1959

26/02/2010

Démocratie et islamophobie

 Winston Churchill a dit un jour : « La démocratie est le pire des systèmes, à l'exclusion de tous les autres. » Remarque pertinente, bien que prétentieuse : Churchill ne connaissait pas tous les autres systèmes, y compris celui de l’Etat islamique. Il reste que la démocratie peut conduire les hommes aux pires extrémités. A titre d’exemple, il suffit de rappeler qu’Adolf Hitler a été élu chancelier d’Allemagne en janvier 1933.

La démocratie appartient à ceux qui savent mobiliser et orienter l’opinion publique. Cette opinion, hélas, est plus réceptive aux sensations fortes qu’à la réflexion profonde, plus encline à l’émotion qu’à la raison, et plus sensible à l’image qu’au concept.

Observons les méthodes publicitaires pour vendre en masse  les produits de consommation: beaucoup de représentations, et peu de texte. On baigne constamment dans le registre de la caricature.

Or, il suffit de considérer l’affiche proposée par l’UDC en novembre dernier pour se convaincre que l’on est aux prises avec la même logique de communication : des minarets rangés comme des missiles, une femme casquée d’une étrange burqa militaire, un grand « STOP ! OUI » à l’initiative contre les minarets pour repousser l’envahisseur. Féministes effrayées par l’islam, chrétiens angoissés par la trop forte visibilité de la foi musulmane, citoyens convaincus des effets néfastes d’une immigration incontrôlée, - chacun trouve là de quoi nourrir sa phobie et désigner le coupable.

Il existe cependant des raisons plus profondément ancrées dans l’inconscient collectif européen qui expliquent le rejet de l’islam.

Le journaliste et écrivain d’origine juive Leopold Weiss (converti à l’islam sous le nom de Muhammad Asad) a soutenu une thèse intéressante dans ses œuvres, notamment L’islam à la croisée des chemins. Il y affirme : « Le premier grand choc entre l’Europe unie d’un côté, et l’Islam de l’autre, à savoir les Croisades, a coïncidé avec la naissance même de la civilisation européenne. » Il en va explique-t-il, des nations comme des individus : « les impressions violentes reçues au cours de la première enfance persistent, consciemment ou inconsciemment, tout au long de la vie ultérieure. » Ainsi la « psychologie des masses européennes » est-elle marquée par ce traumatisme.1 Historiquement en effet, la première cause commune que les nations occidentales allaient défendre était liée à leur identité chrétienne qui s’affirmait contre le monde barbare. Et cela est resté quelque part dans l’arrière-fond de bien des esprits.

Autre raison : le travail des médias qui contribue à inverser les rôles. Il s’agit de faire croire que les nations musulmanes agressées sont en fait responsables de la violence et du terrorisme. Partout, c’est l’image des attentats qui heurte l’opinion publique convaincue de la culpabilité des fanatiques musulmans. Quelques mots répétés au journal télévisé, quelques images reprises en boucle, et le tour est joué : en cause, le terroriste itinérant de la nébuleuse d’Al-Qaida, ou l’Afghan taliban qui menace la civilisation. Quelle place pour une réflexion saine qui nous conduirait posément à penser, comme l’affirmait avec raison un journaliste, que les Américains ne sont pas en Afghanistan pour résoudre le problème, mais qu’ils sont le problème ?

Il est évident que les musulmans doivent désormais prendre conscience des obstacles qui contribuent à fausser les débats, et s’engager à contribuer à un dialogue de civilisations reposant sur des fondements authentiques et raisonnables. Mais il est tout aussi évident que nos démocraties ne valent rien si elles sont dominées par des émotions malsaines, et orientées par une islamophobie discriminatoire.

 Hani Ramadan

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25/02/2010

Massacre de civils en AFGHANISTAN : Complicité des médias

L’Occident, entraîné par la politique agressive et inhumaine des Etats-Unis en Afghanistan, est en train de fermer les yeux sur des crimes ignobles.

A lire donc :

 

Afghanistan : l’OTAN commet un nouveau massacre de civils

lundi 22 février 2010 - 10h:20

Al Jazeera

 

Des représentants du gouvernement Afghan ont déclaré qu’au moins 33 civils avaient été massacrés par une attaque aérienne de l’OTAN contre un convoi de véhicules en Uruzgan, une province au sud du pays.

 

L’Uruzgan est actuellement occupé par les troupes hollandaises, dont le prochain départ pose un sérieux problème à l’OTAN - Photo : AFP

L’OTAN a confirmé avoir bombardé ce dimanche un groupe de véhicules, croyant qu’ils abritaient des combattants, pour découvrir ensuite que des femmes et des enfants étaient dans les voitures.

L’ISAF, la force de l’OTAN en Afghanistan, ne fournit pas le décompte des morts.

Amanullah Hothaki, chef du conseil provincial de l’Uruzgan, a déclaré que 19 personnes ont été massacrées dans l’attaque qui a frappé trois minibus qui roulaient sur une route principale.

James Bays, correspondant d’Al Jazeera, rapportant depuis Lashkar Gar dans le Helmand, a déclaré qu’ « une équipe aérienne » a tiré sur des mini-bus transportant des civils.

« Nous comprenons qu’ils [les civils] ont été pris pour cible par ce que l’OTAN appelle une équipe aérienne », ajoute-t-il.

« Cela évoque pour moi des hélicoptères. Le porte-parole de l’Otan à qui j’ai parlé ... a dit il y avait une opération de l’OTAN en cours contre les Talibans à proximité, et qu’ils avaient pensé qu’il s’agissait de renforts pour les Talibans. »

« Et c’est pourquoi ils ont lancé cette attaque aérienne. Mais il dit qu’il est clair maintenant que c’était une erreur, et que dans ces mini-bus, il y avait beaucoup de femmes et d’enfants. »

Le général Stanley Mc Chrystal, le commandant des forces de la coalition [d’occupation] en Afghanistan, a publié un communiqué présentant des excuses pour ce massacre, dit notre correspondant.

« Nous sommes extrêmement désolés par la perte tragique de vies innocentes », larmoie McChrystal.

« J’ai fait comprendre à nos forces que nous sommes là pour protéger le peuple afghan [en le bombardant - N.d.T] et tuer ou blesser des civils par inadvertance sape leur confiance dans notre mission [à condition que cette confiance ait jamais existé - N.d.T]. »

Zemeri Bashary, porte-parole du ministère afghan de l’intérieur, dit de son côté que des rapports font état de 27 personnes massacrées.

Selon lui, il y avait 42 personnes dans les véhicules bombardés, tous des civils.

Sur le même thème :

  Le massacre de Kunduz : que cache le gouvernement allemand ? - 18 décembre 2009
  Le massacre de Kunduz exprime la véritable nature de la guerre en Afghanistan - 15 septembre 2009
  L’OTAN commet un nouveau massacre en Afghanistan - 4 septembre 2009
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  Afghanistan : l’OTAN massacre des civils lors de raids aériens - 3 août 2007
  Afghanistan, terre d’expérimentation - 2 juillet 2007
  Afghanistan : nouveau massacre de civils par les troupes d’occupation - 1e juillet 2007
  Afghanistan, Irak : quand la mort vient du ciel - 5 juin 2007
  Les Afghans dénoncent les victimes civiles des bombardements - 12 mai 2007
  Un massacre provoque des manifestations anti-américaines en Afghanistan - 7 mars 2007
  Afghanistan : massacre de civils par les forces américaines - 6 mars 2007

22 février 2010 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/a...
Traduction : Info-Palestine.net

source : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=822...

 

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24/02/2010

UN RABBIN CONTRE LE SIONISME

 Le Rabbin Shmiel Mordche Borreman s’exprime en affirmant que le judaïsme s’oppose au sionisme.

Il parle ouvertement des crimes de cette idéologie, et de sa vocation colonialiste.

Une voix qui mérite d’être écoutée.

video: http://www.youtube.com/watch?v=-dP3woUMRYQ

Voir également :

http://www.youtube.com/watch?v=cDr5f6Va78Q&feature=re...

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Une plume en or pour conjurer le mal : Corinne Bloch

Voici un très beau texte que l’on pourrait méditer sereinement à l’ombre d’un minaret. Style magnifique et prose profonde…

 

 

Et si le loup nous mangeait?

Par Corinne Bloch

Source : Magazine Vivai, janvier 2010

 

 

Nous voilà entrés dans la seconde décennie du 21e siècle, sans fumée dans les lieux publics, sans l'ombre d'un minaret à l'horizon. Alors, on n'est pas bien chez nous, ces quelques détails réglés?

 

Promenons-nous dans les bois ...

 

Il fut un temps où les peurs des hommes s'incarnaient en une seule représentation.

Mais oui, souvenez-vous, un personnage antipathique et rusé avec une queue fourchue. Mais non, pas Oskar Freysinger. L’autre, le diable, le vrai, celui qui actionnait un thermostat quelque part sous terre. C'est lui qui nous fichait la trouille autrefois. C'était pratique, tout était de sa faute et il était facile de s'en prémunir: une croix, trois Pater, deux Ave, quelques bûchers, un peu d'eau bénite et le tour était joué. Mais depuis que le 20e siècle a sacrifié ce pauvre diable sur l'autel de la raison, l'a écrasé sous des volumes de sciences humaines et étouffé dans le libéralisme à outrance, c'est la gabegie.

