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20/01/2011

Stéphane HESSEL censuré à Paris par les lobbies sionistes

 Stéphane Hessel: interdit à Normale Sup, acclamé au Panthéon

Par Anne BRIGAUDEAU  

(19 janvier 2011)

AFP/Boris Horvat

 Des centaines de personnes sont venues mardi soir écouter Stéphane Hessel s'indigner place du Panthéon (Paris 5e)

A l'appel de la LDH, du Front de gauche, d'associations pro-palestiniennes, les manifestants protestaient contre l'annulation par la directrice de Normale Sup, Monique Canto-Sperber, d'un débat sur le conflit israélo-palestinien avec l''auteur d'"Indignez-vous" (plus de 700.000 exemplaires vendus).


Résultat : le colloque prévu a eu lieu place du Panthéon, attirant, comme l'a noté ironiquement la déléguée générale de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne Leïla Shahid, beaucoup plus de monde que s'il s'était tenu rue d'Ulm.

Hessel :"rendre compte de ce qu'on a vu à Gaza"

Parmi les participants qui se sont succédé à la tribune sous la bannière "Solidarité Palestine: contre la censure et la répression, pour la défense des libertés" : le journaliste du Monde Diplomatique Dominique Vidal, le journaliste et pacifiste israélien Michel Wasrchawski et "le plus jeune" d'entre eux Stéphane Hessel (93 ans), qui a remporté la palme des applaudissements.

Très applaudie aussi, une jeune Israélienne étudiante à l'Ecole normale supérieure (ENS) qui a tenu, comme les autres, à dénoncer le rôle revendiqué du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives) dans l'annulation du débat.

"La liberté de l'information est bafouée par une action comme celle-là"

Devant une foule acquise, Stéphane Hessel, qui avait enfilé le bonnet phrygien distribué par des militants pro-palestiniens, a dit "sa reconnaissance" à ses "amis venus pour s'indigner de ce qu'on dénie la possibilité de tenir une réunion pacifique, au cours de laquelle on donnerait simplement la voix à des gens qui ont été récemment à Gaza et qui veulent rendre compte de ce qu'ils ont vu là-bas".

"Ce qui est à mon avis insupportable, c'est qu'au dernier moment, l'accès à une salle où nous devions nous réunir pacifiquement nous soit refusé, sans aucune raison particulière. La liberté de l'information est bafouée par une action comme celle-là", a poursuivi l'ancien résistant, en disant "penser que c'est (la ministre de l'Enseignement supérieur) Valérie Pécresse qui a relayé le désir du Crif de ne pas laisser parler librement sur Gaza". Avec humour, il a aussi noté qu'il était interdit à Normale Sup où il fut étudiant il y a soixante-dix ans. Et de conclure, en scandant les syllabes, par son désormais célèbre : "In-di-gnez-vous !"

Comme prévu, le débat a aussi porté sur la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l'occupation des territoires palestiniens.

Michel Tubiana estime que "le Crif joue avec le feu"

Dans une tribune publiée sur Mediapart, le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme Michel Tubiana estime que le "Crif joue avec le feu" et dénonce "une communautarisation accrue du débat politique": "Le CRIF prend le risque de laisser croire qu’il y aurait une sorte de signe d’égalité entre les juifs pris collectivement ou individuellement, et la politique des autorités israéliennes. Cette double prise d’otage, qu’elle vise à interdire tout débat sous prétexte d’antisémitisme ou qu’elle vise à identifier tout juif à l’action gouvernementale israélienne, ne peut que conduire qu’à une communautarisation accrue du débat politique."

A propos de la campagne BDS, Michel Tubiana précise aussi: " La LDH pour sa part, comme l’autorité palestinienne, dont la représentante en Europe Leïla Shahid devait participer à la réunion finalement interdite, considère comme plus efficace d’appeler au respect de la législation européenne et donc de cibler les produits issus de colonies."

source : http://culture.france2.fr/livres/actu/hessel-interdit-a-n...

 

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