1959

21/05/2013

La démocratie pervertie

 Perspectives « journalistiquement » et politiquement correctes

Existe-t-il un parallélisme entre la lâcheté de certains hommes politiques et celle de certains journalistes?

Evidemment !


 Les deux ont le souci du nombre : les uns pour êtres élus, les autres pour être entendus, vendre du papier ou de l’information. Il existe ainsi une analogie entre le lectorat et l’électorat. La tentation du populisme vient du fait qu’il est avantageux de se conformer aux mouvements de foules, même quand ces mouvements sont aveugles.

La nation est en danger contre un ennemi : l’étranger qui nous envahit. Qu’un groupe de Roms commette des actes barbares inacceptables en tous les cas, et c’est l’ensemble des Roms qui est stigmatisé par des responsables politiques, autant que par les gros titres. On oublie qu’un criminel rom ne fait pas de tous les Roms des criminels. Mais la foule est là – lectorat ou électorat – pour désigner le bouc émissaire.

Cette même logique fait que les lobbies qui financent la presse et les médias exercent un pouvoir démesuré sur l’information : il est politiquement correct de considérer que la colonisation sioniste est légitime, et que la résistance palestinienne est une forme de terrorisme.

Un journaliste qui dirait ouvertement le contraire – ou un homme politique qui afficherait son opinion avec courage –  verrait son audience baisser, et ne pourrait que constater sa relégation dans une opposition marginale aux idées farfelues et originales, ou perdre tout crédit auprès de lecteurs qui attentent de la presse qu’elle se fasse l’écho de leurs angoisses entretenues par l’ignorance, l’émotion et les vociférations.

Le nombre parfois contredit la vérité.

Cela s’est vu dans l’Allemagne nazie. Mais le nombre représente la valeur marchande qui soumet les humains à l’adoration du Veau d’or. Et cela est observable aujourd’hui dans une forme d’islamophobie qui grandit, qui sert de fond commun à la presse nationale et à une société qui fait passer les couleurs de son drapeau avant les valeurs simplement humaines.

Le nombre est assassin.

Quand il n’est pas orienté par l’adoration du Dieu de tous les hommes.

 

 Hani Ramadan

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Commentaires

La lâcheté dont vous parlez, M. Ramadan, est la conséquence de l'appauvrissement de la vie politique, des ambitions carriéristes des politiques et des journalistes; de l’égoïsme ambiant et de la décadence morale de la société.
Respect ne rime plus avec résistance. Et les lobbies décident pour tous du cadre de la liberté d'expression, de ce qui est risible ou indicible...
Ainsi, on peut caricaturer l'Islam mais pas un colon israélien; insulter les Musulmans, c'est de la liberté d'expression, même s'ils font passer pour de la provocation une médiocrité vulgaire, sans talent, aucun.
Ce qui me choque est banal à leurs yeux, ce que j'appelle libération, ils appellent ça soumission.
Si le nombre est assassin, le silence chez les Musulmans l'est bien davantage.
Islam et passivité ne vont pas de pair. On ne réagit pas, ou on réagit mal.
La dignité ne semble plus peser lourd dans notre communauté, sinon on n'accepterait pas que nos droits soient bafoués aussi ouvertement par leur lâcheté rebaptisée "laïcité".
Hier, on votait Le Pen secrètement, honteusement; aujourd'hui, Marine dicte ses règles et l'escalade des expressions fourbes est lancée dans le champ politique.
L'orgueil est assassin, des peuples, des cœurs...
La lâcheté réside aussi dans les silences complices!
P.S.: Merci pour cet article, M. Ramadan, joliment écrit.

Écrit par : Abidi H. | 25/05/2013

Bonjour,
Il n'y a malheureusement pas de stigmatisation mais des faits, des statistiques. Si les faits sont l'oeuvre de minorités la plus part du temps, pourquoi les cacher (d'ailleurs bien souvent la presse tait le nom des auteurs de troubles pour ne pas stigmatiser une minorité oppressée...)? Pourquoi ne pas permettre la remise en question de ces minorités pour qu'elles comprennent d'elles même leurs idioties. Les français aussi sont silencieux et attendent que ces minorités comprennent d'elles même la chance qu'elles ont, et les français ne sont aucunement racistes. Mais plutôt que de remercier, de respecter, ces minorités se braquent en agressant et ne prenennt aucunement le chemin de la paix. Ce chemin est peut être plus compliqué pour des "étrangers", mais plutôt que se remettre en cause, d'essayer de vivre comme un citoyen d'une civilisation qu'ils ont choisi, le lâche se range vers une communauté obéissant à un endoctrinement de masse : la religion.
Bien à vous

Écrit par : Reflechissez | 16/06/2013

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