1959

13/10/2012

Sermon sur le pèlerinage

Les mérites du territoire sacré de La Mecque, du grand et petit pèlerinage

 

Dieu a une Maison sacrée, que deux nobles prophètes ont édifiée, Abraham et Ismaël – la paix soit sur eux. Dieu dit ainsi dans le Coran :   


  « Et voici qu'Abraham et Ismaël élèvent les assises de la Maison: "Ô notre Seigneur! Veuille agréer de nous (cette oeuvre qui T'est consacrée). Tu es certes, Toi, l'Audient, l'Omniscient. » (Coran, 2, 127)

Lorsque la sainte Maison fut construite, le hajj (le pèlerinage) devint une obligation, tout comme le tawâf (la circumambulation : le fait de tourner autour de la Maison), et la station de ‘Arafa. Regarder la Ka‘ba est un acte cultuel, embrasser la pierre noire est une recommandation. Il nous est demandé de prier en ce lieu, et les aumônes faites aux gens qui vivent là sont acceptées. Le sa‘y (les aller-retour entre as-Safâ et al-Marwâ) fait partie de ses rites. Ce fut la première Maison que Dieu a préparée pour qu’un culte Lui soit rendu. Lieu qu’Il a purifié  pour ceux qui pratiquent la circumambulation et pour ceux qui s’y retirent parmi Ses aimés.

Les pèlerins doivent s’y rendre avec humilité, la tête découverte pour les hommes, dépouillés des habits de ce bas monde.

Le Prophète a dit : « La prière dans la Mosquée sacrée équivaut à 100000 prières, et dans ma Mosquée à 1000 prières, et dans la Maison sainte (c’est-à-dire la Mosquée de Jérusalem) à 500 prières. » (At-Tabarânî. Al-Bazzâr considérait que la chaîne de transmission de ce hadith est de bonne authenticité, et Ibn Hajar l’a mentionné dans son commentaire du Sahîh d’al-Bukhârî)

Ce qui signifie très clairement que la Mosquée sacrée est le meilleur endroit sur terre. C’est pourquoi le fait de s’y rendre est une obligation, ce qui n’est pas le cas pour la Mosquée du Prophète et la Mosquée al-Aqsâ, où il est seulement recommandé d’aller. Lorsque le Prophète est sorti de La Mecque au moment de l’hégire – l’émigration vers Médine –, il s’est arrêté un instant et a regardé la Maison, puis il a dit : « Par Dieu, tu es la meilleure terre de Dieu, et la terre de Dieu qui m’est la plus chère. Et si on ne m’avait pas fait sortir de toi, je ne serais pas sorti. » (Ahmad, at-Tirmidhî, Ibn Hibbân, al-Hâkim)

 

Cet endroit sacré se distingue à plusieurs niveaux :

 

-         Il est une qibla (c’est-à-dire le point vers lequel on se tourne pour accomplir la prière) pour l’ensemble des habitants de la terre.

-         On n’y entre pour accomplir le hajj ou la ‘umra (le grand et le petit pèlerinages) qu’en état de sacralisation. Aucun autre pays ne comprend cette particularité.

-         Dans l’enceinte sacrée de La Mecque, celui qui a l’intention de faire une mauvaise action est puni même s’il ne passe pas à l’acte. Dieu dit en effet dans le Coran : « Quiconque cherche à y commettre un sacrilège injustement, Nous lui ferons goûter un châtiment douloureux. » (Coran : 22, 25) Ailleurs que dans ce lieu en effet, celui qui songe à faire le mal et ne le fait pas n’est pas puni. Le poids des péchés à La Mecque augmente comme celui des bienfaits. Tout acte de désobéissance compte doublement : une fois parce que c’est un acte de désobéissance, et une autre fois parce que celui qui désobéit n’a pas tenu compte du caractère sacré du lieu.

 

Le sens du caractère privilégié de La Mecque apparaît dans l’attraction que celle-ci exerce sur les cœurs. Dieu dit dans le Coran : « Et (rappelle-toi) quand Nous fîmes de la Maison un lieu de visite pour les gens. » (Coran, 2, 125) En arabe : mathâbatan li-n-nâs :   un lieu où l'on retourne souvent pour le grand et le petit pèlerinages. Les hommes s’y rendent et ont le désir d’y revenir, un désir toujours plus grand.

Ce lieu est la source de la prophétie et du message de l’Islam. C’est ici que la parole fut révélée et que grandit et se répandit la lumière de l’Islam. C’est un lieu sûr et un asile pour toute personne dans la crainte.

Les anciennes et les nouvelles générations de croyants, les hommes de bien y ont puisé et y puiseront la sagesse jusqu’au Jour dernier. Dieu dit dans le Coran : « Ne les avons-Nous pas établis dans une enceinte sacrée, sûre, vers laquelle des produits de toute sorte sont apportés comme attribution de Notre part ? Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. » (Coran, 28, 57) Et Il dit aussi : « Ne voient-ils pas que vraiment Nous avons fait un sanctuaire sûr [La Mecque], alors que tout autour d'eux on enlève les gens ? » (Coran, 29, 67) Et Dieu ordonne encore à Son Messager (000) de dire les paroles suivantes : « Il m'a été seulement commandé d'adorer le Seigneur de cette Ville (La Mecque) qu'Il a sanctifiée, - et à Lui appartient toute chose. » (Coran, 27, 91)

Dieu a rendu sacrée et sûre son enceinte : on n’y verse pas le sang, on n’y coupe pas d’arbre, on n’y arrache pas les herbes, on n’y chasse pas le gibier, on n’y prend pas les objets perdus ou abandonnés, sinon pour en connaître le propriétaire. Tout bien y prolifère, toute grâce s’y répand, la récompense des œuvres cultuelles y est multipliée, le repentir y est accepté. Le fait de s’y rendre efface les péchés passés, et le pèlerin sort de son pèlerinage comme le nouveau-né, exempt de toute faute. Sa récompense est le Paradis.

Le Prophète a dit : «  Faites se succéder hajj et ‘umra (grand et petit pèlerinages) : tous deux effacent la pauvreté et les péchés comme le soufflet du forgeron efface les scories (les résidus) du fer, de l’or et de l’argent.

Un pèlerinage accompli pieusement n’a d’autre récompense que le Paradis. » (At-Tirmidhî, qui considérait ce hadith de bonne et d’excellente authenticité. Rapporté également par Ibn Khuzayma et Ibn Hibbân)

Le Prophète a déclaré aussi : « Un petit pèlerinage accompli pendant le mois de ramadan équivaut à un grand pèlerinage, ou à un pèlerinage accompli en ma compagnie. » (Al-Bukhârî, Muslim)

Nous demandons à Dieu qu’Il nous accueille en Sa terre sacrée pour y accomplir le pèlerinage et bénéficier de ses nombreux avantages. Allâhumma âmîn !

 

 

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