A malin, malin et demi. Car Belzébuth est perfide, c'est bien connu. Sans doute est-il encore tapi quelque part, là, au cœur de notre état laïc, mais où? Où? C'est bien ça le hic, parce que maintenant qu'il n'est plus nulle part, il pourrait tout aussi bien être n'importe où. Or la peur du loup est bien plus terrifiante que le loup lui-même.

 

... Pendant que loup n' y est pas ...

 

Vous en avez croisé beaucoup des loups, vous, en Suisse? Et des minarets? En Suisse, non, mais j'ai adoré les minarets du Taj Mahal - quatre à lui tout seul! A Sarajevo, depuis la fenêtre de mon bureau, j'en apercevais au moins douze. De jolis minarets blancs, du haut desquels retentissait l'appel à la prière. Douze minarets et pas une femme en burqa. Je le dis, au cas où ... Mais j'y songe, peut on contracter le virus A/HINI sous une burqa? Parce qu'avant la burqa, sur la liste des dangers qui nous menacent, il y a la grippe. Et la crise financière par-dessus le marché. Et la violence à chaque coin de rue, le trou dans la couche d'ozone, le cancer, le chômage, les romanichels, le staphylocoque doré et j'en passe.

 

... Si le loup y était ...

 

Heureusement, il y a les soldes. Cette invention géniale qui permet de tout oublier pendant un moment, de remplir à moindre prix sa garde-robe de vêtements inutiles, et de faire de la place sur les rayonnages des boutiques pour accueillir une collection de printemps flambant neuve. Et si, à l'aube de cette nouvelle décennie, on se débarrassait aussi de nos vieilles idées démodées? Si l'on bradait nos fantasmes au profit de la réflexion et que l'on soldait nos peurs irrationnelles avant qu'elles nous dévorent? Sinon?

 

Sinon le loup nous mangera.

 

 

 

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22/02/2010

Juifs et musulmans : deux poids deux mesures en France

 Décidément, certains députés français, inféodés au lobby sioniste, tombent dans une forme de discrimination lamentable qui consiste à distinguer la nourriture halal des musulmans et la nourriture casher des juifs. Ces députés trahissent sans nul doute la République.

 

A lire donc :

A ces messieurs de l’UMP qui appellent au "boycott de Quick"...

 

Publié le 19-02-2010

 

Les mêmes députés UMP qui montent au créneau contre la chaîne de restauration rapide Quick et appellent à boycotter cette enseigne parce qu’elle propose des hamburgers à base de viande halal dans certains de ses points de vente, ne sont pas gênés par les restaurants casher financés avec l’argent du contribuable ? Voir exemples ci-dessous.

 

 

Les députés UMP Jacques Myard et Lionel Luca se sont élevés mercredi contre Quick, parlant de « Grave dérive communautariste, contraire aux principes républicains ». Lionel Luca a même appelé (tiens, tiens !) « au boycott » de l’enseigne Quick (voir les quotidiens France-Soir et 20 minutes, notamment).

Que pensent-ils de ces restaurants universitaires qui ne proposent que des repas casher, à l’intérieur d’établissements privés, subventionnés par l’Etat, c’est-à-dire par nous ?

Un petit exemple, l’ORT de Strasbourg qui affiche sur son site :

RESTAURATION

 Au sein même de son campus, l’ORT Strasbourg propose un Restaurant Universitaire (Restau U) agréé par le CROUS (tarif actuel : 2,85 € par repas). Les repas proposés par ce Resto U sont casher.

Et qui explique dans sa présentation (tenez-vous bien !) :

Le Lycée ORT Strasbourg est un lycée privé sous contrat d’association avec l’Etat. Il accueille plus de 400 élèves : il propose des classes de 2nde, de 1ère, de Terminale (séries S, ES, STI) et des Formations Supérieures comprenant plusieurs BTS pilotes et bien entendu la « Prépa ORT »

Le contrat d’association avec l’Etat engage l’ORT à assurer des projets pédagogiques conformes aux programmes officiels ; le côté « privé » permet à l’ORT de distiller une certaine souplesse en proposant des solutions pédagogiques innovantes…

Une particularité : jamais les élèves n’ont de cours ni de devoirs le samedi.

 

HÉBERGEMENT

 

- les étudiants israélites peuvent bénéficier de locations dans une des 2 résidences universitaires communautaires de Strasbourg (une résidence garçons ; un foyer de jeunes filles). Ces 2 résidences font partie intégrante du campus de l’ORT Strasbourg (voir photo en page d’accueil). Elles proposent des chambres individuelles vastes et bien équipées.

Ces types de logements sont conventionnés, ce qui permet d’en réduire sensiblement le loyer grâce aux allocations-logement (attribuées indépendamment des revenus des parents).

Nulle part, donc, cet établissement, qui bénéficie des subsides de l’Etat, ne donne le choix d’une nourriture non casher. Et pas de proposition de chambres aux étudiants musulmans !

 

Alors, on boycotte quoi, et de quel communautarisme parle-t-on ?

 

Source : http://prepa.strasbourg.ort.asso.fr/pageLibre00010029.html

 

CAPJPO-EuroPalestine

 

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21/02/2010

ESTHER BENBASSA et le CRIF : Une femme contre le lobby sioniste en France

La France n’est plus une République quand ses dirigeants célèbrent le communautarisme juif et dénoncent les pratiques de la communauté musulmane.

Remarquable article qui montre comment la politique française est assujettie au lobby sioniste en France.

 

A lire donc :

 

 

Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

 

Par ESTHER BENBASSA, directeur d'études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne)

 

 

 

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu’«il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…» Catégorique, il rejetait alors tout «communautarisme». Lorsqu’on se gargarise aujourd’hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu’aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de «musulmans». C’est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l’identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l’ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d’entre eux passe au second plan après leur religion.

En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu’il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n’ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu’à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu’il «refuse l’égalité et la fraternité». Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l’an passé, les mesures d’ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l’horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti, l’un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël.

On en vient à se demander si le Crif n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d’Israël, qu’elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d’un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s’étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l’entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales.

Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l’antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n’être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne «dialoguer».

Aussi peu représentatif qu’il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d’Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de la Shoah et dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d’un judaïsme qui le plus souvent s’y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles. Qu’est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d’abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l’antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu’obsèdent les vieux thèmes bien rôdés du pouvoir juif, du complot juif. La «servilité» de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés.

Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n’augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d’enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes.

 

Dernier ouvrage : «Etre juif après Gaza», CNRS éd., 2009.

 

source: http://www.liberation.fr/societe/0101619772-le-crif-vrai-lobby-et-faux-pouvoir

 

 

 

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20/02/2010

Visages de l’imposture : Obama, prix Nobel de la paix !

L’Occident, qui prétend civiliser par les armes le monde musulman, a atteint un sommet jamais égalé dans le registre de l’hypocrisie et la mauvaise foi.
Au mois de décembre de l’année écoulée, Obama recevait le prix Nobel de la paix, alors qu’il se préparait à envoyer de nouveaux soldats en Afghanistan. Cela, quand de son propre aveu,  le Président n’avait encore rien entrepris en faveur de l’entente pacifique entre les peuples.  Par contre, orienté par ses conseillers de l’axe du mal américano-sioniste,  il annonçait lui-même la couleur de son mandat en affirmant : «Nous sommes en guerre » et la  guerre est parfois « non seulement nécessaire, mais moralement justifiée.» Tous les éléments d’une agression  violente étaient déjà compris au programme. Le général Petraeus avait annoncé une volonté de s’en prendre  aux «sanctuaires de l’ennemi». On savait alors que sous prétexte d’en finir avec les talibans, de nombreux civils allaient mourir, que des villes seraient bombardées dans la nuit.

Ce 13 février 2010, les assassins ont commencé –  ou plutôt poursuivi – leurs œuvres. Ils sont entrés dans Marjah, au sud de l’Afghanistan.

 

Connaissez-vous Marjah, avec ses femmes et ses enfants ?

 

Quinze mille soldats sous commandement américain contre une poignée de talibans, mais surtout face à des milliers de civils qui ne veulent pas de la présence de cet envahisseur, qui refusent sa domination et ses geôles barbares.

 

Et le monde regarde. Alors que le monde sait. Après Abou Ghraib, Guantanamo, Falloudja...

Après tout, il s’agit là d’un élément désormais banal de notre actualité.

Ce ne sont que des musulmans qui souffrent et qui meurent.

 

 

 

 

 
 

 

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19/02/2010

CRIMES DE TSAHAL : L'enfance meurtrie

Le temps des assassins .Remarquable témoignage livré par Gideon Levy sur les conséquences inhumaines de l’opération Plomb durci.

 

Gideon Levy /Ha’aretz

 

Trois ans après qu’elle ait été fermée aux médias israéliens et un an après l’opération Plomb durci, Gaza n’est plus qu’une collection de souvenirs.

 

Vendredi dernier, le téléphone a sonné chez moi. C’était Munir. Nous ne nous étions pas parlé depuis plusieurs mois et chaque conversation avec lui suscite en moi des sentiments forts. Cela faisait trois ans le mois dernier que nous ne nous étions pas rencontrés.

