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19/05/2012

Paroles du Guide des Frères musulmans

 Nous approchons l’échéance des élections en Egypte, après la chute du pharaon. J’ai choisi aujourd’hui de porter à votre attention les paroles éclairées du Guide des Frères musulmans, le Dr Muhammad Badî‘, écrites ce 10 mai 2012. Elles se résument en ce qui suit :

 


L’Egypte vit une période d’angoisse et d’attente, qu’il faut affronter avec une intention sincère et un effort redoublé.

Il faut rappeler que l’Egypte a été exposée durant les années passées à des injustices flagrantes : les droits humains ont été constamment violés sous l’Etat d’urgence imposé pendant des décennies. Les élections ont été truquées, la volonté de la communauté a été ignorée, le pouvoir a été tenu par un gang sans conscience, se mêlant des affaires judiciaires, se servant de ses services de renseignements pour semer la terreur dans les lieux d’aide publique, dans les institutions et dans les universités. Les biens ont été volés et placés à l’étranger. Les collaborateurs du parti au pouvoir se sont partagés, au plus bas prix, le bien public, de telle sorte que la pauvreté et le chômage ont gagné les foyers, que l’enseignement et les aides sanitaires se sont complètement détériorés, au point que les maladies, tant sur le plan  physiologique que sur le plan psychologique, se sont répandues.

Au niveau de sa politique extérieure, le régime s’est soumis aux Etats-Unis et à l’entité sioniste, à tel point que le président déchu était considéré comme une pièce maîtresse de la stratégie de cette entité. Les liens avec le monde arabe et le monde islamique ont été oubliés, notamment les pays du bassin du Nil, ce qui représente un danger quant au partage de ses eaux. Autant de négligences concernant les nécessités vitales les plus importantes. Nous en sommes venus à nous reposer sur les prêts, si bien que les dettes ont augmenté, et que nous avons enchaîné les générations futures à cet immense fardeau. Nous avons ainsi négligé l’agriculture, les industries et la production.

 

Ce sont ces facteurs qui ont conduit le peuple à sa Révolution bénie le 25 janvier 2011, qui par la grâce de Dieu a abouti, et a permis de  renverser le régime. Le peuple a confié alors au Conseil supérieur des forces armées l’administration des affaires du pays pendant la période de transition. Cette période aurait dû être courte, mais malheureusement, elle a duré au-delà de ce qui était nécessaire, si bien que l’épuration des institutions de l’Etat visant la mise à l’écart des agents de la corruption a été entravée, le processus démocratique a été obstrué, le développement arrêté, les investisseurs sont partis, ce qui s’est traduit par une perte des monnaies fortes. Plus dangereux encore : les divisions claniques et idéologiques, les intérêts privés et les luttes politiciennes sont apparus à nouveau. Les manifestations rassemblant le « million » d’Egyptiens se sont répétées, le sang a coulé.

Malgré cette situation inquiétante, notre confiance en Dieu - Glorifié soit-Il ! - reste entière et sans limite. Lui fait suite la confiance que nous avons en notre grand peuple. Et nous allons déployer tous nos efforts pour conduire jusqu’au bout le processus démocratique, et pour écarter de l’Etat et des institutions tous les agents de la corruption, afin d’assurer, par la grâce de Dieu,  une réelle renaissance !

Ainsi, nous invitons tous nos frères des forces patriotes, des partis politiques et du rassemblement des jeunes et des révolutionnaires :

 

-         A faire revivre l’esprit de la révolution qui dominait le pays à ses premiers jours.

-         A faire passer l’intérêt général avant les intérêts des particuliers, des groupes et des partis.

-         A respecter la volonté populaire et les règles de la démocratie, quels que soient les résultats.

-         A se tenir au caractère pacifique de la Révolution, afin d’en réaliser les objectifs, quels qu’en soient le prix et les conséquences, quelles que soient les difficultés rencontrées.

-         A se tenir à la feuille de route établie pour fonder les institutions constitutionnelles, et à exiger que l’autorité soit transmise pacifiquement à ces institutions, aux dates déterminées.

-         A être particulièrement attentifs à l’intégrité des élections et à n’admettre en aucune façon les fraudes.

-         A exiger que la Constitution exprime la volonté populaire, afin de répondre aux espoirs auxquels aspirent les foules.

 

Tous ces points sont nécessaires pour établir un régime sain et bien orienté, à tous les niveaux des administrations du pays et de ses fondations.

 

Tels sont, en substance, les propos du Guide des Frères musulmans, en Egypte.

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