1959

14/11/2012

Sermon pour une nouvelle année

Résolution de fin d’année

Traduction d'un texte de Hassan Al-Bannâ Khitâm: Fin (d'année).

 

En parlant du nectar délicieux que les bienheureux boiront au Paradis, Dieu dit :


« Son arrière-goût est de musc. Qu’en cela se livrent concurrence ceux qui se livrent concurrence ! » (Coran, 83, 26) Le mot khitâm  signifie « fin de quelque chose », ou encore « cachet » ou « argile avec laquelle on cachette ». Selon Mujâhid, il faut comprendre dans ce verset le premier sens : la dernière gorgée qu’ils boiront aura la saveur et l’odeur du musc. « Après l’avoir goûtée, disait Ibn Mas‘ûd – que Dieu soit Satisfait de lui – ils y trouveront un arrière-goût de musc. » 

Parmi les invocations d’Abû Bakr – que Dieu soit Satisfait de lui – il y avait celle-ci : «  Ô Grand Dieu ! Fais que nos meilleures actions soient les dernières, et que notre meilleur jour soit le Jour de Ta rencontre. Ô grand Dieu ! Ne nous abandonne pas dans la détresse, et ne Te saisis pas de nous alors que nous sommes plongés dans la tentation, et ne fais pas que nous soyons du nombre des inconscients. »
La tradition rapporte cette parole attribuée au Prophète Muhammad 
 : « Ô gens ! Des jalons vous ont été fixés, suivez-les donc sans vous en écarter ! Vous ont été données des limites à ne pas dépasser, arrêtez-vous donc vers ces limites ! Et certes, le croyant est entre deux choses qui sont à craindre : entre un temps immédiat qui est passé, dont il ne sait pas ce que Dieu fera, et un temps qui reste à venir, dont il ne sait pas ce que Dieu décidera. Que le serviteur agisse donc en donnant de lui-même pour lui-même, et en prenant de sa vie ici-bas pour l’au-delà, et en oeuvrant dans sa jeunesse avant d’être rattrapé par la vieillesse, et alors qu’il est bien en vie avant sa mort ! »

Mes chers frères et sœurs en Islam, nous vivons les derniers jours de l’année, et il n’y aura pas d’autre vendredi après ce jour. Vendredi prochain, nous serons au début d’une année hégirienne nouvelle, et s’ouvrira à nous une nouvelle page blanche de notre vie. Nul parmi nous ne sait ce qui s’y trouve inscrit, sinon Dieu.

Durant les étapes de son existence, il arrive que le croyant s’arrête pour se demander des comptes à lui-même, pour se détacher de son péché et demander pardon à son Seigneur. Il considère alors l’action qu’il a menée : si ce fut un bien, il entreprend de l’augmenter, et rien n’est meilleur que le bien, sinon sa récompense. Et si son action était d’une autre nature, il choisit de s’en écarter complètement et de se repentir, et rien n’est pire que le mal, sinon son châtiment. Rien cependant n’efface la mauvaise action, sinon la bonne action. Dieu dit dans le Coran : « Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est un rappel pour ceux qui se rappellent. » (Coran, 11, 114)

Comme est étonnante – par Dieu ! – la position de cet être humain ! Où qu’il se tourne, il voit les effets de la puissance divine, et il voit clairement les différentes expressions de la miséricorde de son Seigneur, et il comprend qu’il ne se déroule pas un seul instant sans qu’il ne soit couvert de la subtile bienveillance de son Créateur, de Sa bonté et de Sa grâce. Il sait de science certaine qu’il est lui, le faible, et que son Seigneur est le Fort ; qu’il est, lui, le pauvre, et que son Maître est le Riche. Dieu dit dans le Coran : « Ô hommes, vous êtes les indigents ayant besoin de Dieu, et c'est Dieu, Lui, qui se dispense de tout, et Il est Le Digne de louange. S'Il voulait, Il vous ferait disparaître, et ferait surgir une nouvelle création. Et cela n'est point difficile pour Dieu. » (Coran, 35, 15-17)