Je m’en souviens très bien : nous roulions ensemble vers l’école maternelle d’Indira Gandhi (le propriétaire de cette école de Beit Lahia - Bande de Gaza - portait le nom de la défunte dirigeante indienne). Deux jours auparavant, les Forces de défense israéliennes avaient tiré un missile près d’un minibus qui transportait des enfants, en tuant deux, plus des passants, ainsi que leur jeune enseignante, Najwa Halif - tout cela sous les yeux d’une vingtaine d’enfants qui se rendaient au jardin d’enfants.

Quand nous sommes arrivés dans cette école maternelle bien entretenue, financée par des donateurs d’Allemagne, Ghandi nous a montré les dessins des enfants : des gosses étendus sur le sol et saignant, une enseignante dans une mare de sang, un avion et un char d’assaut tirant des murs de missiles. C’est avec cela que les gamins du jardin d’enfants d’Indira grandissent. Ce fut aussi mon dernier souvenir de la bande de Gaza. Depuis, je n’ai pas été autorisé à y retourner.

En effet, depuis trois ans, Israël interdit aux journalistes locaux d’aller à Gaza, mais aucun ne s’insurge contre ce black-out scandaleux de l’information. Les journalistes de la télévision vont même jusqu’à collaborer, en utilisant une tactique affreusement trompeuse : des micros avec le logo de leurs réseaux sont brandis par d’autres journalistes à Gaza pour faire croire que des Israéliens se trouvent à ce moment à Gaza. Mais tout comme moi, ils n’y sont pas allés depuis trois ans. Protestation de la presse ? N’en parlons pas. D’ailleurs, qui veut aller à Gaza ?

Quand Munir a appelé, ma voix s’est mise à trembler. Oui, il me manque et je m’ennuie aussi de Gaza. Il est presque ridicule d’exprimer à des Israéliens la nostalgie qu’on ressent de cet endroit que les gens après un lavage de cerveau pensent n’être rien de plus qu’un « nid d’assassins ». Seul, quelqu’un qui s’est rendu dans la bande de Gaza pendant des années et qui a vu sa beauté et sa laideur, sa misère et sa dignité, l’impuissance et la merveilleuse résistance de ses habitants, sa pauvreté et sa noblesse, son sens de l’acceptation et de la détermination, celui-là seul peut comprendre la nostalgie pour Gaza, de tous ses sites.

Il y avait Munir, et puis Sa’ad...

Gaza, à une heure et quart de route de chez moi, est l’un des endroits qui me sont inaccessibles. Elle me manque, son peuple, ses paysages, son littoral et même ses odeurs. Et Munir me manque, et Sa’ad, ces deux chauffeurs de taxi qui m’on conduit dans les ruelles sombres et les rues les plus dangereuses, dans les camps de réfugiés les plus reculés et vers les victimes les plus misérables, les maisons en deuil et les destructions, les pertes d’êtres chers et les douleurs. Au fil des années, ensemble, nous avons bougé dans Gaza pour informer sur les actions d’Israël.

Deux années plus tard, nous nous sommes quittés avec les étreintes habituelles, peut-être pour toujours et, il y aura exactement un an ce week-end, l’opération Plomb durci commençait. Le 27 décembre, le premier de ces jours épouvantables, la première frappe aérienne, meurtrière, tuait 225 Palestiniens. Le lendemain, j’écrivais (dans mon article Le tyran voisin frappe à nouveau, du 28 décembre 2008) :

« Israël s’est lancé hier dans une nouvelle, inutile et malheureuse guerre... Une fois encore, les réponses violentes d’Israël, même si elles étaient justifiées, sont hors proportion et franchissent toute les lignes rouges de l’humanité, de la moralité, du droit international et de la sagesse... Les images qui ont inondé les écrans de télévisions du monde entier hier ont montré un défilé de cadavres et de blessés, chargés et déchargés des coffres des voitures particulières qui les transportaient vers le seul hôpital de Gaza, le seul digne d’être appelé un hôpital. Peut-être faut-il nous rappeler que nous sommes face à une bande de terre, dérisoire, meurtrie, dont la population est composée surtout d’enfants de réfugiés qui ont enduré des tourments inhumains... Le Hamas ne sera pas affaibli avec une guerre contre Gaza, bien au contraire.

« En peu de temps, après ce défilé de cadavres et de blessés, nous allons arriver à un cessez-le-feu de plus, comme cela s’est produit après le Liban, le même que celui qu’on aurait pu conclure sans cette guerre inutile. En attendant, laissons les FDI gagner, comme ils disent. Un héros contre le faible, un héros qui a bombardé depuis les airs des dizaines de cibles, hier, et des images de feu et de sang furent prises pour bien montrer aux Israéliens, aux Arabes et au monde entier, que la force du tyran voisin n’avait pas encore décliné. Quand le tyran se déchaîne, rien ne peut l’arrêter. »

Dans les semaines qui suivirent, j’ai souvent discuté au téléphone avec Munir et Sa’ad. Nos conversations étaient atroces, souvent coupées en raison des bombardements ou des coupures d’électricité. La Skoda de Sa’ad, dans laquelle nous avions parcouru des milliers de kilomètres, avait été touchée par un missile israélien. Munir était chez lui, tremblant d’inquiétude sur le sort de son épouse enceinte et de leurs enfants, récitant la prière du kapparot de Yom Kippour, qu’il connaissait de l’époque où il travaillait comme boucher sur le marché Hatikva à Tel-Aviv : « Celui-ci est mon échange, celui-ci est mon remplacement celui-ci est ma réparation », la récitant au téléphone depuis Gaza, sous les bombardements. Mais pour Munir et Sa’ad, et les un million d’autres habitants de la bande de Gaza, il n’y a pas d’indulgence.

Vendredi dernier, Munir m’a semblé comme d’habitude. Il essaie toujours de présenter un tableau optimiste. Sa’ad pleure et Munir réconforte, ça a toujours été leur division du travail : un chauffeur qui voit le bon et un chauffeur qui voit le mauvais. Sa’ad le pessimiste, dans sa Skoda relativement récente. Et Munir l’éternel souriant, dans sa vieille Mercedes fidèle, avec son million de kilomètres au compteur, un million de kilomètres bouclé entre Gaza et Rafah, dans les pires moments, et entre Jaffa et Gaza, dans les meilleurs. Maintenant, ils ne vont presque nulle part et n’emmènent presque personne. Ils sont assis, inutiles, au check-point d’Erez, attendant des jours meilleurs, s’il y en a à venir. Les journalistes étrangers ne vont presque plus à Gaza.

Munir m’a parlé des fréquentes pannes de courant chez lui, pendant une demi-journée voire des jours entiers, par des temps froids et pluvieux. Imaginez donc. Les pièces détachées pour voitures qui passent en contrebande par les tunnels sont de mauvaise qualité, mais on trouve quasiment de tout, ajoutait Munir, lequel trouve toujours le moyen de faire avec. Mais les prix des pièces égyptiennes défectueuses sont exorbitants. Mais même quand il a dû alimenter sa Mercedes sept places avec de l’huile recyclée utilisée pour faire frire les falafels, il ne s’est pas plaint. Pas même de l’odeur exécrable de son moteur. Les meilleurs jours de Munir, dit-il toujours, furent ceux sous l’occupation totale israélienne de Gaza - sans check-points, sans Fatah ni Hamas, avec un boulot au marché Hatikva et beaucoup d’espoirs, avec la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille et de profiter d’une relative liberté.

Où ne sommes-nous allés ensemble, dans la Skoda ou dans la Mercedes ? Une fois, celle-ci s’est enlisée dans les sables de Gaza alors que nous allions nous informer des bombardements israéliens qui avaient propulsés des milliers de clous dans les corps et les murs. Avec le professeur états-unien/juif radical, Norman Finkelstein, nous avons dû pousser la Mercedes orange pour la remonter sur la route. Puis, nous avons été horrifiés quand nous avons vu tous les clous noirs dans les murs des maisons - preuve pour une accusation d’utilisation d’obus à fléchettes, une arme interdite contre les centres de populations. Mais qui s’en est soucié ?

Il y eut Sharon...

Une fois seulement, je me suis déplacé dans Gaza sans Sa’ad ou Munir. C’était en novembre 1989, quand le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ariel Sharon, m’avait pris avec lui dans sa Volvo du gouvernement, pour un voyage touristique partant de son ranch Sycamore [proche de Sderot] pour aller à Gaza, et retour. Sharon, guide connaisseur de Gaza, s’efforçait de m’éclairer sur les raisons pour lesquelles Israël ne devra jamais, vraiment jamais se retirer de Gaza. Nous étions là, juste Sharon et moi, assis sur la banquette arrière, en voyage d’études, non accompagnés. Oui, c’était comme ça.

Le fait que Sharon ait parlé à l’époque du retour de dizaines de milliers de réfugiés de Gaza « vers Nazareth, Acre et Lod », le présentant comme un élément de la solution au problème des réfugiés, n’a rencontré aucun écho. Maintenant qu’il est dans le coma, à l’hôpital, Israël tient la frontière de Gaza et nul (en Israël) ne parle plus de retour de réfugiés.

Puis les enfants de Kamal et Maryam...

