur les terrains palestiniens, en a confisqué une grande partie, a converti nos villes et nos villages en prisons et en a fait des cantons séparés et dispersés. Gaza, après la guerre cruelle déclenchée par Israël en décembre 2008 et janvier 2009, continue à vivre dans des conditions inhumaines, sous embargo permanent et reste isolée géographiquement du reste des Territoires palestiniens.

1.1.2 Les colonies israéliennes qui nous dépouillent de notre terre, au nom de Dieu ou au nom de la force, contrôlent nos ressources naturelles, surtout l’eau et les terres agricoles, dont elles privent des centaines de milliers de Palestiniens. Elles sont aujourd’hui un obstacle face à toute solution politique

1.1.3 L’humiliation à laquelle nous sommes soumis chaque jour aux points de contrôle militaires, pour nous rendre à notre travail, à nos écoles ou à nos hôpitaux.

1.1.4 La séparation entre les membres d’une même famille, qui rend la vie familiale impossible pour des milliers de Palestiniens, lorsque l’un des époux n’est pas porteur d’une carte d’identité israélienne.

 

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1.1.5 La liberté religieuse elle-même, à savoir la liberté d’accès aux lieux saints, devient limitée, sous prétexte de sécurité. Les lieux saints de Jérusalem sont inaccessibles à un grand nombre de chrétiens et de musulmans de la Cisjordanie et de Gaza. Les gens de Jérusalem eux-mêmes ne peuvent accéder à leurs lieux saints certains jours de fêtes, de même que certains de nos prêtres arabes ne peuvent entrer à Jérusalem sans difficultés.

1.1.6 Les réfugiés font partie de notre réalité. La plupart d’entre eux vivent encore dans les camps dans des situations difficiles inacceptables pour les êtres humains. Eux, qui ont le droit de retour, attendent ce retour depuis des générations. Quel sera leur sort ?

1.1.7 Les milliers de personnes détenues dans les prisons israéliennes font elles aussi partie de notre réalité. Les Israéliens remuent ciel et terre pour un seul prisonnier, mais ces milliers de prisonniers palestiniens qui croupissent dans les prisons israéliennes, quand verront-ils la liberté ?

1.1.8 Jérusalem est le coeur de notre réalité. Elle est en même temps symbole de paix et signe de conflit. Après que le “mur” a créé une séparation entre les quartiers palestiniens de la ville, les autorités israéliennes ne cessent de la vider de ses habitants palestiniens, chrétiens et musulmans. On leur confisque leur carte d'identité, c'est-à-dire leur droit de résider à Jérusalem. Leurs maisons sont démolies ou confisquées. Jérusalem, ville de la réconciliation, est devenue la ville de la discrimination et de l’exclusion, et donc source de conflit au lieu d’être source de paix.

1.2 Par ailleurs, Israël tourne en dérision le droit international et les résolutions internationales, avec l’impuissance du monde arabe comme de la communauté internationale face à ce mépris. Les droits de l’homme sont violés. Malgré les multiples rapports des organisations locales et internationales des droits de la personne, l’oppression continue.

1.2.1 Les Palestiniens de l'Etat d’Israël, tout en étant des citoyens ayant tous les droits et les devoirs que leur confère la citoyenneté, ont eux aussi subi une injustice historique et ne cessent de souffrir de politiques discriminatoires. Eux aussi attendent d’obtenir tous leurs droits et d’être traités à égalité avec tous les citoyens de l'Etat.

1.3 L’émigration est une autre dimension de notre réalité. L’absence de toute vision ou espoir de paix et de liberté a poussé les jeunes, chrétiens et musulmans, à émigrer. Le pays se voit ainsi privé de sa ressource la plus importante et la plus riche : une jeunesse instruite. La diminution du nombre de chrétiens, en particulier en Palestine, est une des graves conséquences de ce conflit, de l’impuissance et de l’échec aux niveaux local et international à trouver une solution globale au problème.

1.4 Face à cette réalité les Israéliens prétendent justifier leurs actes comme actes de légitime défense. C’est pourquoi l’occupation continue, de même que les punitions collectives et les représailles de toutes sortes contre les Palestiniens. C’est là, à notre avis, une vision renversée des choses. Oui, il y a une résistance palestinienne à l’occupation. Mais, précisément, s’il n’y avait pas d’occupation, il n’y aurait pas de résistance ; il n’y aurait eu non plus ni peur ni insécurité. Voilà ce que nous constatons, et nous appelons les Israéliens à mettre fin à l’occupation. Ils verront alors un nouveau monde, dans lequel il n’y a ni peur ni menaces, mais sécurité, justice et paix.

1.5 La riposte palestinienne face à cette réalité a revêtu de nombreuses formes. Certains ont choisi la voie des négociations : c'est là la position officielle de l'Autorité palestinienne. Mais cela n'a pas fait avancer le processus de paix. D'autres partis politiques ont eu recours à la résistance armée. Israël s'en est servi comme prétexte pour accuser les Palestiniens d'être des terroristes, ce qui lui a permis d'altérer la véritable nature du conflit, le

 

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présentant comme une guerre israélienne contre le terrorisme et non comme une résistance palestinienne légitime à l'occupation israélienne.

1.5.1 Le conflit interne entre les Palestiniens, ainsi que la séparation de Gaza du reste des territoires palestiniens n'ont fait qu'aggraver la tragédie. Il convient aussi de noter que bien que la division ait affecté les Palestiniens eux-mêmes, la responsabilité pèse pour beaucoup sur la communauté internationale, car elle a refusé d'accueillir positivement la volonté du peuple palestinien telle qu'elle a été exprimée avec les résultats des élections menées démocratiquement et légalement en 2006.

Encore une fois, nous proclamons que notre parole chrétienne, au milieu de toute notre tragédie, est une parole de foi, d'espérance et d'amour.

2. Une parole de foi

Nous croyons en Dieu, un Dieu bon et juste

2.1 Nous croyons en Dieu, un et unique, créateur de l’univers et de l’humanité, un Dieu bon, juste et aimant toutes ses créatures. Nous croyons que toute personne humaine est créée par Dieu à son image et à sa ressemblance. La dignité de l'être humain provient de celle de Dieu et elle est égale en toute personne humaine. Cela veut dire pour nous, ici et maintenant sur cette terre en particulier, que Dieu nous a créés non pour que nous nous disputions et nous affrontions, mais afin que nous nous connaissions et nous aimions les uns les autres, et pour édifier ensemble cette terre, par notre amour et notre respect mutuel.

2.1.1 Nous croyons en son Verbe éternel, son Fils unique notre Seigneur Jésus Christ, qu’il a envoyé comme Sauveur du monde.

2.1.2 Nous croyons en l’Esprit Saint qui accompagne l'Eglise et l’humanité dans leur cheminement. C’est lui qui nous aide à comprendre les Ecritures, dans les deux Testaments, formant une seule unité, ici et maintenant. C’est lui qui nous révèle la manifestation de Dieu à l’humanité, dans le passé, le présent et l’avenir.

Comment comprendre la Parole de Dieu ?

2.2 Nous croyons que Dieu a parlé à l’humanité, ici, dans notre pays : “Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les Prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles” (Hb 1, 1-2).

2.2.1 Nous, Palestiniens chrétiens, comme tout chrétien dans le monde, nous croyons que Jésus Christ est venu accomplir la Loi et les Prophètes. Il est l’alpha et l’oméga, le début et la fin. Illuminés par lui et guidés par le Saint Esprit, nous lisons les Ecritures, nous les méditons et nous les interprétons, comme le fit Jésus aux deux disciples d’Emmaüs : “Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toutes les Ecritures, ce qui le concernait” (Lc 24,27).

2.2.2 Le Christ est venu proclamer que le Royaume de Dieu est proche. Il a provoqué une révolution dans la vie et la foi de l’humanité. Il nous a porté un “enseignement nouveau” (Mc 1,27) et une lumière nouvelle pour comprendre l’Ancien Testament et les principaux sujets qui y sont mentionnés et qui ont rapport avec notre foi chrétienne et notre vie quotidienne, tels les promesses, l’élection, le peuple de Dieu et la terre. Nous croyons que la Parole de Dieu est une parole vivante qui jette une lumière nouvelle sur chacune des périodes de l’histoire. Elle manifeste aux croyants ce que Dieu dit ici et aujourd’hui. C’est pourquoi il n’est pas permis de transformer la Parole de Dieu en lettres mortes qui défigurent l’amour et la Providence de Dieu dans la vie des peuples et des personnes. C’est là le défaut des interprétations bibliques fondamentalistes, qui nous portent la mort et la destruction lorsqu'elles figent la Parole de Dieu et la transmettent, comme parole morte, de génération en

 

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génération. Cette parole morte est utilisée comme une arme dans notre histoire présente, afin de nous priver de notre droit sur notre propre terre.