Et il sait pareillement que ce Seigneur, qui est Fort et Riche et Tout-Puissant, ne lui ordonne que ce qui est un bien pour lui et ce qui fait son bonheur; et Il ne lui interdit que ce qui lui est nuisible et le rend malheureux. Dieu dit dans le Coran : « Ma miséricorde embrasse toute chose. Je l’inscrirai donc pour ceux qui (Me) craignent, et qui donnent l’aumône légale, et ceux qui croient en Nos signes. Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur interdit le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur défend les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui; ceux-là seront les gagnants. » (Coran, 7, 156-157)

Tout comme il sait que parmi les formes de la miséricorde de Dieu vis-à-vis de Ses créatures et de Sa subtile bienveillance envers Ses serviteurs, il y a le fait qu’Il répond à leurs invocations lorsqu’ils L’invoquent, et qu’Il accepte leur repentir lorsqu’ils se repentent, et qu’Il leur pardonne leurs péchés et leurs fautes lorsqu’ils demandent pardon, et qu’Il considère que ce repentir est une action de bien qui leur permet de se rapprocher de Lui, action pour laquelle Il les récompense de belle façon. Dieu dit dans le Coran : « Ceux qui, lorsqu’ils ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs âmes (en désobéissant à Dieu), se souviennent de Dieu et demandent pardon pour leurs péchés – et qui donc pardonne les péchés, sinon Dieu ? – et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils ont fait. Ceux-là ont pour récompense le pardon de leur Seigneur, ainsi que les Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Quelle excellente rétribution pour ceux qui font le bien. » (Coran, 3, 135)

Et malgré toutes ces invitations à revenir à Dieu, son cœur n’accepte que le rejet, son ego le domine et le pousse au mal, le diable lui fait oublier le rappel de son Seigneur, de sorte qu’il néglige ses obligations et transgresse les interdits. Il néglige la possibilité de revenir à Dieu et de se repentir, et il perd ainsi l’occasion qui lui est donnée, si bien qu’il ne se demande pas des comptes à lui-même avant le Jour des comptes !!??

Mon cher frère et ma chère sœur en Islam, que soit donc bénie cette fin d'année, et que soit béni l'accueil d'une nouvelle année, si Dieu le veut! Fais de cette semaine un temps d'autocritique et d'introspection en ce qui concerne tes actions et ta personne. Un temps pour te repentir de ton péché, pour te purifier de tes erreurs et pour te démarquer de toute forme de négligence. Un temps de résolution pour te mettre sérieusement à l'œuvre. Un temps pour reconnaître clairement la parole du Messager de Dieu  : « Le licite est clair et l'illicite est clair. »

Interroge ta propre personne: « Quelle est sa position par rapport à la prière?  S'est-elle acquittée de la zakât, l'aumône légale ? A-t-elle préservé le droit des gens ? S'est-elle fermement tenue à la véracité, à la fidélité, aux belles qualités morales et aux nobles actions? Que ressent-elle lorsque lui vient à l'esprit le souvenir de Celui qui est Exalté ? Quelle est la valeur de ce qu'elle acquiert matériellement et spirituellement: Est-ce une chose illicite et impure, ou bien est-ce un élément licite qui fait partie des choses pures que Dieu a rendues licites ? Aujourd'hui, tu es plus à même de guérir que demain: tu ne sais pas en effet de quoi demain sera fait. Le Coran affirme : «  Dieu est certes avec ceux qui pratiquent la piété et ceux qui sont bienfaisants. » (Coran, 16, 128)

Quelle excellente façon de terminer ton année, que de la soumettre à un examen précis, à un repentir sincère, à une action de bien, et à une résolution authentique. « Qu’en cela se livrent concurrence ceux qui se livrent concurrence ! » (Coran, 83, 26)

Nous demandons à Allah qu'il accepte notre repentir et notre résolution. Allâhumma âmîn!

 

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