Bien avant l’opération Plomb durci, il y a eu des scènes insupportables à Gaza. En janvier 2005, à l’hôpital Shifa, nous avons vu quatre enfants qui, tous, avaient perdu leurs deux jambes lors d’un affreux bombardement de champs de fraises à Beit Lahia. Ils étaient dans leurs fauteuils roulants, face à la fenêtre, observant en silence le monde extérieur, avec une expression morose navrante. Un an plus tard je les ai revus, sur leurs béquilles, paraissant toujours aussi perdus. Dans ce même bombardement, un agriculteur, Kamal, et son épouse Maryam, ont perdu trois fils, deux neveux et un petit-fils. Un autre de leur fils était allongé à Shifa, avec un respirateur, il a perdu ses deux jambes, une main et un œil. Où est-il aujourd’hui ? A-t-il survécu ? Y a-t-il encore des fraisiers sur cette parcelle inondée de sang ? Quand nous sommes arrivés ce jour-là, Kamal pensait encore à son fils rescapé qui avait perdu juste une jambe.

Une douzaine de gamins qui étaient sortis à leur premier jour de vacances scolaires pour aider les agriculteurs à cueillir les fraises étaient morts, longtemps avant le rapport Goldstone. La réponse automatique, à vous glacer le sang dans les veines, du porte-parole des FDI n’exprimait même pas le moindre regret : « Il faut indiquer qu’une cellule terroriste opérait de l’intérieur d’une zone palestinienne peuplée. Les FDI mènent une enquête sur l’incident. » Bla, bla, bla. L’insensibilité est toujours effrayante.

Et Maria et Hamdi...

Bien avant Goldstone, je me suis attaché à la petite Maria, qui a perdu son frère Mohammed, sa mère Na’ima, sa grand-mère Hanan et sa tante Nahad, conséquence d’un missile tirée d’un avion israélien sur une Peugeot que son père Hamdi avait achetée le jour même. C’était le premier voyage de la famille en voiture. Maria était assise sur les genoux de sa mère, sur le siège arrière, elle chantait, puis, tout a été fini.

Pendant trois ans et demi, Maria et Hamdi ont vécu à l’hôpital Alyn à Jérusalem, où Maria respirait par un tube, elle était paralysée, définitivement, du cou jusqu’aux pieds. Une fille douce qui nourrissait un perroquet à l’aide d’une cuillère qu’elle tenait dans sa bouche, actionnant son fauteuil roulant très élaboré avec son menton pendant que son père veillait sur elle avec une dévotion profonde que je n’ai jamais vue. Une fois tous les six mois à peu près, le ministère de la Défense menace de les renvoyer à Gaza ; une fois tous les six mois, un petit groupe d’Israéliens convaincus agit pour contrecarrer le décret malfaisant.

Ces dernières semaines, Hamdi semblait plus abattu que jamais. La première fois que nous l’avions rencontré, sur le sol sablonneux de sa maison à Gaza, il boitait, des suites de sa propre blessure, en état de choc total. C’était deux jours après la tragédie, et il pouvait à peine articuler un son.

Et aussi Dam Hamad...

Une autre personne à être secouée par le drame fut la maman de Dam Hamad, une fillette de 14 ans, tuée par une poutre en béton qui avait été envoyée valdinguer par un tir de missile israélien, alors qu’elle dormait dans les bras de sa mère paralysée. Quand nous sommes arrivés dans leur maison démunie de tout, dans le quartier Brazil de Rafah, la maman était allongée, muette, dans son lit. Dam était sa seule fille. Nous avons poursuivi notre route.

Tout aussi frappée par la tragédie, Islam, la fille en noir que nous avions vue lors de notre dernier voyage à Gaza, en novembre 2006. Elle se tenait assise sur un mur de pierres en dehors des ruines de sa maison, à Beit Hanoun, après avoir perdu huit membres de sa famille, dont sa mère et sa grand-mère. Au total, 22 personnes avaient été tuées en un seul instant, par des obus tirés en plein milieu du quartier, à cause d’un dysfonctionnement dans une puce électronique de l’armement d’après le porte-parole des FDI. Et on avait repris la route.

Et la belle Fatma Barghout...

Nous avions rencontré la belle Fatma Barghout, dans sa vingtième année, dont le cancer du sein s’était propagé et qui était confrontée à des difficultés inhumaines, difficultés mises sur sa route par les autorités israéliennes qui l’empêchaient de suivre un traitement d’importance vitale pour elle en Israël. Une fois, elle a même été chassée du check-point d’Erez parce que son sein artificiel déclenchait le détecteur de métal : explications et suppliques n’ont servi à rien. Quand finalement elle obtint un permis pour entrer en Israël, il était trop tard. Quelques jours avant qu’elle ne meurt, à Gaza, je l’avais emmenée pour une journée de détente : à un safari à Ramat Gan, Hayarkon Park à Tel-Aviv et dans les ruelles du vieux Jaffa. Elle a pu voir des animaux sauvages, des pelouses vertes et des Israéliens sans arme, pour la première fois de sa courte vie.

Et la famille Ghazal, qui nous avait invités...

Et il y a la famille Ghazal, du quartier Al-Daraj, qui une fois nous a invité à partager leur fête de l’Aïd al-Fitr : deux petits poissons salés achetés 10 NIS (nouveau shekel israélien, 1€ 80 centimes), pour nourrir 13 personnes.

Tous ces héros, et toujours pas de journalistes...

C’est comme si les héros de ces colonnes, et d’autres, étaient partis avec le vent. Qui sait lesquels d’entre eux ont survécu, lesquels se sont sortis de leur tragédie - ou qui, grands dieux non, lesquels ont été tué dans l’opération Plomb durci, il y aura un an cette semaine ? Je ne saurai jamais. Je n’ai pas été en mesure d’aller reconnaître les nombreuses victimes de l’incursion militaire ; on nous a empêchés de raconter leur histoire. Gaza est toujours fermée aux journalistes israéliens, et tout le monde s’en fiche.


Du même auteur :

*  "Le Gel" n’est qu’une scène de plus dans la mascarade d’Israël 
*  Pourquoi peut-on parler avec le Hamas pour Shalit, et pas pour la paix ? 
*  C’est Peres le petit homme, pas Goldstone
*  Les colonies sont un terreau fertile pour le terrorisme 
* Amérique, arrête de cirer les pompes à Israël

25 décembre 2009 - Ha’aretz 25 décembre 2009] - traduction et sous-titrage : JPP

Source : http://www.palestineinfo.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7UFOYq2OzJjcNvtDBP%2b7LrMUJR5fVkHDrer2eMODan1beh2r2Vg7qybJJjr1DwLkTbrcOhPkn3Se403hqxS3WHJ%2fhBFxdzfNdsM9omXUw73g%3d

 

 

 

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18/02/2010

Une sagesse de Ibn ‘Atâ’i -Llâh : apparence et vérité

Ce qui est tenu caché dans la partie secrète des êtres, se dévoile (nécessairement) aux niveaux des apparences.

 

Commentaires :

 

Notre apparence trahit, souvent sans que nous en ayons conscience, ce que nous portons en nous-mêmes. Notre corps, nos attitudes, nos paroles sont le miroir de notre âme. Le bien ou le mal qui habitent le cœur humain apparaissent ainsi sur le visage et le corps, dans les gestes ou la parole.

En ce sens, on décèle les qualités spirituelles d’un homme à travers son comportement. Tout comme ses défauts. Un poète arabe affirmait en substance : « Quel que soit le caractère d’un individu, et quand bien même il pense le cacher aux autres, il finit par être connu ! » Un autre disait également : « Les preuves de l’amour ne peuvent être cachées à personne, tout comme le porteur du musc ne saurait être caché lorsqu’il est imprégné de son parfum. »

Par conséquent, celui qui prétend connaître et aimer Dieu de tout son cœur, sans que cela n’apparaisse dans son comportement, comme par le fait d’évoquer Dieu beaucoup, de se conformer à Ses ordres, et de se tourner vers Lui, celui-là manque de sincérité.

 

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17/02/2010

Sermon : La longanimité du Prophète Muhammad

 Il a été rapporté qu’un juif prénommé Zayd Ibn Sa‘na – Dieu soit satisfait de lui – était le créancier du Messager de Dieu. Il voulut réclamer le remboursement du prêt qu’il avait fait au Prophète, et cela avant son échéance. Le juif se mit donc en travers du chemin du Prophète conduisant à Médine, et s’exclama : « Vous autres, fils de ‘Abd Al-Muttalib, vous êtes des gens qui rechignent à payer leurs dettes quand cela leur est possible ! » Scène dont ‘Umar Ibn Al-Khattâb – que Dieu soit satisfait de lui – fut le témoin oculaire, ce qui le mit dans une forte colère, au point qu’il allait punir l’homme. Le Prophète déclara alors : « Nous avions vraiment besoin de te voir adopter un comportement différent de celui-là, ô ‘Umar : que tu m’ordonnes de rembourser ma dette de belle façon, et que tu lui ordonnes de réclamer son dû de belle façon ! Va, ô ‘Umar, rembourse ce qui lui est dû, et ajoutes-y vingt sâ‘ de dattes (le sâ‘ est une mesure qui correspond à 2,4 kilogrammes. Vingt sâ‘ font environ 48 kilos.). »

Le résultat de ce comportement exemplaire du Messager de Dieu fut que le juif se convertît à l’Islam, et se tînt aux côtés du Prophète pour le reste de ses combats.