La vocation universelle de notre terre

2.3. Nous croyons que notre terre a une vocation universelle. Dans cette vision d’universalité, le concept des promesses, de la terre, de l’élection et du peuple de Dieu s’ouvrent pour embrasser toute l’humanité, à commencer par tous les peuples de cette terre. A la lumière des Ecritures Saintes nous voyons que la promesse de la terre n’a jamais été à la base d’un programme politique. Elle est plutôt une introduction au salut universel, et donc le début de la proclamation du Royaume de Dieu sur terre.

2.3.1 Dieu a envoyé à cette terre les patriarches, les prophètes et les apôtres porteurs d’un message universel. Aujourd’hui nous y constituons trois religions, le judaïsme, le christianisme et l'islam. Notre terre est terre de Dieu, comme l'est tout pays dans le monde. Elle est sainte par Sa présence en elle, car lui seul est le Très Saint et le sanctificateur. Il est de notre devoir, nous qui l’habitons, de respecter la volonté de Dieu sur elle et de la libérer du mal de l’injustice et de la guerre qui est en elle. Terre de Dieu, elle doit être terre de réconciliation, de paix et d’amour. Et cela est possible. Si Dieu nous a mis, deux peuples, dans cette terre, il nous donne aussi la capacité, si nous le voulons, d’y vivre ensemble, d'y établir la justice et la paix et d’en faire vraiment une terre de Dieu : “Au Seigneur le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants” (Ps 24,1).

2.3.2 Notre présence, en tant que Palestiniens - chrétiens ou musulmans - sur cette terre n’est pas un accident. Elle a des racines profondes liées à l’histoire et à la géographie de cette terre, comme c’est le cas de tout peuple aujourd’hui qui vit sur sa terre. Une injustice a été commise à notre égard, lorsqu’on nous a déracinés. L'Occident a voulu réparer l’injustice qu’il avait commise à l’égard des juifs dans les pays d’Europe, et il l’a fait à nos dépens et sur notre terre. Il a ainsi réparé une injustice en en créant une autre.

2.3.3 De plus, nous voyons certains théologiens occidentaux vouloir donner eux aussi une légitimité théologique et scripturaire à l’injustice commise à notre égard. Selon leurs interprétations, les promesses sont devenues une “menace pour notre existence”, et la “bonne nouvelle” même de l'Evangile est devenue pour nous une “une annonce de mort”. Nous invitons ces théologiens à approfondir leur réflexion sur la Parole de Dieu et à rectifier leurs interprétations, de sorte à voir dans la Parole de Dieu une source de vie pour tous les peuples.

2.3.4 Notre lien avec cette terre est un un droit naturel. Ce n’est pas seulement une question d’idéologie ou de théorie théologique. Pour nous, c’est une question de vie ou de mort. Certains ne sont pas d’accord avec nous, et nous traitent même en ennemis pour la seule raison que nous voulons vivre libres sur notre terre. Parce que Palestiniens, nous souffrons à cause de l’occupation de notre terre, et parce que chrétiens, nous souffrons des fausses interprétations de certains théologiens. Face à cela, notre rôle consiste à rester fidèles à la Parole de Dieu, source de vie, non de mort, et à conserver la “bonne nouvelle” comme elle est, “bonne” pour nous et pour tous les hommes. Face à ceux qui menacent notre existence comme Palestiniens, musulmans et chrétiens, par les Ecritures Saintes, nous renouvelons notre foi en Dieu, car nous savons que la Parole de Dieu ne peut pas être pour nous une source de mort.

2.4 Nous déclarons donc que le recours à l’Ecriture Sainte pour justifier ou soutenir des choix ou des positions politiques se fondant sur l'injustice, imposés par un homme à son prochain ou par un peuple à un autre, transforme la religion en idéologie humaine et prive la Parole de Dieu de sa sainteté, de son universalité et de sa vérité.

 

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2.5 Nous déclarons également que l’occupation israélienne des Territoires palestiniens est un péché contre Dieu et contre la personne humaine, car elle prive les Palestiniens des droits humains fondamentaux que Dieu leur a accordés, et défigure l’image de Dieu dans les Israéliens - devenus occupants - comme dans les Palestiniens, soumis à l’occupation. Toute théologie qui prétend justifier l’occupation en se basant sur les Ecritures, la foi ou l'histoire est bien loin des enseignements chrétiens, car elle appelle à la violence et à la guerre sainte au nom de Dieu, le soumettant à des intérêts humains du “moment présent” et déformant son image dans les êtres humains qui subissent une injustice politique et théologique.

 

3. L’espérance

3.1 Bien qu'il n’y ait apparemment aucune lueur d’espoir, notre espérance reste ferme. La situation présente, en effet, n’annonce aucune solution proche, ni la fin de l’occupation qui nous est imposée. Les initiatives sont certes nombreuses, de même que les congrès, les visites et les pourparlers, mais tout cela n’est suivi d’aucun changement dans notre réalité et nos souffrances. Même la nouvelle position des Etats-Unis, annoncée par le président Obama, et sa volonté manifeste de mettre fin à ce drame, a été incapable d’y apporter un quelconque changement. La réponse israélienne, refusant catégoriquement toute solution, ne laisse aucune place à l’espoir. Malgré cela, notre espérance reste ferme, car nous la tenons de Dieu. Il est bon, tout-puissant et aimant. Sa bonté finira par vaincre un jour le mal dans lequel nous vivons. Saint Paul nous dit : “Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la nudité, les périls, le glaive ? Selon le mot de l’Ecriture : A cause de toi, l’on nous met à mort tout le long du jour.... aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu” (Rm 8,31.35.36.39).

Que veut dire espérer ?

3.2 L’espérance qui est en nous signifie en tout premier lieu croire en Dieu et, deuxièmement, aspirer malgré tout à un avenir meilleur. Enfin, elle signifie ne pas fonder notre espoir sur des illusions, car nous savons que la solution n’est pas proche. Espérer veut dire être capable de voir Dieu au milieu de l’épreuve et d’agir avec son Esprit en nous. A partir de cette vision nous puisons la force pour persévérer, survivre et nous efforcer de changer notre réalité. Espérer veut dire ne pas se résigner devant le mal, mais dire non à l’oppression et à l’humiliation, et continuer à résister au mal. Nous ne voyons que destruction dans le présent et dans l’avenir ; nous voyons la tyrannie du plus fort et sa volonté d’imposer davantage de séparation raciste et de promulguer des lois qui bafouent notre dignité et notre existence. Nous voyons aussi perplexité et division parmi les Palestiniens. Cependant, si, aujourd’hui, nous résistons et agissons de toutes nos forces, peut-être que la ruine qui se dessine à l’horizon n’aura pas lieu.

Signes d’espérance

3.3 L’Eglise - ses chefs et ses fidèles - sur cette terre, montre de nombreux signes d’espérance, malgré sa faiblesse et ses divisions. Nos communautés paroissiales sont vivantes. Les jeunes y sont des messagers actifs pour la justice et la paix. Outre l’engagement des personnes, les institutions diverses des Eglises font de la présence chrétienne une présence active, de service, de prière et d’amour.

3.3.1 Parmi les signes d’espérance, il y a les nombreux centres locaux de théologie, qui ont un caractère social et religieux, dans toutes nos Eglises. Le caractère oecuménique, malgré certaines hésitations, se manifeste de plus en plus dans les rencontres entre les différentes familles d’Eglises.

 

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3.3.2 Les nombreux dialogues interreligieux sont aussi autant de signes d’espérance, notamment le dialogue islamo-chrétien, au niveau des responsables comme au niveau d’une partie du peuple. Toutefois, il faut savoir que le dialogue est une longue marche et un effort qui se perfectionne jour après jour, en vivant les mêmes épreuves et les mêmes attentes. Le dialogue existe aussi entre les trois religions - judaïsme, christianisme et islam - et nombre d’autres dialogues ont lieu aux niveaux académique ou social. Tous ces dialogues s'efforcent d'abattre les murs qu’impose l’occupation et de s’opposer à la déformation de l’image de l’autre dans le coeur de ses frères et soeurs.

3.3.3 Parmi les signes les plus importants d’espérance, il faut mentionner la constance des générations qui croient à la justice de leur cause ainsi que la persévérance de la mémoire, qui n’oublie pas la catastrophe, “la nakba” et sa signification. La même prise de conscience est à l’oeuvre dans de nombreuses Eglises à travers le monde, qui désirent mieux connaître la vérité sur ce qui se passe ici.

