27/10/2011

Sagesse : reconnaissance

Voici la traduction de la 4e  EPÎTRE et de quelques sagesses d’Ibn ‘Atâ’i -Llâh sur le thème de la reconnaissance.  


Parmi les choses qu’il a écrites à certains de ses frères, il a dit – que Dieu lui accorde Son agrément – :

 

« En présence des faveurs divines, les hommes se divisent en trois catégories :

 

-         Celui qui se réjouit de la faveur qui lui est faite, non pas en considération de son Donateur et son Initiateur, mais seulement pour le plaisir qu’il en éprouve. Celui-là fait partie des gens irréfléchis (ghâfilûn) à qui s’applique Sa parole, Exalté soit-Il : « Jusqu’à ce qu’ils se fussent réjouis de ce qui leur avait été donné, Nous nous saisîmes alors d’eux soudainement. » (Coran, 6, 44)

-         Celui qui se réjouit de la faveur qui lui est faite, en considérant qu’elle est une faveur de Qui l’a envoyée et un bienfait de Celui qui a fait qu’elle lui parvienne. A celui-là s’applique Sa parole, Exalté soit-Il : « Dis : « De la grâce de Dieu et de Sa miséricorde, voilà de quoi ils devraient se réjouir. C’est bien mieux que tout ce qu’ils amassent ». » (Coran, 10/58)

-         Celui pour qui Dieu est la source de joie, et qui n’est occupé ni par la jouissance apparente liée à Ses faveurs, ni par la pensée du privilège qui lui est accordé. Au contraire, il est uniquement occupé à porter son regard vers Dieu, le détournant de tout autre objet, et assemblant tout son être vers Lui. Il ne voit que Lui. A celui-là s’applique Sa parole, Exalté soit-Il : « Dis : Allah ! Puis laisse-les s’amuser dans leurs divagations. » (Coran, 6, 91)

 

 

Dieu révéla à David – que Dieu lui accorde, ainsi qu’à notre Prophète, la clémence et la paix - : « Ô David ! Dis à ceux qui Me sont très sincèrement dévoués (as-siddiqûn) qu’ils se réjouissent et que par Ma mention (dhikrî) ils se livrent aux délices. »

Que Dieu – Exalté soit-Il – fasse que notre joie ainsi que la vôtre s’accomplissent par Lui, et par Son agrément. Qu’Il fasse que nous soyons du nombre de ceux dont la compréhension est éclairée par Sa lumière. Qu’Il nous préserve de faire partie des hommes irréfléchis, et qu’Il nous place sur la voie des hommes pieux par l’effet de Sa faveur et de Sa générosité ! »

 

Extraits des Sagesses

 

Sagesse : « Celui qui ne connaît pas la valeur des bienfaits par leur présence, la connaît par leur perte. »

 

Commentaires 

 

Ainsi, nul ne connaît la valeur du bienfait que représente la vue autant que celui qui est devenu aveugle.

Nul ne connaît la valeur de l’eau autant que celui qui a soif.

Le fils qui se comporte mal avec ses parents ne prend conscience de la valeur de leur présence que le jour de leur mort.

Le croyant authentique est celui qui de façon constante remercie son Créateur pour Ses innombrables bienfaits. Le Coran affirme : « Et si vous comptiez les bienfaits de Dieu, vous ne sauriez les dénombrer. L’homme est vraiment très injuste, très ingrat. » (Coran, 14, 34, voir aussi 16, 18)

La reconnaissance permet de préserver, et même d’augmenter le bienfait qui nous est donné : « Et lorsque ton Seigneur proclama : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai (Mes bienfaits) pour vous. » » (Coran, 14, 7)

On a dit dans le même registre : « Les bienfaits de Dieu sont méconnus. Ils sont reconnus quand ils sont perdus. »

Abû Hâmid Al-Ghazâlî citait le cas de cet homme qui allait régulièrement de l’hôpital au cimetière en passant par la prison, afin que la vue des malades et des infirmes, des condamnés et des tombes lui permette de mesurer le prix de sa santé, de sa liberté, et du temps qui lui était donné de vivre pour agir avant qu’il ne soit trop tard.

Il faut donc remercier et louer le Créateur, en prenant conscience de Ses bienfaits, afin de ne pas en être privé.

 

Sagesse : « Ne sois pas étonné par les bienfaits qui se suivent au point d’en oublier ton devoir de reconnaissance : tu ne ferais que te dévaloriser. »

 

Commentaires 

 

Il peut arriver que le croyant soit mis à l’épreuve par les bienfaits que Dieu lui donne et qui se suivent au point qu’il en est stupéfait. Si la joie qu’il éprouve est telle qu’il en oublie de remercier le Bienfaiteur, cela signifie qu’il est dominé par ce qui lui est donné, au point de se détourner du Donateur. Il perd ainsi une qualité spirituelle fondamentale : plus fasciné par les ombres passagères que par la Lumière. Sahl Ibn ‘Abdi -Llâh a dit en substance : « Le fait de louer Dieu est meilleur que le bienfait qui occasionne cette louange. Et le bienfait par lequel on inspire à l’adorateur de remercier son Créateur est meilleur que le seul bienfait, parce que la reconnaissance implique la recrudescence (des bienfaits) ». Allusion au verset vu dans la sagesse précédente : « Et lorsque ton Seigneur proclama : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai (Mes bienfaits) pour vous. » » (Coran, 14, 7)

18:05 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Merci cher Monsieur pour cette évocation et Ses paroles qui nous rappellent une fois de plus que nous venons nus au monde, et nous le quittons nus également.
Que la Paix et la Lumière soient avec vous.

Écrit par : denise | 27/10/2011

Merci Madame.

Écrit par : Hani Ramadan | 27/10/2011

barak'Allahoufik.

Écrit par : Bruno | 30/10/2011

Les commentaires sont fermés.