 

Voilà un événement qui comprend des enseignements précieux sur le comportement qu’il convient d’adopter en situation d’endettement, tant au niveau du débiteur que du créancier : faire preuve d’indulgence et de compréhension, en considérant qu’une telle attitude  donne les meilleurs fruits. Cette histoire peut être restituée dans son contexte : alors qu’il était juif, Zayd Ibn Sa‘na avait lu dans les Ecritures dont il disposait la mention du Messager de Dieu et de ses qualités morales. Tout ce qu’il avait vu du Prophète Muhammad correspondait à la description évoquée dans ces Ecritures. Il en eut la confirmation, sauf en ce qui concerne deux qualités. La première étant que la longanimité de l’ultime Prophète devancerait sa colère, et la seconde étant que l’ignorance du sot le provoquant ne ferait que renforcer sa longanimité et sa patience.

Zayd se mit à fréquenter les assemblées du Prophète et à lui témoigner de l’affection, jusqu’au jour où il accorda un prêt à un pauvre en la présence du Prophète, lequel se porta garant du remboursement de la dette. Zayd se présenta au Messager de Dieu une année avant l’échéance fixée pour le remboursement, et il réclama son dû de cette manière provocante et irrespectueuse. Il agressa le Messager de Dieu par des paroles inconvenantes, le décrivant comme une personne avare qui refuse  d’honorer sa dette alors qu’elle en a les moyens. Chose insupportable pour ‘Umar qui songea à punir l’homme sur le champ. Mais le Messager de Dieu, doté des plus nobles vertus, dit à ‘Umar : « Ce n’est pas ce que j’attendais de toi, ô ‘Umar. Nous avions vraiment besoin de te voir adopter un comportement différent de celui-là, ô ‘Umar : que tu m’ordonnes de rembourser ma dette de belle façon, et que tu lui ordonnes de réclamer son dû de belle façon ! » Après quoi, le Prophète ordonna à ‘Umar Ibn Al-Khattâb d’aller à la trésorerie de l’Etat, et de se montrer généreux avec lui. Quand Zayd Ibn Sa‘na entra avec ‘Umar dans l’entrepôt de la trésorerie, il lui dit :

« Ne me connais-tu pas, ô ‘Umar ? » Il l’interrogea : « Qui es-tu ? » Il lui répondit : « Je suis Zayd Ibn Sa‘na. » ‘Umar poursuivit : «  Le savant juif ? » Zayd lui répondit affirmativement. ‘Umar demanda : « Qu’est-ce  qui t’a poussé à agir de la sorte ? » Zayd expliqua : « J’ai voulu soumettre à un examen deux qualités du Messager de Dieu : La première étant que sa longanimité devance sa colère, et la seconde étant que l’ignorance du sot le provoquant ne fait que renforcer sa longanimité et sa patience. »

Ce disant, Zayd se convertit à l’Islam et se tint aux côtés du Messager de Dieu en participant à l’ensemble de ses expéditions.

A travers cet événement, nous pouvons souligner le modèle exceptionnel que nous offre le caractère du Prophète : l’indulgence et la compréhension dont nous devons faire preuve face à l’ignorance et à la provocation. Et combien sont aujourd’hui nombreux ceux qui critiquent ou agressent l’Islam sans le connaître ! Le Message de Dieu agissait en cela selon les injonctions coraniques :  «  Repousse le mal par ce qui est meilleur, et voilà que celui qui est séparé de toi par une hostilité devient tel un ami chaleureux. » (Coran, 41, 34).

Nombreux sont les versets coraniques qui ordonnent à notre Prophète de se comporter avec indulgence et de se détourner des ignorants. Dieu dit :

« Sois indulgent, ordonne ce qui est convenable, et détourne-toi des ignorants. » (Coran, 7, 199)

Et encore : « Pardonne-leur de belle manière ! » (Coran, 15, 85)

Et encore : «  Qu’ils pardonnent et qu’ils excusent ! N’aimeriez-vous pas que Dieu vous pardonne ? » (Coran, 24, 22)

Et encore : « Ceux qui se montrent indulgents à l’égard des hommes. Et Dieu aime les bienfaisants. » (Coran, 3, 134)

Et encore : « Faire montre de patience et pardonner, c’est vraiment le signe d’une ferme résolution. » (Coran, 42, 43)

 

‘Âïsha – que Dieu soit satisfait d’elle – a dit : « Le Prophète n’a jamais rien frappé de sa main, ni une femme, ni un esclave. Il n’a porté de coups que lorsqu’il combattait dans la voie de Dieu. Jamais il ne se vengea de quelqu’un qui lui avait nui, sauf lorsque les interdits institués par Dieu étaient bafoués. Alors, il se vengeait pour Dieu, Exalté soit-Il. » (Muslim)

 

Et Anas – que Dieu soit satisfait de lui – a dit : « Je marchais en compagnie du Messager de Dieu, alors qu’il était vêtu d’un manteau de Najrân dont la bordure était rêche et épaisse. Un bédouin le rejoignit et le tira violemment par son manteau. Je regardai alors l’épaule du Prophète, alors que la bordure y avait laissé une trace, tant le geste du bédouin avait été brutal. Puis il lui dit : « Ô Muhammad, ordonne que l’on me remette une partie des biens appartenant à Dieu et que tu as avec toi ! » Le Prophète se tourna vers lui, sourit, puis ordonna de lui faire un don. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Tel était notre Prophète. Jamais l’humanité n’a connu tant d’humilité et d’indulgence, de compassion et de compréhension. Tel est l’Islam.

Nous demandons à Dieu qu’Il guide nos cœurs et nous rende meilleurs. Allâhumma âmîn !

 

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15/02/2010

Visages de l'imposture : Excellent article à lire

Mais qui est réellement BHL, le philosophe que les médias convoquent allégrement pour pourfendre les islamistes?

 

Bernard-Henri Lévy, le faire-savoir français

ÉDITION | L’affaire «Botul» pointe les dérives d’un système qui n’a rien à voir avec la philosophie.

 

© Manfred Klimek | Bernard-Henri Lévy. Trop impétueux ou véritable imposteur? Un peu des deux, sans doute.


Lionel Chiuch | 13.02.2010 | 00:00

Depuis plus de trente ans, la France dispose d’une sorte de chevalier blanc. Un «penseur» multicartes qui s’élance sur tous les fronts de l’indignation, de la Bosnie au Pakistan en passant par le Bangladesh. Bernard-Henri Lévy, puisqu’il s’agit de lui, le reconnaît volontiers: l’actualité sociale locale n’est pas vraiment sa tasse de thé.

C’est pourtant à domicile que le compagnon d’Arielle Dombasle s’est fait péter une mine dans les pieds. En s’en prenant, à la page 122 de son essai De la guerre en philosophie, à Kant, «le philosophe sans vie et sans corps par excellence, dont Jean-Baptiste Botul a montré (…) dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay que leur héros était un faux abstrait».

Las, c’est Botul qui est «sans vie et sans corps», puisqu’il s’agit d’un personnage fictif créé par le journaliste Frédéric Pagès.

Des «erreurs grossières»

Les réactions à cette incroyable bévue ont été aussi disproportionnées que le matraquage médiatique saluant la sortie des nouveaux ouvrages – il y en a deux – du «philosophe». Il y a pourtant longtemps que sa rigueur méthodologique fait l’objet de critiques. Dès 1977, le philosophe Gilles Deleuze comparait l’œuvre des nouveaux philosophes à du «marketing littéraire», parlant d’une «pensée nulle».

Deux ans plus tard, l’historien Pierre-Vidal Naquet relevait les «erreurs grossières» qui émaillent Le testament de Dieu, qualifiant son auteur d’un «médiocre candidat au baccalauréat». Parmi les perles relevées, une «déposition d’Himmler» au procès de Nuremberg, alors que le chef de la Gestapo s’était suicidé six mois avant son ouverture. Il y eut aussi le «roman-enquête» Qui a tué Daniel Pearl ?, qui fit dire à la veuve du journaliste américain décapité par des fanatiques que BHL est un homme dont «l’ego détruit l’intelligence».

Yann Moix, l’allié fidèle

Sur l’affaire Botul, on remarquera que BHL a cité le faux philosophe dans le cadre d’une leçon à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm (Paris). Sachant que chaque intervention de notre homme est tarifée entre 12 500 et 50 000 euros (source: Speakers Academy), cela fait cher le canular.

Le plus surprenant pour un observateur étranger, c’est le soutien dont jouit BHL dans les médias parisiens. Au point que Marianne, qui lui a consacré plusieurs pages dans son dernier numéro, n’aborde même pas l’affaire sur son site (à l’exception de quelques lignes sur le blog de Jean-François Khan).

Jean Daniel, du Nouvel Observateur, lui réitère son amitié, tout en laissant entendre qu’il voyait venir la catastrophe. Sur le site de Libé, on a carrément fermé aux commentaires l’article (gentil) consacré à l’affaire Botul, en précisant que BHL est «actionnaire et membre du conseil de surveillance» du journal.

Le pompon revient à L’Express qui, non content de trouver toutes les excuses au «philosophe», n’hésite pas à ajouter le ridicule au ridicule. En brandissant une interview dans laquelle BHL déclare qu’après l’éreintement de son film Le jour et la nui t, il avait vu apparaître dans ses mains des «sillons de sang».