3.3.4 De plus, nous voyons, chez beaucoup de gens, une détermination à dépasser les rancunes du passé. Ils sont prêts à la réconciliation une fois la justice rétablie. Le monde prend conscience de la nécessité de restaurer les droits politiques des Palestiniens. Des voix juives et israéliennes plaidant pour la paix et la justice s'élèvent à cette fin, soutenues aussi par la communauté internationale. Il est vrai que ceux qui sont pour la justice et la réconciliation restent impuissants à mettre fin à l’injustice. Ils représentent cependant une force humaine qui a son importance et pourrait abréger le temps de l’épreuve et rapprocher celui de la réconciliation.

Mission de l’Eglise

3.4 Notre Eglise est une Eglise d’hommes et de femmes qui prient et servent. Leur prière et leur service sont une prophétie qui porte la voix de Dieu dans le présent et l’avenir. Tout ce qui arrive dans notre pays et à toute personne humaine qui l’habite, toutes les épreuves et les espérances, toute injustice et tout effort pour l’arrêter, tout cela est une partie de la prière de notre Eglise et du service de toutes ses institutions. Nous remercions le Seigneur parce qu’elle élève sa voix contre l’injustice, bien que certains voudraient qu’elle reste dans son silence, isolée dans ses dévotions.

3.4.1 La mission de l’Eglise est une mission prophétique qui proclame la Parole de Dieu dans le contexte local et dans les événements quotidiens, avec audace, douceur et amour pour tous. Et si l’Eglise prend un parti, c’est celui de l’opprimé. Elle se tient à ses côtés, de même que Jésus s’est mis du côté du pauvre et du pécheur qu’il a appelé à se repentir, à vivre et à retrouver la dignité que Dieu lui a donnée et dont personne n'a le droit de le priver.

3.4.2 La mission de l’Eglise consiste à annoncer le royaume de Dieu, un royaume de justice, de paix et de dignité. Notre vocation comme Eglise vivante est de témoigner de la bonté de Dieu, et de la dignité de la personne humaine. Nous sommes appelés à prier et à élever notre voix pour annoncer une société nouvelle où les hommes croient en leur dignité et en celle de leur adversaire.

3.4.3 L’Eglise annonce le Royaume de Dieu, qui ne peut être lié à aucun régime terrestre. Jésus dit devant Pilate : “Oui, je suis roi, mais mon royaume n’est pas de ce monde” (cf. Jn 18,36.37). Saint Paul dit : “Le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint” (Rm 14,17). C’est pourquoi la religion ne soutient et ne défend aucun régime politique injuste. Elle soutient et défend la justice, la vérité et la dignité humaine et essaie de porter la purification nécessaire dans les régimes qui pratiquent l’injustice et violent la dignité de la personne humaine. Le royaume de Dieu ne peut être lié à aucun système politique, car il est plus grand, plus universel que tout système politique en particulier.

 

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3.4.4 Jésus dit : “Le royaume de Dieu est parmi vous” (cf. Lc 17,21). Cette présence en nous et parmi nous est l’extension du mystère de la Rédemption et c’est la présence de Dieu parmi nous et le fait d’en prendre conscience en tout ce que nous faisons ou disons. Devant cette présence divine, nous agissons jusqu’à ce que soit accomplie la justice que nous attendons sur cette terre.

3.4.5 Les dures circonstances qu’a vécues et que vit encore notre Eglise palestinienne l’ont amenée à purifier sa foi et à mieux connaître sa vocation. Nous avons réfléchi sur notre vocation et nous l’avons mieux découverte au milieu de la souffrance et de l’épreuve : aujourd’hui nous portons en nous la force de l’amour, non pas celle de la vengeance ; la culture de la vie, non pas celle de la mort. Ceci est source d’espoir pour nous, pour l’Eglise et pour le monde.

3.5 La Résurrection est le fondement de notre espérance. Jésus est ressuscité, vainqueur de la mort et du mal. Ainsi pouvons-nous, nous aussi, et tous les habitants de cette terre, vaincre le mal de la guerre grâce à elle. Quant à nous, nous resterons une Eglise de témoins, persévérante et agissante sur la terre de la Résurrection.

4. L’amour

Le commandement de l’amour

4.1 Le Christ nous a dit : “Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés” (Jn 13,24). Il nous a déjà montré comment aimer et comment traiter nos ennemis. Il a dit : “Vous avez entendu qu’il a été dit : aimez vos amis et haïssez vos ennemis. Moi, je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et les bons et tomber la pluie sur les justes et injustes” (Mt 5,45-47).

Saint Paul dit : “Ne rendez pas le mal pour le mal” (Rm 12,17) et saint Pierre : "Ne rendez pas mal pour mal, insulte pour insulte. Bénissez au contraire, car c’est à cela que vous êtes appelés, afin d’hériter la bénédiction” (1P 3,9).

La résistance

4.2 Les paroles de Jésus sont claires. Aimer, voilà ce qu’il nous a donné comme commandement : aimer les amis et les ennemis. Voilà une directive claire, lorsque nous nous trouvons dans des circonstances dans lesquelles nous devons résister au mal, quel qu’il soit.

4.2.1 Aimer c’est voir le visage de Dieu en tout être humain. Toute personne est mon frère et ma soeur. Néanmoins, voir le visage de Dieu en toute personne ne veut pas dire consentir au mal ou à l’oppression de sa part. L’amour consiste plutôt à corriger le mal et à arrêter l’oppression.

L’injustice imposée au peuple palestinien, c’est-à-.dire l’occupation israélienne, est un mal auquel il faut résister. C’est un mal et un péché auquel il faut résister et qu’il faut écarter. Cette responsabilité incombe tout d’abord aux Palestiniens eux-mêmes qui subissent l’occupation. L’amour chrétien en effet appelle à la résistance à l’occupation, mais l’amour met fin au mal, en prenant les voies de la justice. Elle incombe ensuite à la communauté internationale, car la légitimité internationale gouverne aujourd’hui les rapports entre les peuples, et c’est en fin l’oppresseur lui-même qui doit se libérer du mal qui est en lui et de l’injustice qu’il exerce contre les autres..

4.2.2 Lorsque nous passons en revue l’histoire des peuples nous y trouvons des guerres fréquentes. Nous y trouvons la résistance à la guerre par la guerre, et à la violence par la violence. Le peuple palestinien a tout simplement pris la route de tous les peuples, surtout dans les premières phases de sa lutte contre l’occupation israélienne. Mais il a aussi résisté

 

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pacifiquement, notamment durant sa première intifada. Avec tout cela, nous voyons que tous les peuples doivent s’engager dans une nouvelle voie dans leurs rapports les uns avec les autres et pour la solution de leurs conflits : éviter les voies de la force militaire et recourir aux voies de la justice. Cela s’impose en premier lieu aux peuples puissants militairement qui exercent l’injustice à l’égard de peuples plus faibles.

4.2.3 Nous disons que notre option chrétienne face à l’occupation israélienne est la résistance ; c'est là un droit et un devoir des chrétiens. Or cette résistance doit suivre la logique de l’amour. Elle doit donc être créative, c'est-à-dire qu'il lui faut trouver les moyens humains qui parlent à l’humanité de l’ennemi lui-même. Le fait de voir l’image de Dieu dans le visage de l’ennemi même et de prendre des positions de résistance à la lumière de cette vision est le moyen le plus efficace pour arrêter l’oppression et contraindre l’oppresseur à mettre fin à son agression et, ainsi, atteindre le but voulu : récupérer la terre, la liberté, la dignité et l’indépendance.

4.2.4 Le Christ nous a donné un exemple à suivre. Nous devons résister au mal, mais il nous a enseigné de ne pas résister au mal par le mal. C’est un commandement difficile, surtout lorsque l’ennemi s’obstine dans sa tyrannie et persiste à nier notre droit à exister ici dans notre terre. C’est un commandement difficile. Mais c’est le seul qui peut tenir tête aux déclarations claires et explicites des autorités israéliennes refusant notre existence ou à leurs divers prétextes pour continuer à nous imposer l’occupation.

4.2.5 La résistance au mal de l’occupation s’insère donc dans cet amour chrétien qui refuse le mal et le corrige. C’est une résistance à l’injustice sous toutes ses formes et avec les moyens qui rentrent dans la logique de l’amour. Nous investissons toutes nos énergies pour faire la paix. Nous pouvons recourir à la désobéissance civile. Nous résistons, non par la mort, mais par le respect de la vie. Nous respectons et vénérons tous ceux qui ont donné leur vie pour la patrie. Et nous disons aussi que chaque citoyen doit être prêt à défendre sa vie, sa liberté et sa terre.

