1959

19/11/2010

Le mot d' Hélène Quélen Mokry

 Portes ouvertes du samedi 6 novembre 2010. Centre Islamique, 104 rue des Eaux vives.

 

 Chers amis,

 

En remerciant le Centre Islamique pour son accueil et son responsable Hani Ramadan pour son invitation, permettez-moi de vous transmettre les cordiales salutations de notre communauté catholique-chrétienne, mais aussi des membres de la Plateforme interreligieuse de Genève.

 


Il y a un an, en novembre 2009, c’était la période mouvementée de la votation  concernant les minarets. Un an après et dans un autre état d’esprit, s’est ouvert au Conseil œcuménique de Genève un colloque international sur le dialogue islamo-chrétien.

 

Sans citer les intervenants, il est à souligner l’importance d’un tel débat dans notre société actuelle, dominée par la confusion, l’ignorance et l’instabilité.

 

Une première constatation montre que les mêmes problèmes et possibilités préoccupent le monde des croyants dont la vocation commune ne peut se réaliser que dans « l’amour de Dieu et du prochain » au delà de nos différences culturelles et identitaires car, soulignait un autre intervenant, « nos religions n ‘ont pas de valeur sans identité », mais « il n’y a pas d’identité sans valeurs. »

 

Cela nous amène donc à réfléchir à ce que l’on appelle de nos jours le « vivre ensemble » dans une société multiculturelle et multireligieuse incontournable, et cela dans un respect mutuel. Nous avons tout intérêt à connaître et reconnaître l’Autre dans sa foi et son humanité, cela nous enrichit et fait reculer la peur qui génère le rejet, l’obscurantisme, et le repli sur soi-même qui ne peut mener qu’au conflit. Une société égoïste et qui ne s’ouvre pas ne peut évoluer, au contraire elle régresse et ne construit pas l’avenir.

 

Souvent on entend dire que les religions sont sources de conflits. Pourtant, nous pouvons voir autour de nous de multiples autres sources de conflits : les inégalités de toutes sortes, la distribution injuste des ressources naturelles, la précarisation de certains peuples par la domination des plus grands, etc. Il serait peut-être temps que nos religions se rassemblent autour d’une parole commune qui s’intéresserait plus au devenir de l’humain qu’à sa prospérité propre.

 

Certes, ce message n’est pas simple, et toutes les communautés croyantes ne sont pas prêtes à le mettre en pratique. Là encore, il faut du travail et de la bonne volonté, car c’est un défi à nos habitudes confortables, mais c’est aussi un enjeu qui a toute sa valeur humaine et prophétique.

 

Pour terminer sur une parole d’espoir, je souhaite vraiment que nous, croyants, nous puissions ensemble, de par la foi qui nous anime et nous fortifie, garder au cœur que l’amour de Dieu et de notre prochain, donc de ceux ou celles qui nous ressemblent, quelles que soient leurs familles spirituelle, culturelle et humaine, puissent être un jour les pierres qui construiront pour celles et ceux qui nous suivrons, un avenir d’entraide, de compassion et de paix entre tous les peuples et religions.

 

 

Hélène Quélen Mokry.

 

Samedi 6 novembre 2010.  

 

 

 

 

 

  

 

 

 

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