Oui, vous avez bien lu. BHL frappé de stigmates. Même s’il s’agit d’une métaphore, elle est un peu raide. C’est tout de même sur le site de la revue de ce messie, La règle du jeu, qu’est paru le pamphlet haineux de Yann Moix consacré à la Suisse.

 

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10/02/2010

Vote antiminarets : Lutter contre l’islamophobie

Que se passe-t-il en Suisse depuis la date fatidique du 29 novembre 2009, où une mesure étonnante a été votée à l’encontre des musulmans par une majorité de nos citoyens?

Notre gouvernement s’est manifesté par de timides explications en déclarant que le vote ne sanctionne pas l’islam en tant que tel, mais l’extrémisme religieux. M. Hans-Rudolf Merz a ajouté maladroitement que la Suisse ne présenterait pas d’excuses, comme si ce vote était une forme de revanche contre la maison Kadhafi!

Il aurait été plus digne de réaffirmer les arguments que le Conseil fédéral avait lui-même énoncés pour rejeter l’initiative populaire contre la construction de minarets:

«L’initiative est en contradiction avec de nombreux droits fondamentaux inscrits dans la Constitution fédérale et porte atteinte aux droits de l’homme. Elle ne contribue nullement à protéger l’ordre juridique suisse et menace au contraire la paix religieuse dans notre pays. Le Conseil fédéral et le parlement rejettent donc l’initiative.» (Confédération suisse, Votation du 29 novembre 2009)

Tout comme nos dirigeants, les médias, qui pourtant avaient considéré avec distance les arguments aberrants des initiateurs, soit se taisent aujourd’hui devant la loi du nombre, qui donne une suprématie inquiétante au lectorat aussi bien qu’à l’électorat; soit se font l’écho de ceux qui s’expriment dans le registre ouvert et nauséabond de l’islamophobie. Si le peuple éclairé de Suisse a voté pour, c’est donc que les musulmans sont bien méchants! (Remarquez que c’est une façon comme une autre – quoique bien naïve – de se soulager la conscience.)

Et ces médias de citer toute la liste des préjugés grossiers qui vont des massacres contre les chrétiens à la violence en Afghanistan en passant par la condition de la femme musulmane et les châtiments de la loi islamique!

Viennent ensuite les Arabes de service pour vanter la démocratie suisse et fustiger les musulmans, en déclarant que le seul but des minarets «est idéologique»!

Non. Ce vote cautionne ouvertement une forme de discrimination religieuse à l’encontre des citoyens et des résidents musulmans de ce pays, et cela est inacceptable.

Si l’on interdit le minaret, il faut interdire le clocher. Il est nécessaire aujourd’hui d’engager un dialogue constructif qui ne se fonde pas sur la peur. Il est impératif de ne pas admettre en Suisse la mise à l’index d’une communauté par la diabolisation de ses pratiques.

Les musulmans se doivent de suivre toutes les voies légales pour faire valoir leurs droits. Ils porteront plainte contre tout propos ségrégationniste et feront recours contre toute mesure discriminatoire.

Que les citoyens libres de tous les cantons – et de tous les pays – s’unissent contre le fascisme des ultranationalistes et l’hypocrisie de ceux qui confondent la démocratie et sa perversion par la manipulation des masses!

Dans les années trente, souvenez-vous, un même sentiment de rejet – à l’encontre des juifs – devait porter la bête immonde au pouvoir. Et la presse d’alors et le pouvoir s’en sont lavé les mains!

 

Hani Ramadan,

24 heures, l’invité, 10 février 2010

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07/02/2010

La mère en Islam : paroles du Prophète Muhammad

 

 

Un homme vint au Prophète Muhammad et demanda : « Qui, parmi les gens, a en priorité le droit que je sois un bon compagnon pour lui ? – Ta mère, lui répondit le Prophète (000). Puis qui ensuite ?, reprit l’homme. –Ta mère. Puis qui ensuite ? – Ta mère. Puis qui ensuite ? – Ton père. » (Tradition authentique rapportée par Al-Bukhârî et Muslim)

Commentant ce hadith, Al-Qurtubî affirme que l’amour et la compassion de l’enfant pour sa mère doivent être trois fois supérieurs à l’amour qu’il a pour son père.

Cela, parce que la mère l’a porté dans son ventre avec peine, et elle l’a enfanté avec peine. Et l’a allaité pendant de longs mois. Trois actions pénibles que le père n’a pas endurées.

 

À écouter :

http://www.youtube.com/watch?v=JjR8beYxJik&feature=re...

http://www.youtube.com/watch?v=ttRgELNsK0E&feature=related

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Suisse et minarets : Un membre de l'UDC converti à l'Islam quitte ce parti


Cette nouvelle date du mois de novembre dernier, mais comme elle a échappé à beaucoup, il est utile de la rappeler:

Daniel Streich instructeur dans l'armée suisse et (ex) membre du parti Suisse à l'origine de l'initiative contre la construction des minarets, acteur de la vie politique locale de la ville de Bulle dans le canton de Fribourg en Suisse a récemment quitté ce parti (vers le 10 novembre) car il considérait cette initiative comme étant une chasse aux sorcières et a rendu publique sa conversion à l'islam faite il y a 2 ans.

article en anglais :
http://www.tikkun.org/tikkundaily/20...erts-to-islam/

Depuis que sa conversion a été rendue publique il a subit quelques attaques de la part de membres de ce parti :

Suisse: Un ex-politicien et militaire de carrière devrait être exclu de l’armée

C’est l’avis du Conseiller national suisse UDC Alfred Heer

Zurich, 24 novembre 2009 (Apic) Sous prétexte d’être devenu musulman, Daniel Streich, de Bulle, dans le canton de Fribourg, devrait être exclu de son poste d’instructeur dans l’armée suisse. Il constituerait, aux yeux du conseiller national UDC zurichois Alfred Heer un "risque pour la sécurité du pays".

Comme l’a indiqué "La Liberté" du 23 novembre, Daniel Streich, ex-membre de l’UDC, s’est converti à l’islam. Le député zurichois fonde sa demande sur la tuerie de Fort Food aux Etats-Unis où un commandant militaire avait ouvert le feu et fait 13 victimes. Pour Alfred Heer, cela est révélateur des dangers que représente un responsable militaire converti à l’islam.


source :

http://www.kipa-apic.ch/index.php?PH...,0,f&ki=201601

 

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05/02/2010

Cinq minutes pour GAZA

GIDEON LEVY : UNE VOIX ISOLEE EN ISRAEL

Il vaut la peine d’entendre cet homme courageux qui dit clairement la vérité sur Israël et la politique de son gouvernement, sur les erreurs d’Obama et sur la passivité de la communauté internationale. A voir et écouter impérativement.

http://www.dailymotion.com/video/xbzu6u_israel-gideon-lev...

 

 

 

 

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04/02/2010

UNE IDOLE CACHEE : AL-HAWÂ

A partir du moment où l'être humain, porté par les biens de ce monde, se détourne de sa vocation essentielle qui est l'adoration exclusive de Dieu, il tombe nécessairement dans l'idolâtrie. Qui n'adore pas Dieu adore inévitablement une idole. Par sa nature même, l'homme éprouve le besoin de se donner un maître. S'il ne rencontre pas Dieu, son seul Seigneur légitime, alors il se soumet à de fausses divinités.

L'Imam Ibn Taymiyya expliquait déjà cette réalité en rappelant que l'homme est un être sensible qui est toujours mû par une volonté.

Or, explique Ibn Taymiyya, toute volonté a un objet - la chose voulue -, et l'homme ainsi tend toujours vers l'objet de son désir. Si, avec amour et crainte, il ne s'oriente pas vers Dieu, alors il substitue à son Créateur un autre objet, ou un idéal auquel il se soumet, et pour lequel il se dévoue.

Le Coran appelle ainsi «dieu» la passion de l'homme (al-hawâ) qui vient prendre la place réservée à Dieu dans son cœur :

 

«Ne vois-tu pas celui qui a pris pour dieu sa

passion ?

Est-ce à toi d'être un garant pour

lui ?» (Coran, 25 ; 43)

 

 

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Message d' AIDE SANITAIRE SUISSE aux PALESTINIENS

Peut-on secourir Haïti en oubliant Gaza ? par Jacques Vittori

 

En Haïti, les Etats-Unis prenant conscience de leurs responsabilités de voisin immédiat et de superpuissance ont pris résolument les commandes de la gigantesque opération humanitaire qui, tant bien que mal, se met en place pour sauver des vies et distribuer eau, vivres et soins médicaux en urgence.

 

Quelle serait la réaction de l’opinion publique mobilisée par les médias si une grande puissance décidait unilatéralement de bloquer l’accès à toute l’aide de la communauté internationale destinée à la reconstruction d’Haïti ?

 

C’est cette situation inacceptable qui est pourtant en vigueur au Proche Orient où le gouvernement israélien a décidé un siège de la bande de Gaza depuis 2006.  En janvier 2009 la guerre avait tué 1400 palestiens-nes (dont 333 enfants) et blessé plus de 5'000 personnes, en majorité des civils; 3500 maisons avaient été détruites totalement, plus de 50'000 partiellement (dont 280 écoles et jardins d’enfants).

 

Ce cataclysme n’est-il pas comparable à un tremblement de terre avec sa succession de répliques?  Plus de 10.000 hommes, femmes et enfants restent prisonniers sous les décombres du droit humanitaire israélien. C’est pourquoi les palestiniens se sentent solidaires des Haïtiens. Les besoins vitaux de la population palestinienne sont analogues à ceux du peuple haïtien.