4.2.6 L'appel lancé par des organisations civiles palestiniennes, des organisations internationales, des ONG et certaines institutions religieuses aux individus, entreprises et Etats en faveur d'un boycott économique et commercial de tout produit de l’occupation, s’insère dans la logique de la résistance pacifique. Ces campagnes de soutien et de solidarité doivent se faire avec courage, tout en proclamant sincèrement et clairement que leur but n’est pas de se venger de qui que ce soit, mais de mettre fin au mal qui existe, pour en libérer l’oppresseur et l’opprimé. L'objectif est d'affranchir les deux peuples des positions extrémistes des différents gouvernements israéliens, afin de parvenir enfin à la justice et à la réconciliation. Avec cet esprit et cette action, nous finirons par arriver à la solution tant attendue, comme cela s’est réalisé en Afrique du Sud et pour d’autres mouvements de libération dans le monde.

4.3 Par notre amour nous dépassons les injustices pour jeter les bases d’une nouvelle société, pour nous et pour nos adversaires. Notre avenir et le leur ne font qu’un : ou bien un cercle de violence dans lequel nous périssons ensemble, ou bien une paix dont nous jouissons ensemble. Nous invitons les Israéliens à renoncer à leur injustice à notre égard, à ne pas déformer la vérité de l’occupation en prétendant lutter contre le terrorisme. Les racines du “terrorisme” sont l’oppression de la personne humaine et le mal de l’occupation. Il faut que cela disparaisse si vraiment il y a une volonté sincère de mettre fin au “terrorisme”. Nous invitons les Israéliens à être partenaires de paix et non partenaires dans un cycle de violence sans fin. Ensemble, nous résistons au mal, celui de l’occupation, et celui du cycle infernal de la violence.

 

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5. Appel à nos frères et soeurs dans la foi

5.1 Nous sommes aujourd’hui tous dans l’impasse, et nous nous trouvons face à un avenir menaçant. Notre parole à nos frères et soeurs dans la foi est une parole d’espoir, de patience, de persévérance, et d’un effort toujours renouvelé pour préparer un avenir meilleur. Une parole qui nous dit à tous : nous sommes, dans cette terre, porteurs d’un message, et nous continuerons à le porter, même entre les épines, le sang et les difficultés quotidiennes. Nous mettons notre espoir en Dieu. C’est lui qui nous accordera la paix à l’heure qu’il voudra. Mais en même temps nous agissons. Avec lui et selon sa volonté divine, nous continuons d'agir, de construire, de résister au mal et de rapprocher l’heure de la justice et de la paix.

5.2 Nous leur disons : C’est un temps de pénitence, qui nous ramène à la communion de l’amour avec tout souffrant, avec les prisonniers, les blessés, ceux qui ont été atteints d’un handicap pour un temps ou pour toujours, avec les enfants qui ne peuvent vivre leur enfance, avec tous ceux qui pleurent quelqu’un qui leur est cher. La communion de l’amour dit au croyant en esprit et en vérité : mon frère est prisonnier, je suis donc moi prisonnier. Mon frère a sa maison démolie, c’est ma maison qui est démolie. Mon frère a été tué, c’est moi qui ai été tué. Nous faisons face aux mêmes défis. Nous sommes partie prenante de tout ce qui s’est passé et se passe encore. Peut-être que nous nous sommes tus, nous, fidèles ou chefs d’Eglises, alors qu’il fallait élever la voix pour condamner l’oppression et partager l’épreuve. C’est maintenant un temps de pénitence, pour le silence, l’indifférence, le manque de communion, ou parce que nous n’avons pas été fidèles à notre témoignage dans cette terre alors nous avons choisi d’émigrer, ou parce que nous n’avons pas assez réfléchi et agi pour arriver à une vision nouvelle qui nous unit alors nous nous sommes divisés, donnant un contre témoignage, affaiblissant ainsi notre parole. Une pénitence, pour nous être préoccupés de nos institutions aux dépens de notre message, et pour cela nous avons fait taire la voix prophétique que l’Esprit donne aux Eglises.

5.3 Nous invitons les chrétiens à résister dans ces temps difficiles, comme nous l’avons fait à travers les siècles et la succession des Etats et des gouvernements. Soyez patients, constants, pleins d’espoir et remplissez de cet espoir le coeur de tout frère et de toute soeur qui partage avec vous la même difficulté. Soyez “toujours prêt à répondre à quiconque demande raison de l’espérance qui est en vous” (1P 3,15). Soyez toujours actifs, partageant tous les sacrifices que requiert la résistance selon la logique de l’amour, afin de triompher de l’épreuve que nous endurons.

5.4 Notre communauté est petite, mais notre mission est grande et importante. Le pays a un grand besoin d’amour. Notre amour est un message pour les musulmans, pour les juifs et pour le monde.

5.4.1 Notre message aux musulmans est un message d’amour et de convivialité et un appel à rejeter le fanatisme et l’extrémisme. C’est aussi un message pour le monde, pour lui dire que les musulmans ne sont pas un objet de combat ou un lieu de terrorisme, mais un but de paix et de dialogue.

5.4.2 Notre message aux juifs leur dit : “ Si, dans le passé récent, nous nous sommes combattus, et aujourd’hui encore nous ne cessons de nous combattre, nous sommes cependant capables d’amour et de vie ensemble, aujourd’hui et demain. Nous sommes capables d’organiser notre vie politique avec toutes ses complexités selon la logique et la force de l’amour, une fois l’occupation terminée et la justice rétablie.”

5.4.3 La parole de foi dit à tous ceux qui sont engagés dans l’action politique : l’homme n’est pas créé pour haïr. Il n’est pas permis de haïr. Il ne vous est pas permis de tuer

 

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ni de vous faire tuer. La culture de l’amour est la culture de l’acceptation de l’autre. Par elle, la personne atteint sa propre perfection, et la société réalise sa stabilité.

6. Appel aux Eglises du monde

6.1. Notre appel aux Eglises du monde est d’abord l’expression de notre reconnaissance pour leur solidarité, par leur parole, leur action et leur présence parmi nous. C’est une parole d’appréciation pour la position de plusieurs Eglises et chrétiens qui soutiennent le droit du peuple palestinien à son auto-détermination. C’est aussi un message de solidarité avec ces Eglises et ces chrétiens qui souffrent parce qu'ils défendent le droit et la justice.

Mais c’est aussi un appel à la conversion et à la révision de certaines positions théologiques fondamentalistes qui soutiennent des positions politiques injustes à l’égard du peuple palestinien. C’est un appel à prendre le parti de l’opprimé, à faire en sorte que la Parole de Dieu reste une annonce de bonne nouvelle pour tous, et à ne pas la transformer en une arme qui tue l’opprimé. La Parole de Dieu est une parole d’amour pour toutes ses créatures. Dieu n’est l’allié de personne contre personne. Il n’est pas non plus l’adversaire avec l’un face à l’autre. Il est le Seigneur de tous. Il aime tous, il demande justice à tous et il donne ses mêmes commandements à tous. C’est pourquoi nous demandons aux Eglises de ne pas donner une couverture théologique à l’injustice dans laquelle nous vivons, c’est-à-dire le péché de l’occupation qui nous est imposée. La question que nous adressons aujourd'hui à nos frères et soeurs dans toutes les Eglises est la suivante : pouvez-vous nous aider à retrouver notre liberté ? Ainsi seulement vous aiderez les deux peuples de cette terre à parvenir à la justice, à la paix, à la sécurité et à l’amour.

6.2 Pour comprendre notre réalité, nous disons aux Eglises : venez et voyez. Notre rôle consiste à vous faire connaître la vérité et à vous accueillir comme pèlerins qui viennent pour prier et remplir une mission de paix, d’amour et de réconciliation. Venez connaître les faits et découvrir les gens qui peuplent cette terre, Palestiniens et Israéliens.

