1959

09/10/2012

Religions, guerre et paix

 Christian Bibollet (Le Temps, 25 septembre 2012) nous parle du « décryptage d’un malaise » dû à l’islam en appelant le témoignage de l’histoire. Son argumentation vise à démontrer que le christianisme serait une religion de paix alors que Muhammad serait « devenu un homme de guerre».


Hélas, l’histoire et les sources ne vont pas nécessairement dans le sens voulu par notre ami.

Les croisades ont été une suite d’épisodes épouvantables entraînant le massacre des musulmans, et les historiens les plus rigoureux s’accordent à dire que la barbarie des croisés contrastait fortement avec le respect et la tolérance de Salâh ad-Dîn al-Ayyûbî (Saladin).

Le Coran a autorisé les musulmans à prendre les armes en cas de légitime défense : « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir. Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu'ils disaient : " Notre Seigneur est Dieu ". » (Coran, 22, 39-40) Ces versets montrent les raisons de l’engagement armé des musulmans, que les polythéistes avaient l’intention d’exterminer. Le Prophète Muhammad n’a donc pas décidé de « razzier les caravanes mecquoises » comme un vulgaire brigand.  

Nous lisons en  Matthieu 10: 34–35 ces paroles qu’aurait prononcées le fils de Marie : «Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère. »

Or, nous savons tous que Jésus – ce modèle universel dont l’humanité ferait bien de s’inspirer –  n’était pas pour autant un homme de guerre.

 

Hani Ramadan

Le Temps, 3 octobre 2012

 

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Commentaires

Encore plus probant ce verset de l'évangile qui détruit le mythe d'un Jésus pacifiste :

Lc 19:27-, " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux , amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. "


Il y a bien une correlation directe entre le fait de ne pas croire et l'égorgement.Il ne s'agit pas ici d'un ordre de défense contre le comportement injuste des incroyants.Non, L'égorgement est le chatiment réservé à ceux qui "n'ont pas voulu que [Jéus] règne sur eux.

Ce verset est d'ailleurs en contradiction forte avec l'image de Jésus tolérant et pacifique tirée d'autres versets de l'évangile.


Cela mis à part, Mohammed (SAS) était un chef d'état victorieux qui a pardonné à ses ennemis alors qu'il avaient eu le dessus sur eux.Le Jésus biblique pardonne en étant vaincu et sur la croix.

Mohmmed (sas) ne pouvait pas diriger un pays avec des principes du genre " tends la joue gauche" que les chrétiens eux-mêmes n'ont jamais appliqué.Le Prophète(SAS) n'a jamais été inhumain malgré les agissements de ces ennemis implacables.Il a fait preuve de fermeté et de justice autant qu'il a pu face à des personnes déterminées à l'éliminer et à étouffer sa religion.

C'est lui le véritable modèle car il a confronté ses principes à la réalité.

Écrit par : Jean | 06/10/2012

@Jean: "tends l'autre joue" n'est pas un principe, mais un exemple. Le principe, c'est: "ce que tu voudrais que les autres fassent pour toi, fais-le d'abord pour eux: aime même tes ennemis, au nom de Dieu."

Un autre exemple que Jésus donne, c'est: "si quelqu'un te prend ta tunique, donne-lui aussi ta chemise". Car "la mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure" (St Bernard de Clairvaux).

"Tends l'autre joue" n'est pas un principe, voyez, justement: quand il sera injustement giflé par un garde lors de son procès inique, le Christ ne tendra pas l'autre joue, mais confrontera cette personne à son acte: "si j'ai mal parlé, dis-moi ce que j'ai dit de mal; mais si je n'ai rien dit de mal, pourquoi me frappes-tu?" (Matthieu 26, 67)

Écrit par : Sérum | 11/10/2012

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