 

Il n’y a pas de solution toute faite mais la solidarité sans frontière en action en Haïti ne peut sans une scandaleuse contradiction oublier Gaza.

 

AIDE SANITAIRE SUISSE aux PALESTINIENS

 

               15, rue des Savoises 1205 Genève – tél  022 329 82 13/079 311 80 95

Courriel assp@assp.ch – site internet www.assp.ch – compte de chèque postal 12-11690-7

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03/02/2010

Une sagesse de Ibn 'Atâ'i-Llâh : MONOTHEISME ET LIBERTE

 Tu n'aimes pas une chose sans en être l'adorateur. Et Lui (Dieu) n'aime pas te voir adorer autre chose que Lui.

 

Sagesse à laquelle fait écho cette réflexion de l'Imam Abû al-Qâsim al-Junayd :

«Tu n'es pas véritablement son adorateur, alors que quelque chose en dehors de Lui te réduit à l'esclavage. Et tu ne saurais atteindre une complète liberté, alors que tu n'as pas accompli entièrement tes devoirs  d'adoration.»

 

En d'autres termes, la liberté de l'homme dépend de son entière soumission à Dieu, qu'il reconnaît comme seul et unique Maître, en refusant de se prosterner devant les idoles ou de s'adonner au culte des fausses divinités. Au contraire, l'homme qui se laisse entraîner par sa passion, quel que soit son objet, est réduit à une forme d'esclavage, qu'il en ait conscience ou non.

Le monothéisme fonde ainsi la seule liberté qui ne soit pas une illusion.

 

 

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02/02/2010

Avis sur le port du voile intégral

La COMMISSION NATIONALE CONSULTATIVE DES DROITS DE L’HOMME s'exprime contre l'interdiction du port du voile intégral

Avis sur le port du voile intégral

(Adopté par l’Assemblée plénière du 21 janvier 2010)

1.       A la suite d’une proposition de résolution de M. André Gerin[1], une mission d’information parlementaire a été créée sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national, rebaptisée par la suite mission d’information parlementaire sur le port du voile intégral. Celle-ci a été instituée afin d’établir « un état des lieux de la pratique du voile intégral en France » et d’examiner « ses conséquences concrètes dans la vie sociale » et « son articulation avec les principes de la République française et, en particulier, celui de la liberté et de la dignité des femmes ». Le rapport de cette mission doit être rendu fin janvier 2010.

2.       La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) veille au respect des droits de l’homme, en tant que principes indivisibles et universels. En l’espèce, une intervention législative pourrait mettre en jeu les principes de liberté de pensée, de conscience et de religion, de droit au respect de la vie privée, et de liberté d’aller et venir. En prenant en compte la pluralité des positions sur un sujet aussi complexe, la CNCDH entend préciser quelques principes.

3.       La CNCDH rappelle que dans une société libérale, toute restriction aux droits garantis par la Constitution et par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté d’expression et la liberté de circulation doit être prévue par la loi, et constituer une mesure nécessaire, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui[2]. En ce sens, la loi doit être de portée générale, égale pour tous, et ne pas viser de situations particulières, conformément à l’article 34 de la Constitution. A cet égard, les lois d’exception comme les lois de circonstances doivent, dans la mesure du possible, être soigneusement évitées.

4.       C’est donc à l’aune du principe de nécessité que doit être jugée une intervention législative. Tout projet ou proposition de loi doit veiller à ce que les effets pervers ne soient pas supérieurs aux effets souhaités, et que les atteintes portées à la liberté de pensée, de conscience et de religion, au droit au respect de la vie privée, et à la liberté d’aller et venir soient strictement nécessaires, et proportionnés au regard du but qui les fonde.

·         Port du voile intégral et respect de l’ordre public

5.       Des limitations à la liberté de religion peuvent être fondées sur la nécessité de prévenir les troubles à l’ordre public[3]. Le port du voile intégral dans les espaces publics peut être, dans certaines situations, une atteinte à l’ordre public. Ainsi, la prohibition ponctuelle du port du voile intégral lorsque l’identification de la personne est nécessaire, par exemple au guichet de banques, pour des parents allant chercher leurs enfants à l’école, ou au sein d’hôpitaux peut être justifiée et nécessaire au regard de l’ordre public. Sur ce fondement, l’autorité réglementaire compétente peut prendre un acte administratif prohibant le port du voile intégral.

6.       Une telle prohibition du port du voile intégral ne peut être que limitée dans l’espace et dans le temps, et en raison de circonstances particulières. Dans un certain nombre de cas, cette prohibition est déjà appliquée. Une prohibition du port du voile intégral dans tous les espaces publics sur le fondement de l’ordre public ne saurait, sauf à étendre abusivement cette notion, être justifiée ni être considérée comme nécessaire dans une société démocratique, eu égard notamment à la gravité des atteintes aux droits de l’homme qu’elle occasionnerait.

·         Port du voile intégral et atteinte à la dignité

7.       La CNCDH souligne que le port du voile intégral lorsqu’il est imposé, est constitutif d’une atteinte à la dignité de la personne humaine. Ce vêtement apparaît pour beaucoup comme une contrainte sociale, que l’on peut considérer comme une forme d’oppression. Par ailleurs, la CNCDH comprend que l’absence de possibilité d’identification pose un certain nombre de problèmes au regard des principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité. L’impossibilité de distinguer le visage des femmes portant le voile intégral peut ainsi être perçu comme une négation de leur personnalité, et comme un refus de communication avec autrui ; en somme, le port du voile intégral rend la femme invisible aux autres et limite ses possibilités de relations sociales, cela empêchant, selon certains, que les femmes puissent y exprimer leur identité.

8.       A ce titre, la CNCDH rappelle que l’égale dignité des hommes et des femmes est consacrée par plusieurs textes de droit interne et international. Ainsi, le préambule de la constitution de 1946 rappelle dans son article 3 que la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme. De même, la Charte des Nations Unies et l’ensemble des traités internationaux garantissent une égalité effective des femmes et des hommes. En outre, la Convention pour l’élimination des discriminations envers les femmes du 18 décembre 1979, ratifiée par la France le 14 décembre 1983, prévoit à l’article 5 que les Etats « prennent toutes les mesures appropriées pour modifier les schémas et modèles de comportement socioculturel de l’homme et de la femme en vue de parvenir à l’élimination des préjugés et des pratiques coutumières, ou de tout autre type, qui sont fondés sur l’idée de l’infériorité ou de la supériorité de l’un ou l’autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes ».

9.       Cependant, la gravité de cette atteinte à la dignité diffère selon que le port du voile intégral est revendiqué comme volontaire ou non, et, si certaines personnes portant le voile intégral partagent l’idée d’une infériorité de la femme, le vêtement en lui-même ne peut être purement et simplement assimilé à une idéologie. A ce titre, concernant les femmes revendiquant un port du voile intégral volontaire, il apparaît difficile de s’assurer de leur consentement réel, et des influences qu’elles ont pu subir. De plus, il est complexe de distinguer les femmes qui portent le voile intégral de manière revendiquée, des femmes qui le portent de manière subie. En ce sens, l’endoctrinement de certaines personnes peut, dans une certaine mesure être assimilable à une dérive sectaire.

10.   La prohibition du port du voile intégral pour des personnes revendiquant pleinement cette pratique pourrait aussi être regardée comme portant une atteinte à leur liberté de conscience. Par ailleurs, les femmes subissant le voile intégral se verraient doublement punies, dans la mesure où une loi risquerait de porter atteinte à leur liberté de circulation. De plus, les personnes imposant aux femmes le port du voile intégral pourraient continuer à jouir de tous leurs droits, alors même que celles qui en seraient victimes subiraient une véritable discrimination. Une loi prohibant le port du voile intégral dans les espaces publics risquerait donc d’avoir, en pratique, des effets pervers, et ne pas être proportionnée aux buts en vue desquels elle a été créée. Sans se prononcer à ce stade sur l’opportunité d’une loi ayant un champ d’application plus réduit, la CNCDH entend rappeler que le soutien aux femmes qui subissent des violences doit être une priorité politique, conformément à la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes[4], ce qui pourrait être une mesure plus appropriée pour protéger le droit à la dignité des femmes portant le voile intégral.

·         Port du voile intégral et laïcité

11.   La CNCDH rappelle son attachement au principe de laïcité. Consacrée depuis plus d’un siècle, la laïcité constitue ainsi une valeur fondatrice de la République française, conciliant la liberté de conscience, le pluralisme religieux et la neutralité de l’Etat[5]. La laïcité semble aujourd’hui faire l’objet de deux dérives contradictoires. D’une part, certains tendent à réduire le principe de laïcité à un simple principe de tolérance, justifiant un repli communautariste. D’autre part, certains semblent réclamer aujourd’hui un rejet de tout signe religieux dans l’espace public. Or, non seulement la République « assure la liberté de conscience » mais en outre elle « garantit le libre exercice des cultes » (article 1er de la loi de 1905), la République respectant « toutes les croyances » (Article 1er de la Constitution)[6]. La séparation des Eglises et de l'Etat ne doit donc pas être comprise comme visant à l'éviction hors de l'espace public de toute manifestation d'une conviction religieuse, mais comme l'affirmation d'une différence de nature entre d'une part la poursuite, par un ou plusieurs individus, d'un engagement intime qui leur est propre (l'adhésion à une croyance et les manifestations collectives possibles de cette adhésion) et d'autre part la participation du citoyen à la vie politique, c'est-à-dire aux affaires « publiques ». Ainsi doit être comprise la distinction fondamentale entre  « sphère privée » et « sphère publique »[7]. Si, dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit en application du principe de laïcité[8], il ne pourrait servir à lui seul de fondement à une prohibition du port du voile intégral.