6.3 Nous condamnons toute forme de racisme, religieux ou ethnique, y compris l’antisémitisme et l’islamophobie et nous vous invitons à condamner tout racisme et à vous y opposer fermement de quelque façon qu’il se manifeste. Avec cela, nous vous invitons à dire une parole de vérité et à prendre des positions de vérité en ce qui concerne l’occupation du Territoire palestinien par Israël. Et, comme nous l'avons déjà dit, nous voyons dans le boycottage et le retrait des investissements un moyen non violent pour atteindre la justice, la paix et la sécurité pour tous

7. Appel à la communauté internationale

Nous demandons à la communauté internationale de cesser la pratique “des deux poids deux mesures” et d’appliquer à toutes les parties les résolutions internationales qui ont trait à la question palestinienne. Car l’application de la loi internationale aux uns et sa non-application aux autres laisse la porte grande ouverte à la loi de la jungle. Cela justifie aussi les prétentions de groupes armés et de nombreux pays qui disent que la communauté internationale ne comprend que le langage de la force. Nous vous invitons aussi à écouter l’appel des organisations civiles et religieuses mentionnées plus haut pour commencer à appliquer à l'égard d'Israël le système des sanctions économiques et du boycott. Nous le répétons encore une fois, il ne s’agit pas de se venger, mais de parvenir à une action sérieuse pour une paix juste et définitive, qui mette fin à l’occupation israélienne des Territoires palestiniens et d’autres territoires arabes occupés, et qui garantisse la sécurité et la paix à tous

 

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8. Appel aux chefs religieux juifs et musulmans

Nous adressons enfin un appel aux chefs religieux et spirituels, juifs et musulmans, avec qui nous partageons la même vision : toute personne humaine est créée par Dieu et tient de lui la même dignité. D’où l’obligation de défendre l’opprimé et la dignité que Dieu lui a accordée. Ainsi, nous nous élevons ensemble au-dessus des positions politiques qui ont échoué jusqu’à maintenant et continuent à nous mener dans les voies de l’échec et de l’épreuve. En effet, les voies de l’Esprit sont différentes de celles des pouvoirs de cette terre, car “les voies de Dieu sont toutes miséricorde et vérité” (Ps 25/24,10).

9. Appel à notre peuple palestinien et aux Israéliens

9.1 C’est un appel à voir le visage de Dieu en chacune de ses créatures, et à aller au-delà des barrières de la peur ou de la race, pour établir un dialogue constructeur, non pour persister dans des manoeuvres qui n’en finissent jamais et qui n’ont pour but que de maintenir la situation telle qu’elle est. Notre appel vise à parvenir à une vision commune bâtie sur l’égalité et le partage, non sur la supériorité, ni sur la négation de l’autre ou l’agression, sous prétexte de peur et de sécurité. Nous disons que l’amour est possible et que la confiance mutuelle est possible. Donc, la paix aussi est possible, tout comme la réconciliation définitive. Ainsi la sécurité et la justice pour tous se réaliseront-elles.

9.2 Le domaine de l’éducation est important. Il faut que les programmes d’éducation fassent connaître l’autre tel qu’il est et non à travers le prisme de la querelle, de l’hostilité ou du fanatisme religieux. En fait, les programmes de l’éducation religieuse et humaine sont aujourd’hui empreints de cette hostilité Il est temps de commencer une éducation nouvelle qui fait voir le visage de Dieu dans l’autre et qui dit que nous sommes capables de nous aimer les uns les autres et de construire ensemble notre avenir de paix et de sécurité.

9.3 Le caractère religieux de l’Etat, qu’il soit juif ou musulman, étouffe l’Etat, le tient prisonnier dans des limites étroites, en fait un Etat qui préfère un citoyen à l’autre et pratique l’exclusion et la discrimination entre ses citoyens. Notre appel aux juifs et aux musulmans religieux est le suivant : que l’Etat soit pour tous ses citoyens, bâti sur le respect de la religion, mais aussi sur l’égalité, la justice, la liberté et le respect du pluralisme, non sur la domination du nombre ou de la religion.

9.4 Aux dirigeants palestiniens, nous disons que les divisions internes ne font que nous affaiblir et augmenter nos souffrances, alors que rien ne les justifie. Pour le bien du peuple, qui passe avant celui des partis, il faut y mettre fin. Nous demandons à la communauté internationale de contribuer à cette union et de respecter la volonté du peuple palestinien librement exprimée.

9.5 Jérusalem est la base de notre vision et de toute notre vie. Elle est la ville à laquelle Dieu a donné une importance particulière dans l’histoire de l’humanité. Elle est la ville vers laquelle tous les peuples s’acheminent et où ils se rencontrent dans l’amitié et l’amour en présence du Dieu un et unique, selon la vision du prophète Esaïe : “Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de Dieu sera établie en tête des montagnes et s’élèvera au-dessus des collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle…. Il jugera entre les nations, il sera l’arbitre de peuples nombreux. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à faire la guerre” (Is 2, 2-5).

C’est sur cette vision prophétique et sur la légitimité internationale concernant l’ensemble de Jérusalem – habitée aujourd’hui par deux peuples et trois religions - que doit se

 

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fonder toute solution politique. C’est le premier point à traiter dans les pourparlers, car la reconnaissance de sa sainteté et de sa vocation sera une source d’inspiration pour la résolution de l'ensemble du problème, qui relève de la confiance mutuelle et de la capacité à construire une “nouvelle terre” sur cette terre de Dieu.

Espérance et foi en Dieu

10. En l’absence de tout espoir, nous faisons entendre aujourd’hui notre cri d’espérance. Nous croyons en un Dieu bon et juste. Nous croyons que sa bonté finira par triompher sur le mal de la haine et de la mort qui règnent encore sur notre terre. Et nous finirons par entrevoir une “terre nouvelle” et un “homme nouveau”, capable de s’élever par son esprit jusqu’à l’amour de tous ses frères et soeurs qui habitent cette terre.

•Sa Béatitude le Patriarche Michel Sabbah

•Sa Grace l’Évêque Dr. Munib Younan

•Son Éminence l’Archevêque Atallah Hanna

•Rev. Dr Jamal Khader

•Rev. Dr Rafiq Khoury

•Rev. Dr Mitri Raheb

•Rev. Dr Naim Ateek

•Rev. Dr Yohana Katanacho

• Rev. Fr Fadi Diab

•Dr Jiries Khoury

•Mme Sider Daibes

•Mme Nora Kort

•Mme Lucy Thaljieh

•Mr Nidal Abu Zulof

•Mr Yusef Daher

•Mr Rifat Kassis - Coordinateur de l’initiative

 

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24/01/2010

Visages de l’imposture : BHL

 

 

BHL persiste régulièrement à défendre Polanski en parlant de détournement de mineur, alors qu’il est question de viol. Toute son œuvre « philosophique » – et en particulier ce qu’il dit de l’islam – est du même registre : celui d’une imposture médiatisée fondée sur la malhonnêteté intellectuelle la plus criante.

 

Lire : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-09-28/temoignage-samantha-geimer-violee-a-13-ans/924/0/381009

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22/01/2010

Un sermon du vendredi

Sur le bon comportement moral

 

Nous témoignons qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muhammad est son Messager, qui a été envoyé pour parachever les plus nobles caractères.

Le Coran a désigné le Prophète comme étant le meilleur modèle en ce qui concerne le comportement moral. Dieu dit à son Messager: « Tu es certes d’un caractère éminent. » (Coran, 68, 4)

C’est le Prophète qui a assimilé à la perfection la Révélation qui lui venait du ciel, et qui en a donné un modèle vivant par son comportement et son engagement communautaire.

Bien plus, il a, par ses paroles, encouragé la communauté à suivre sa voie.

Le Prophète a dit : « Parmi les meilleurs d’entre vous, il y a ceux qui ont le meilleur caractère. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Le Prophète a dit encore : « Parmi ceux que j’aimerai le plus et qui seront ma plus proche assemblée au Jour de la résurrection, il y aura ceux qui ont le meilleur caractère. Ceux que j’aurai le plus en aversion et qui seront les plus éloignés de moi au Jour de la résurrection sont les palabreurs (les bavards), les beaux parleurs, les gens prolixes. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager de Dieu, nous connaissons les bavards et les beaux parleurs, mais qui sont les gens prolixes ? »Il répondit : « Les orgueilleux. » (At-Tirmidhî)

Lorsque le Prophète fut interrogé sur ce qui ferait le plus entrer les gens au Paradis, il dit : « La crainte de Dieu, et le bon caractère. » Il affirma également : « Les croyants dont la foi est la plus complète sont ceux qui ont le meilleur caractère. » (At-Tirmidhî)

Et le Prophète a dit encore : «  Il n’y a rien qui ait plus de poids dans la balance (la balance avec laquelle seront pesées les bonnes actions) que le bon caractère. » (Ahmad)

Il déclara aussi : « Crains Dieu où que tu sois. Fais suivre la mauvaise action d’une bonne action, elle l’effacera. Et comporte-toi avec les gens en ayant un bon caractère. » (At-Tirmidhî)

