1959

05/03/2013

Une sagesse de Ibn 'Atâ'i -Llah : la vraie vie

 "Rien ne peut être plus utile au cœur que le fait de se mettre à l’écart pour se plonger dans le champ d’une réflexion."


 Commentaires

 Les défauts tels que l’inconscience, la rancune, l’envie, la dispute, la calomnie, la flatterie et l’ostentation n’ont cours que dans la société des hommes. Le détachement de cet univers permet de considérer avec lucidité le caractère passager du monde sensible et de ce qu’il comprend. Alors, l’âme humaine prend son essor et tend de toutes ses forces vers la vérité suprême. Elle peut ainsi méditer sur le plus minuscule des éléments de la création, qui la renvoie au Créateur. Le cœur n’est vivant que s’il est habité par cette forme de rappel qui chasse les ombres et les idoles. Il vit alors de la vie essentielle, la vraie vie que recherchent poètes et philosophes, par la pensée et l’élévation à Dieu.

 

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Commentaires

Assalamou 'alaykoum, Pr.Hani Ramadan

Cette parole retentit au tréfonds de mon âme comme un appel à la quête de l'Etre qui lui donna vie et sans cesse lui accorde subsistance et guidance. Le recul et l'isolement des bassesses de ce monde sont des moyens efficaces au regard aiguisé des causes de la perdition humaine; certes, elles sont multiples et ô combien parfois pesantes, cependant, L'Unique nous apporte tant et tant ... sans cesse
Que de méditations suscitent cette bienveillance divine ...

Fraternellement,
Yazid

Écrit par : Yazid Dafi | 05/03/2013

La vraie vie

Le cœur s’ausculte dans l’isolement et le recueillement. Il se sculpte dans l’effort et le renoncement. Il s’épure dans l’oubli de soi et l’effacement. Il s’épanouit dans la réflexion et la méditation. Les « idoles » qui le maintiennent ainsi enchaîné aux illusions d’une vie sans souffle ni esprit sont pulvérisées les unes après les autres jusqu’à l’épreuve finale qui le rend à lui-même, qui le rend lui-même. Le cœur devient alors ce qu’il est, c’est-à-dire « le récipiendaire de la Grâce de Dieu ».

Lorsque, en effet, le cœur est illuminé par la Grâce divine, il bat au rythme de l’essentiel. Les vicissitudes de la vie n’ont plus aucune emprise sur lui. Il vie et évolue ainsi dans des espaces éthérés à l’abri de la corruption de l’histoire vécue comme succession d’événements déconnectés de la Réalité. Quand le cœur célèbre effectivement la vraie vie, il ne connaît plus le mal de l’existence qui le contracte jusqu’à l’étouffement. Il se dilate dans l’espace embrassant les aspérités existentielles dans une étreinte empreinte de compassion et d’empathie. L’Homme devient ainsi « le fils de l’instant » et le cœur évalue dorénavant tout selon des impératifs qui bannissent à jamais l’écoeurement. Il devient le maître du temps. Du coup, il vit sainement. Chaque minute qui s’écoule est d’ores et déjà un avènement. Il n’y a plus de place pour « la nausée » et « l’absurde », l’ennui et la routine, la haine et le mépris, le mensonge et l’imposture, la calomnie et autres procédés tordus. Tout se vit et se dit dorénavant avec la fraîcheur d’un cœur constamment neuf et la spontanéité d’une conscience en éveil permanent. Les êtres ne sont plus perçus sous l’angle de la différence/indifférence mais appréciés suivant le paradigme du sens et de l’interconnaissance. Chaque instant devient un étonnement sempiternel emplissant le cœur d’une joie plénière. Chaque être devient un espace de sérénité et une aire de repos. Le cœur qui a goûté au parfum de la vraie vie, ne saurait raisonner en termes d’obstacle et de facilité, de tristesse et de félicité, de réussite et d’échec… Il glisse sur la vie tel un cygne sur la surface lisse d’un lac poli à souhait. Le cœur qui a été initié aux subtilités de la vraie vie, en effet, est compatissant avec les rugosités d’une existence cahoteuse. Il est clément avec les incohérences d’une vie chaotique et les errements d’un engagement erratique. Il est le baume qui panse les « blessures narcissiques », l’oraison qui rassérène l’esprit tourmenté et l’amour qui résout l’impasse aporétique. Il est la sagesse qui conçoit la vie en Apparent/Caché et la connaissance qui pense les « raisons du cœur » conjointement avec la raison tout court et les fait confluer dans une saine synthèse. La synthèse du cœur n’est point le syncrétisme confusionnel, mais l’unité sainement fusionnelle qui débouche sur la réconciliation des contraires et leur fécondation réciproque. Les contraires, selon l’épistémologie du cœur, n’ont pas vocation à s’opposer mais à collaborer en vue de la Réalité suprême. La main tendue comme méthodologie, le cœur épuré comme épistémologie et voilà que les subtilités de la Transcendance nous deviennent accessibles : l’oraison et la raison se tiennent la main et arpentent l’horizon aux multiples jargons. Toute tension désormais se dilue dans la fraîcheur et la candeur du cœur continuellement neuf. Encore faut-il posséder un cœur !

Mais, c’est quoi la vraie vie ?

C’est estampiller l’instant fugace du sceau de l’immuable.
C’est adopter une posture de justice en vue de réparer une bavure.
C’est arborer un sourire en réponse à une bévue.
C’est initier une attitude de miséricorde envers les âmes tourmentées, une démarche d’amour à l’endroit des cœurs frustrés, de patience à l’égard des êtres outranciers, de gentillesse envers les personnes en mal de reconnaissance, de bienveillance à l’adresse des esprits bancals, de compassion à l’attention des ego enflés d’orgueil et perclus de vanité…

La vraie vie, c’est simplement des égards envers la « condition humaine », via « le bel-agir ».

La vraie vie, c’est surtout s’accrocher à « l’anse solide » des principes avec toute la force de ses convictions et de sa détermination à l’instar d’Ulysse qui s’était attaché au mât de son bateau en se bouchant les oreilles afin de ne pas succomber au chant des sirènes.

La vraie vie donc, c’est emprunter la voie qui mène à l’Autre via des sentiers jalonnés par le don de soi et le respect des autres.
Et tout le reste est divertissement !

Écrit par : Najib Elagguir | 06/03/2013

Ah oui... Peut-être faudrait-il que vous vous appliquiez ces maximes à vous-même...

Écrit par : Déblogueur | 06/03/2013

Deblogueur
Si vous connaissiez le frère Hani Ramadan ,vous ne diriez pas ça.
Je suppose que le fait qu'il n'ait pas posté un de vos messages vous a affecté.Ne vous en faites pas ,il ne poste pas tous mes messages non plus et cela quand je ne suis pas égale à moi-meme.Pour voir tous vos messages postés ,soyez donc sans reproche ,comme vous l'exigez pour les autres et surtout n'y voyez rien de personnel

Écrit par : Magnolia | 07/03/2013

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