Eu égard au principe de laïcité, il n’appartient pas à l’Etat de déterminer ce qui relève ou non de la religion.

           

·         Prohibition du voile intégral et stigmatisation

12.   Par ailleurs, la CNCDH s’inquiète d’un débat qui risque d’assimiler l’ensemble des musulmans à une minorité radicale, même si la doctrine islamique majoritaire ne considère pas que le port du voile intégral soit une prescription religieuse. La CNCDH a déjà, à maintes reprises, dénoncé la stigmatisation qui tend à se développer à l’encontre des musulmans[9], et entend prévenir toute mesure favorisant l’hostilité à leur égard. Par ailleurs, la CNCDH pense qu’une loi prohibant le port du voile intégral, très probablement perçue et vécue comme anti-musulmane, risquerait de renforcer l’audience et l’influence de ces mouvements radicaux qu’il convient de condamner.

13.   A ce titre, la CNCDH estime que le port du voile intégral peut être l’expression d’une réaction à un sentiment de discrimination et de marginalisation qu’il ne faudrait pas encourager. C’est pourquoi, bien plus qu’une loi spécifique, un travail de médiation et de dialogue social pourrait permettre de régler un certain nombre de difficultés liées au port du voile intégral, et, dans une certaine mesure, permettre de modifier les pratiques de port du voile intégral qui sont fondées sur l’idée de l’infériorité ou de la supériorité de l’un ou l’autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes.

14.   La CNCDH craint un regain de controverses internationales au sein des organisations internationales de promotion et de protection des droits de l’homme qui avaient émergés à la suite de la loi du 15 mars 2004, alors que le contexte actuel, apaisé, encourage à la prudence et à la mesure.

15.   La CNCDH estime nécessaire de faire œuvre de pédagogie, dès l’école, afin de permettre de faire une distinction nette entre la connaissance et la croyance, et de permettre à tous de mieux comprendre les religions et la laïcité en tant que faits historiques et faits sociaux, et de poser les bases d’un vivre ensemble.

A ce titre, la CNCDH souligne que l’éducation aux droits de l’homme, et les cours d’éducation civique, juridique et sociale doivent être une priorité, en visant les femmes et les hommes, afin de permettre la participation de tous à la vie de la cité, dans un esprit d’ouverture.

·         Applicabilité d’une prohibition du port du voile intégral

16.   La CNCDH souligne qu’une prohibition du port du voile intégral peut sembler difficile à mettre en œuvre en pratique. Il conviendrait à cet égard de prendre en compte les risques qu’une intervention législative pourrait entraîner pour les intérêts français et les Français à l’étranger.

17.   La rédaction d’une loi ne serait pas sans poser de problème. Concernant les personnes à qui cette loi s’appliquerait, il conviendrait de déterminer si la prohibition du port du voile intégral vise les ressortissants français, les candidats à la naturalisation, les résidents de longue durée, les détenteurs de visa de courte durée, ou les touristes…

18.   Par ailleurs se pose la question de savoir quelle serait la définition ou la description objective du vêtement incriminé et ou s’arrêtera l’interdiction.

19.   De plus, concernant le champ d’application territoriale d’une prohibition du port du voile intégral, plusieurs espaces peuvent être concernés : si le domicile semble exclu, au nom du droit à l’intimité, les notions d’espace public et d’espace privé restent à définir.

20.   Enfin, concernant les effets juridiques d’une éventuelle prohibition, il conviendrait de déterminer les sanctions prévues (amende, confiscation du vêtement litigieux), et les personnes étant visées par la loi (les femmes portant le voile intégral, leurs familles, ou leurs proches), ainsi que les cas d’aggravation de la peine, notamment pour la récidive.

    

21.   Sur le plan international, avant toute intervention législative, il convient de prendre en compte que les arguments invoqués et les dispositions adoptées risquent d’être transposés dans des pays étrangers, avec des objectifs diamétralement opposés. L’idée que chaque Etat est souverain pour imposer des codes vestimentaires, ou pour définir ce qui est conforme à la moralité ou à la dignité de la femme, peut introduire le relativisme juridique allant à l’encontre de l’universalisme des droits de l’homme, et de l’égalité entre les sexes.

22.   Au regard de l’analyse de tous ces éléments et du dispositif normatif existant, la CNCDH n’est pas favorable à une loi prohibant le port du voile intégral.

La CNCDH formule en conséquence les recommandations suivantes visant à guider les réflexions du Gouvernement et du Parlement sur le port du voile intégral :

1. En premier lieu, la CNCDH n’est pas favorable à une loi prohibant de manière générale et absolue le port du voile intégral.

2. Elle rappelle que le soutien aux femmes qui subissent toutes forme de violence doit être une priorité politique.

3. Elle préconise, afin de lutter contre toute forme d’obscurantisme, d’encourager la promotion d’une culture de dialogue, d’ouverture et de modération, afin de permettre une meilleure connaissance des religions et des principes de la République.

4. Elle appelle au renforcement des cours d’éducation civique – y compris l’éducation et la formation aux droits de l’homme – à tous les niveaux, en visant les hommes et les femmes.

5. Elle demande la stricte application du principe de laïcité et du principe de neutralité dans les services publics, et l’application des lois existantes.

6. Elle souhaite que, parallèlement, des études sociologiques et statistiques soient réalisées, afin de suivre l’évolution du port du voile intégral.

*****

(Résultat du vote en Assemblée plénière - pour : 34 voix ; contre : 2 ; abstention : 0)

 

 

 

 

 

[1] Proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national du 9 juin 2009.: http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pio...

[2] Article 9 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Liberté de pensée, de conscience et de religion

1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.

2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

Article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques :

1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte et l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement.

2. Nul ne subira de contrainte pouvant porter atteinte à sa liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix.

3. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l'ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d'autrui.

4. Les Etats parties au présent Pacte s'engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux de faire assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions.

[3] La Cour européenne des droits de l’homme considère ainsi que des exigences de sécurité individuelle ou collective peuvent justifier une limitation de la liberté de religion. Elle a décidé que les sikhs pratiquants portant le turban pouvaient être obligés de l’ôter afin de pouvoir porter un casque lorsqu’ils circulent à moto (X c. Royaume-Uni, no 7992/77, décision de la Commission du 12 juillet 1978, Décisions et rapports (DR) 14, p. 234), ou encore afin de pouvoir se soumettre aux contrôles en vigueur à l’entrée des consulats (El Morsli c. France (déc.), no 15585/06, 4 mars 2008 ou des aéroports (Phull c. France (déc.), no 35753/03, CEDH 2005-I, 11 janvier 2005).

[4] Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, 21 décembre 1993 :

 http://www2.ohchr.org/french/law/femmes_violence.htm

[5] Avis en réponse à la consultation du Bureau du Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies sur le suivi par la France de la Résolution 7/19 du Conseil des droits de l’homme du 27 mars 2008 sur « la lutte  contre la diffamation des religions »,  (Adopté par l’Assemblée plénière du 12 juin 2008), http://www.cncdh.fr/IMG/pdf/08.06.12_Avis_diffamation_des...

[6]  Art. 1. de la Constitution de la V° République :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

[7]La laïcité aujourd’hui, rapport d’étape de la CNCDH,  http://www.cncdh.fr/IMG/pdf/La_laicite_aujourd_hui.pdf  

[8] loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics :

http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEX...

A ce propos la CNCDH avait fait valoir : « La loi du 15 mars 2004 sur le port de signes religieux ostensibles dans les écoles publiques – primaires et secondaires - doit être appréhendée dans ce contexte. Issu d’une réflexion collective approfondie menée par une commission de Sages, présidée par le Médiateur de la République, ce texte ne doit pas être conçu comme une mesure discriminatoire à l’égard des religions dans leur ensemble ou d’une religion en particulier. Il a pour objectif de réaffirmer le principe de laïcité qui garantit la liberté de conscience et le pluralisme religieux dans l’espace public, en assurant la liberté de chacun de s’exprimer et de pratiquer sa religion. Si la loi interdit les signes religieux ostensibles, c'est-à-dire les signes et tenues dont le port s’apparente à une forme de prosélytisme religieux excessif, elle autorise les signes discrets d’appartenance religieuse ».

Avis en réponse à la consultation du Bureau du Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies sur le suivi par la France de la Résolution 7/19 du Conseil des droits de l’homme du 27 mars 2008 sur « la lutte contre la diffamation des religions », 12 juin 2008 :

http://www.cncdh.fr/IMG/pdf/08.06.12_Avis_diffamation_des...

[9]Etude sur « l’intolérance et violences à l’égard de l’Islam dans la société française », 31 octobre 2003 http://www.cncdh.fr/IMG/pdf/Etude_Intolerance_a_l

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