Abû Dâwûd rapporte que le Messager de Dieu a dit : « Certes, le croyant atteint par le bon caractère le degré de celui qui jeûne et veille en prière. » Le Prophète a également dit : « Je garantis une demeure dans l’enceinte du Paradis à quiconque abandonne les vaines polémiques, même s’il est dans son droit (s’il a raison). Je garantis une demeure au centre du Paradis à quiconque évite le mensonge, même en plaisantant. Je garantis une demeure au sommet du Paradis pour celui dont le caractère est bon. » (Abû Dâwûd)

 

Mes frères et sœurs en Islam, le fait de mettre en pratique ces enseignements du Prophète  a pour nous des conséquences heureuses dans cette vie et dans l’au-delà. Les fruits du bon comportement moral sont nombreux :

Celui qui parfait ainsi son caractère selon l’éthique musulmane obtient le bonheur intérieur et la paix de l’âme. Combien y a-t-il de joie dans l’aide que l’on porte à ceux qui sont dans le besoin et qui sont faibles. Al-Bukhârî rapporte que le Prophète a dit : « Celui qui soulage un musulman d’une affliction, Dieu le soulagera d’une affliction au Jour de la résurrection. Celui qui protège un musulman, Dieu le protégera au Jour de la résurrection. » Autre sens : « Celui qui cache l’erreur (ou le défaut) d’un musulman, Dieu cachera son erreur (ou son défaut) au Jour de la résurrection. »

Autre fruit du bon comportement : celui qui agit avec un bon caractère devient un modèle respecté : on suit son exemple, et les démunis, ceux qui sont dans le besoin se réfugient auprès de lui. Les gens ont confiance en lui.

Autre fruit : le bon comportement renforce les liens d’amour et de fraternité entre les membres de la communauté. En Islam, chacun aime pour les autres ce qu’il aime pour lui-même. Le Prophète a dit : « Il en est des croyants dans la tendresse, la miséricorde et la bonté qu’ils se portent mutuellement comme d’un seul corps. Si l’un de ses membres se plaint, tout le reste du corps se mobilise en état de veille et de fièvre. » (Muslim)

Autre fruit : le bon caractère confère à l’homme une forme de noblesse et est une garantie de réussite dans ce qu’il entreprend.

A cela s’ajoute bien sûr les fruits éternels qu’il retirera au Paradis.

 

Mes frères et sœurs, le monde entier aujourd’hui s’interroge sur l’Islam et les musulmans. Il observe notre comportement bien plus que nos paroles et nos discours. S’il voit que la main des croyants rejette toute action douteuse et vile, s’il observe des cœurs nobles, des natures aimables, des intentions pures, une honnêteté édifiante dans les rapports sociaux ; s’il voit la sincérité et la fidélité dans les engagements, l’amour et la fraternité dans le comportement, - alors cette image peut suffire à le convaincre de la vérité de l’Islam.

Aujourd’hui, en Occident, l’essentiel de la da‘wa (du message) doit passer par ce comportement exemplaire. Nous ne disposons pas des médias et des moyens de communication qui jour après jour cherchent à rendre repoussante la religion musulmane.

Mais nous disposons de nous-mêmes, et nous devons appliquer nous-mêmes l’Islam si nous voulons qu’il soit compris par notre entourage.

 

Nous demandons à Dieu qu’Il purifie nos cœurs et nous rende meilleurs. Allâhumma âmîn !

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14/01/2010

Le cœur tourné vers Dieu

Un signe que le cœur est sain, c’est de le voir se détourner de ce monde et tendre vers l’au-delà, comme si déjà il était ailleurs. Il est venu en ce monde comme un étranger, pour en prendre ce dont il avait besoin, et pour revenir vers sa patrie. Comme l’a dit le Prophète Muhammad à ‘Abd-Allâh Ibn ‘Umar : « Sois en ce monde tel un étranger ou un passant. » (Hadith rapporté par Al-Bukhârî) Et dans la version de At-Tirmidhî : « Sois en ce monde tel un étranger ou un passant, et compte que tu fais déjà partie de ceux qui sont dans les tombes. »

L’imam ‘Alî disait : « Le monde se déplace en vous tournant le dos ; et l’au-delà se déplace en venant à vous. Et tous deux ont des fils. Soyez donc des fils de l’au-delà, et ne soyez pas des fils de ce monde. Aujourd’hui en effet, il y a lieu d’agir sans compte à rendre, et demain il faudra rendre des comptes, sans avoir la possibilité d’agir. »

A méditer au fil des jours…

 

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12/01/2010

Une sagesse de Ibn ‘Atâ’i -Llâh : Aveuglement et éternité

 

 

Il y a vraiment lieu d’être étonné de celui qui fuit ce dont il ne saurait se détacher, et qui demande ce qui ne saurait demeurer en sa possession.

« En vérité, ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent,

mais ce sont les cœurs, dans les poitrines,

 qui s’aveuglent. » (Coran, 22, 46)

 

Commentaires :

 

Le Coran affirme : « Tout ce que vous possédez s’épuise, et ce qui est auprès de Dieu demeure. » (Coran, 16,96) La clairvoyance qui illumine le cœur du croyant lui fait prendre conscience de la valeur relative des biens terrestres. Il résulte de cet éveil de l’esprit une forme de détachement : le cœur se tourne vers l’au-delà et aspire au retour à Dieu.

On cite ici, à titre d’exemple, les magiciens de Pharaon : confrontés à Moïse, ils reconnurent qu’il était un Prophète et se soumirent à Dieu. Pharaon menaça de les supplicier : « Je vous couperai, sûrement, mains et jambes opposées, et vous crucifierai tous. » (Coran, 26, 49) Les magiciens répondirent courageusement à cette menace : «  Décrète donc ce que tu as à décréter. Tes décrets ne touchent que cette présente vie. Nous croyons en notre Seigneur, afin qu’Il nous pardonne nos fautes ainsi que la magie à laquelle tu nous as contraints. Et Dieu est Meilleur et Eternel. » (Coran, 20,72-73) 

 

Y a-t-il donc une attitude plus aberrante que celle qui consiste à mettre toute notre énergie dans l’unique recherche des biens périssables et des plaisirs passagers de cette vie, tout en cherchant à fuir l’éternité qui nous attend ?

 

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09/01/2010

Blocus et mur de la mort à Gaza

Déclaration de l’Union Internationale des Oulémas Musulmans à propos du blocus et du mur de la mort à Gaza

A l’occasion du premier anniversaire de la guerre d’agression contre la bande de Gaza et la poursuite du blocus israélien et arabe

 

Doha, le 12 Muharram 1431, correspondant au 29 décembre 2009

 

Louanges à Allah/Dieu, que les prières et le salut soient sur notre maître Muhammad l’envoyé d’Allah/Dieu, ainsi qu’à sa famille, ses compagnons et tous ceux qui le suivent,

 

L’Union Internationale des Oulémas Musulmans vit encore sous le choc suite à la nouvelle diffusée dans les médias que les autorités égyptiennes avaient entrepris depuis quelques jours de construire un mur souterrain de séparation en acier, allant de 20 à 30 mètres en profondeur, pour en finir avec les tunnels clandestins entre la ville de Rafah côté palestinien et la ville de Rafah côté égyptien, ce qu’avaient confirmé les autorités égyptiennes sous prétexte que cela serait une nécessité pour la sécurité nationale de l’Egypte. Nous ne pouvons que nous demander qui sont ceux qui menacent la sécurité nationale de l’Egypte, sont-ils les frères encerclés à Gaza ou bien les sionistes qui guettent ?

 

Il est remarquable, selon un bon nombre de rapports, que les autorités égyptiennes construisent ce mur avec le soutien direct, en financement et en compétences humaines, des administrations américaine et française. L’organisation arabe pour les droits de l’Homme basée en Grande Bretagne a révélé en présentant son rapport à ce sujet que le gouvernement égyptien avait déjà achevé la construction de 5,4 km de ce mur d’une longueur totale de 10 km, que ce mur était composé de plaques d’acier de 18 m de longueur chacune et de 50 cm d’épaisseur, qu’elles étaient équipées de capteurs qui pourraient alerter contre toute tentative de percement, et que la construction du mur se faisait sous une supervision franco-américaine.

 

Les autorités égyptiennes procèdent à ces travaux alors que nous vivons le premier anniversaire de l’agression ignoble contre Gaza qui a tout détruit, et dont les ravages sont encore là comme si cela s’était produit la veille, et que la bande de Gaza dont les coûts de reconstruction ont été estimés à plus de 2 milliards de dollars n’a vu arriver que quelque quarantaine de camions avec des matériaux de construction ! Et c’est à cause de ce blocus que les familles catastrophées, dans leur majorité, vivent encore sur les décombres de leurs maisons détruites ou sous des tentes qui ne protègent ni de la chaleur ni du froid.

 

Alors qu’on s’attendait à ce que l’Egypte de l’arabisme et de l’islam ouvrît son cœur et ses frontières pour ses frères étouffés par l’ennemi, et qu’elle fît de son mieux pour lever ce blocus injuste au lieu de le renforcer et d’y participer en construisant ce mur de séparation.

 

Devant la gravité de la situation et la responsabilité religieuse, morale et politique qui nous incombe vis-à-vis de nos parents agressés et encerclés à Gaza, l’Union Internationale des Oulémas Musulmans déclare ce qui suit :

 

La continuation de la construction de ce mur d’acier est un acte interdit selon l’islam et contraire aux liens de fraternité et de voisinage, car l’objectif de sa construction est de fermer toutes les issues devant nos parents dans la bande de Gaza afin de renforcer le blocus qu’ils subissent, de les affamer et les humilier davantage, et d’exercer plus de pression sur eux jusqu’à ce qu’ils s’inclinent et se rendent à l’ennemi occupant, le meurtrier haineux qui les guette.

 

Nous appelons les autorités égyptiennes avec toute insistance à se distancer de cet acte interdit et à arrêter immédiatement de construire ce mur qui ne sera d’aucun intérêt ni pour l’Egypte, ni pour le peuple d’Egypte ni pour les autorités égyptiennes elles-mêmes non plus. En fait le premier à gagner et le premier à profiter de ce mur, c’est Israël, et le premier à perdre et le premier à en souffrir c’est nous, les Arabes et les musulmans, dont l’Egypte en premier lieu qui va perdre sa position remarquable aux niveaux arabe et musulman.

 

Nous demandons à toutes les institutions islamiques et toutes les autorités religieuses de référence dans les mondes arabe et musulman de rompre le silence et de montrer la gravité et l’illicéité de cet acte odieux, où le musulman aide son ennemi aux dépens de son frère, où ce frère lui demande son soutien mais il ne le lui accorde pas, où ce frère le supplie de lui porter secours mais il le livre à son ennemi, alors qu’Allah/Dieu, gloire à Lui, dit : « Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres » (at-Tawbah, s9, v71), et il dit : « Et s'ils vous demandent secours au nom de la religion, à vous alors de leur porter secours » (al-Anfâl, s8, v72). Le noble Messager dit : « Le musulman est le frère du musulman, il ne commet pas d’injustice à son égard et il ne le livre pas », c.à.d. qu’il ne l’abandonne pas, et il dit : « Apporte ton soutien à ton frère qu’il soit oppresseur ou opprimé » (et le Prophète poursuit en expliquant que quand il s’agit d’un oppresseur, le soutien consiste à l’empêcher d’opprimer les autres, Ndt), mais il n’a pas dit : encercle ton frère et étouffe-le afin que ton ennemi et son ennemi en tire profit. Nous demandons aux autorités égyptiennes d’arrêter ce projet dangereux et qu’elles refusent de jouer ce rôle indigne d’elles, et qui n’est qu’un service gratuit offert à l’ennemi sioniste qui encercle notre peuple en Palestine d’une manière générale et à Gaza en particulier.

 

Nous lançons un appel au secrétariat général de la Ligue Arabe et de l’Organisation de la Conférence Islamique de faire leur devoir de conseil et d’explication pour que le gouvernement égyptien arrête ce mur de mort et qu’il ouvre le passage de Rafah, le passage de la vie, devant les gens de Gaza qui subissent un blocus d’injustice et d’agression.

 

Nous exhortons les peuples arabes et musulmans et à leur tête le grand peuple d’Egypte, de déclarer, avec les moyens pacifiques, leur refus de cet acte horrible en envoyant des messages écrits ou électroniques aux responsables égyptiens, en écrivant et condamnant cet acte dans les journaux et l’ensemble des médias, ainsi qu’en utilisant tous les moyens légaux pour exprimer la colère de la Oummah, chacun comme cela lui convient.

 

Finalement, nous disons : Allah/Dieu nous demandera de rendre compte que nous soyons des gouvernants ou des gouvernés, et nous Le rencontrerons, chacun avec ses registres d’actions : « Lis ton livre ! Aujourd’hui, il suffit que tu sois ton propre comptable » (al-Isrâ’, s17, v14). Alors craignons Allah/Dieu avant que ce soit trop tard et méfions-nous de commettre de l’injustice, car l’injustice viendra comme des ténèbres le jour de jugement, et ses conséquences sont graves sur les pays et les gens. Et nous prions Allah/Dieu qu’Il nous épargne les méfaits des épreuves : « Redoutez le Jour où vous serez tous amenés à comparaître devant Allah/Dieu, et où chacun sera largement rétribué selon ses œuvres, sans subir la moindre injustice » (al-Baqarah, s2, v281).

 

Le Secrétaire Général: Dr. Muhammad Salîm al-Awwa

 

Le président: Dr Yûsuf al Qaradâwi

 

Traduit par IA

 

Texte en Arabe :

http://publish.qaradawi.net/site/topics/article.asp?cu_no=2&item_no=7442&version=1&template_id=238&parent_id=237

 

Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/Declaration-de-l-Union-Internationale-des-Oulemas-Musulmans-a-propos-du-blocus-et-du-mur-de-la-mort-a-Gaza_a41151.html

Publié par resistance.palestinienne à l'adresse 18:19

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08/01/2010

Plainte contre Nadine Morano et Brice Hortefeux devant la justice

Une ministre française poursuivie pour racisme

Polémique | Une association va porter plainte pour "diffamation raciste" contre la secrétaire d’Etat à la Famille Nadine Morano, pour ses propos controversés sur les jeunes musulmans.

KEYSTONE
© KEYSTONE | Nadine Morano accuse ses détracteurs de ne pas voir la réalité en face.


AFP | 07.01.2010 | 14:46

La plainte sera déposée "incessamment", vraisemblablement "dans le courant de la semaine prochaine", a indiqué jeudi à l’AFP Me Kamel Maouche, qui représente le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap),  dans cette affaire.

Lors d’un débat sur l’identité nationale le 14 décembre 2009 à Charmes, petite ville de l’est de la France, Mme Morano avait déclaré à propos du "jeune musulman" : "Ce que je veux, c’est qu’il se sente français lorsqu’il est Français, qu’il aime la France quand il vit dans ce pays, qu’il trouve un travail, qu’il ne parle pas le verlan (argot parlé dans les banlieues défavorisées, ndlr) et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers".

"Suite à ces propos stigmatisants, le Mrap a décidé de porter plainte contre Mme Morano pour diffamation raciste", a indiqué le mouvement dans un communiqué.

Après ce débat, Mme Morano avait dit accepter "la critique" et "assumer" ses propos, tout en mettant en cause "ceux qui ne veulent pas regarder en face le problème d’insertion des jeunes dans les quartiers".

La grande concertation sur l’identité nationale, prônée par le président Nicolas Sarkozy, est vivement critiquée par la gauche et même par certains membres de la majorité de droite, qui craignent une stigmatisation des immigrés, pour la plupart des musulmans originaires d’Afrique et du Maghreb.

Après une série de dérapages et de controverses sur la place de l’islam dans la société, les appels se sont multipliés ces dernières semaines pour qu’elle soit suspendue voire enterrée.

En septembre, le Mrap avait assigné en justice le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux pour "injure raciale", à la suite de propos adressés à un jeune militant du parti de droite majoritaire (UMP) d’origine arabe. Le ministre doit comparaître le 16 avril devant la justice.

source : http://www.tdg.ch/ministre-francaise-poursuivie-racisme-2...

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07/01/2010

Communiqué : EN MÉMOIRE DES VICTIMES DE GAZA 27 DECEMBRE 2008

Le 27 décembre 2008, l’aviation israélienne a commencé ses bombardements contre la population de Gaza. Une offensive militaire de l’armée israélienne d’une rare sauvagerie, faisant plus de 1’400 morts et 5000 blessés, s’est poursuivie durant près de trois semaines. L’armée israélienne a fait usage d’armes interdites ; comme les bombes au phosphore.

Le bombardement d’une école de l’ONU qui a fait plus de 40 tués, en majorité des enfants, l’attaque des convois ou les dépôts de l’ONU, les 4 enfants trouvés par le CICR, affamés, assoiffés, terrorisés, qui s’accrochaient aux cadavres de leurs mères durant quatre jours prouvent parmi des milliers d’autres crimes que l’armée Israélienne avait le projet d’exterminer autant de gens que possible à GAZA.

Cette barbarie contre une population pauvre et affaiblie par le long blocus  a provoqué un immense sentiment d’indignation dans le monde entier. 

L’ONU a constitué une commission d’enquête dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone qui a produit un rapport qualifiant de « crimes de guerre » les exactions commises par l’armée israélienne à Gaza. Ce rapport invite même les Nations Unies à constituer un groupe de juristes pour statuer sur une qualification de « crime contre l’humanité ». L’Assemblée générale des Nations Unies, dont la Suisse, a approuvé par une résolution la suite à donner à ce rapport.

Habituellement, après une guerre ou une catastrophe humaine de grande ampleur, la communauté internationale se mobilise pour aider la population et le pays détruit à se reconstruire. Pour la bande de Gaza, au contraire, le blocus qui constitue une grave violation du droit international, se poursuit ; le silence assourdissant de la communauté internationale est incompréhensible.

Le blocus empêche la reconstruction des infrastructures civiles et des logements de quelques 50'000 personnes ayant tout perdu, il est également responsable d'une grave pénurie alimentaire, d’un manque d’eau potable et rend très difficile l'accès aux soins médicaux. Tout au long de cette année, des agences de l’ONU, ainsi que des organisations de défense des droits humains ont dénoncé sans relâche les conditions de survie catastrophiques d’un million et demi d’habitants de la Bande de Gaza.

 

Nous devons continuer la mobilisation et nous engager pour :

1.     La levée immédiate du blocus de la bande de Gaza

2.     La poursuite des crimes de guerre commis pendant l’agression de la Bande de Gaza comme le recommande le rapport Goldstone.

3.     Que la Suisse convoque rapidement une conférence de tous les Etats parties aux Conventions de Genève pour décider des mesures à prendre et faire appliquer la 4ème convention de Genève pour la protection de la population civile palestinienne.

4.     Demander de retirer le prix Nobel de la paix décerné à Shimon Perez pour les crimes commis contre la population civile à Gaza.

5.   Proclamer le 7 Janvier de chaque année : journée de deuil et de recueillement en mémoire des dizaines d’enfants tués dans une école de l’ONU et exiger que toute la lumière soit établie sur ce crime.

6.    Réactiver la campagne de boycott contre les produits israéliens et les sociétés qui soutiennent ce régime.

 

Source : Droit Pour Tous,  Rue des Savoises 15,  1205 Genève  Tél. &fax : +41 22 321 12 55  www.droitpourtous.ch

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Juifs et musulmans en France: deux poids deux mesures

Voici une excellente lettre adressée à un Ministre français, qui visiblement a oublié qu'il vit en France!

M. Hortefeux, refusez le prix de « l'antiracisme » de l'UPJF

Par Guillaume Weill-Raynal | essayiste | 21/12/2009 | 17H45

Monsieur le Ministre,

Supposez que vous appreniez par vos services que depuis plusieurs mois, une association notoirement connue publie sans relâche sur son site Internet des articles qui disent…

  • que les juifs représentent un ordre politico-religieux étranger aux valeurs de la France
  • que leurs synagogues n'affichent rien moins qu'une volonté d'éradication culturelle des autres cultures françaises
  • que les juifs qui vivent en France sont responsables de l'hostilité grandissante que leur vouent les Français de culture occidentale et chrétienne
  • que leur présence sur le sol européen obéit à un projet de conquête et de domination vieux de plusieurs siècles
  • qu'enfin la croissance de la population juive en Europe peut être comparée à la prolifération menaçante de rongeurs.

Comment réagiriez-vous ?

Un « prix de la lutte contre le racisme » ? Un mauvais rêve, sans doute

Vous n'hésiteriez pas une seule seconde sur le caractère manifestement raciste et antisémite de tels écrits, et suggéreriez à votre collègue ministre de la Justice d'engager aussitôt des poursuites contre leurs auteurs et ceux qui les diffusent.

Supposez que vous appreniez alors que non seulement aucune poursuite n'a jamais été engagée contre ces écrits, mais que de surcroît, l'association qui les diffuse se paye le luxe d'organiser des dîners-débats mensuels et d'y inviter des personnalités de la majorité et de l'opposition, parmi lesquels, depuis janvier 2009, cinq de vos collègues du gouvernement.

J'imagine que vous ne pourriez vous empêcher de manifester un profond étonnement.

Supposez enfin que vous appreniez un beau matin, en lisant le journal, avoir été vous-même convié, la veille, à un colloque organisé par cette association et y avoir reçu des mains de vos hôtes le « Prix de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme », vous penseriez sans doute que vous êtes en train de faire un mauvais rêve.

Des dérapages en série sur le site de l'UPJF

Mais vous ne rêvez pas. Tout ce qui précède est rigoureusement exact. L'association dont il est question se nomme l'Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF). Le colloque auquel vous étiez convié et que vous avez bien voulu honorer de votre présence s'est tenu le 13 décembre à l'espace Pierre-Cardin, à Paris.

L'UPJF vous a effectivement décerné le prix de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Quant aux écrits que je viens de citer, ils sont bien réels et sont consultables à tout moment sur le site de cette association. A une seule « inexactitude » près : ils ne visent pas les juifs, seulement les musulmans.

J'ai juste changé les mots. Devoir user d'un tel stratagème pour faire prendre conscience de l'énormité de la chose en dit déjà long sur le « deux poids deux mesures » auquel chacun semble s'être aujourd'hui accoutumé.

Depuis plusieurs mois, l'UPJF se lâche. Il n'est pas de semaine où elle ne publie sur son site des articles de cette espèce venimeuse. Ceux que je viens de citer ne sont qu'un échantillon. Le tout, dans une indifférence absolue. J'avais tenté d'attirer l'attention du Crif et de la Licra sur cette situation intolérable, par une « Lettre ouverte à MM. Patrick Gaubert et Richard Prasquier », publiée en septembre sur plusieurs sites.

Je leur avais même personnellement adressé le texte de cette lettre. Je n'ai reçu aucune réponse, ne fût-ce que de simple courtoisie pour m'en accuser réception.

Est réputée antisémite toute personne opposée à la droite israélienne la plus dure

Le colloque auquel vous avez participé le 13 décembre avait pour thème la lutte contre l'antisémitisme. Combat infiniment respectable, mais dont l'UPJF semble avoir une conception aussi extensive qu'abusive : selon les articles que l'on trouve également sur son site, est réputée antisémite toute personne qui ne souscrit pas sans réserves aux thèses les plus radicales de la droite israélienne.

Ce qui, vous en conviendrez, conduit plus à déshonorer la cause que l'on prétend défendre qu'à la soutenir. Pour l'ensemble de ces raisons, il m'apparaissait incompréhensible qu'un ministre de la république vienne apporter sa caution à cette manifestation.

Et encore plus qu'un mouvement qui diffuse dans le public des idées aussi ouvertement racistes ridiculise ce ministre en lui remettant un très surréaliste « prix de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme ».

J'ai tenté de faire valoir ces raisons dans un article paru ces jours-ci sur le site de l'hebdomadaire Marianne. Sans grande réaction, d'un côté comme de l'autre. Le site du ministère de l'Intérieur a fait part du prix que vous aviez reçu comme s'il s'agissait d'une distinction honorifique respectable et prestigieuse.

Un montage photo islamophobe publié, puis retiré

Le site de l'UPJF a continué, quant à lui, à publier ses articles fétides. Précisément celui en date du 17 décembre, qui compare les populations musulmanes à des rongeurs qui prolifèrent, suivi le lendemain d'un montage photo « humoristique » montrant une manifestation de Martiens sur la planète Mars sous une banderole : « Musulmans, rentrez chez-vous » [Dépublié depuis lors, mais encore visible ici, ndlr]

Il n'y aurait donc pas de place pour les musulmans ni en France, ni en Europe, ni dans le cosmos…

Il serait inimaginable que le ministre de l'Intérieur, en charge de l'ordre public et aussi des cultes, demeure sans réaction face à des agissements aussi graves, caractérisés, et réitérés.

Aussi, je me permets de vous demander, Monsieur le Ministre, que vous condamniez publiquement et sans réserve les intolérables écrits diffusés par l'UPJF. Il serait également à votre honneur et à l'honneur de la république que vous représentez que vous refusiez tout aussi publiquement le prix indigne qui vous a été décerné par ce mouvement.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de ma haute considération.

 

Sources : http://www.rue89.com/2009/12/21/m-hortefeux-refusez-le-prix-de-lantiracisme-de-lupjf-130864

http://www.marianne2.fr/La-bonne-blague-Hortefeux-prime-pour-son-combat-contre-le-racisme_a183154.html

http://www.marianne2.fr/Polemique-l-Union-des-patrons-jui... 

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