1959

28/11/2013

Sermon : S'entraider (2e partie)

 

Islam, religion de miséricorde


hassan_el_banna_WSN.jpg« Ô frères ! Soyez comme les arbres à qui  les hommes lancent des pierres, et qui leur donnent en retour les meilleurs fruits. »



Hassan al-Banna

Le musulman se doit de s’orienter sur le chemin de la miséricorde, chemin voulu par Dieu pour Ses serviteurs. Répandre la miséricorde est l’une des grandes responsabilités qui incombent aux hommes de foi.


Le cœur du vrai croyant s’adoucit devant la souffrance des gens, et il déploie tous ses efforts pour l’alléger. Il n’est jamais sourd à l’appel du faible, du pauvre et de celui qui est dans le besoin. Comme le dit le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de Sa miséricorde) : « Ceux qui sont miséricordieux, Dieu – Exalté soit-Il – leur fait miséricorde. Faites miséricorde à qui est sur terre, vous fera miséricorde qui est au ciel. » (Abû Dâwûd, at-Tirmidhî)

Quant à celui dont le cœur est dur et fermé, qui ne se montre pas clément vis-à-vis des gens, et qui ne leur tend pas la main pour leur venir en aide, celui-là est écarté de la miséricorde de Dieu, éloigné de Sa clémence.

Le Prophète a dit : «  Dieu ne fait pas miséricorde à qui ne fait pas miséricorde aux gens. » (Al-Bukhârî, Muslim, at-Tirmidhî)

 

Le Messager de Dieu a dit la vérité, quand il a dit : « La miséricorde n’est retirée que du malheureux. » (Abû Dâwûd, at-Tirmidhî)

 

Le musulman apporte son aide au cercle des gens qui l’entourent, les plus proches et les plus éloignés. Il accorde toutefois un avantage à ceux que Dieu a désigné comme étant les personnes prioritaires. Ce sont d’abord ses parents et ceux à qui il est lié par les liens du sang. Ceux-là sont les plus proches, et c’est vis-à-vis d’eux que notre devoir est le plus grand. Comme Dieu le dit dans le Coran : « Et donne au proche parent ce qui lui est dû, ainsi qu’au pauvre et au voyageur démuni. Et ne gaspille pas indûment. » (Coran, 17, 26)

 

Le fait de respecter et d’honorer le lien de parenté constitue l’une des actions qui rapprochent le plus l’être humain de son Créateur, et dont il retire des avantages en ce monde et dans l’au-delà. Le Prophète a dit : « Celui qui serait heureux que sa subsistance lui soit donnée en abondance et que l’heure de son trépas soit retardée, qu’il préserve ses liens de parenté. » (Al-Bukhârî)

 

Un homme interrogea le Messager de Dieu  : « Ô Messager de Dieu, indique-moi une action qui me fera entrer au Paradis. » Il répondit : « Tu adores Dieu sans rien Lui associer. Tu accomplis la prière et tu t’acquittes de l’aumône légale (zakât). Et tu préserves tes liens de parenté. » (Al-Bukhârî)

 

De la même façon, nos voisins ont des droits qui sont confirmés, et que le musulman doit respecter. Il convient qu’il se montre bienfaisant vis-à-vis de son voisin et qu’il lui épargne tout désagrément ou toute nuisance. Il doit lui porter secours dans la difficulté ou s’il est victime d’une injustice. Le Coran nous recommande d’être bienfaisants envers « le proche voisin et le voisin lointain. » (Coran, 4, 36) Notre Prophète  a confirmé le droit du voisin et nous a rendus attentifs au respect qui lui est dû. Il a dit : « (L’Ange) Gabriel n’a pas cessé de me recommander le voisin, au point que j’ai pensé qu’il en ferait un héritier. » (Al-Bukhârî, Muslim)

 

Avec tout cela, le musulman authentique est celui qui jette sur l’ensemble des manifestations de la vie un regard de bonté et de miséricorde. Il porte en son âme une perception profonde du sens de l’humanité, qui ne fait aucune distinction entre l’homme et l’homme, et qui va même jusqu’à considérer que cet amour s’étend au règne animal et à la création dans son ensemble.

 

La foi, en vérité, est une source de bonté et de charité qui ne tarit pas. Par elle, la vie trouve son accomplissement, et l’humanité connaît son redressement, en tout temps et tout lieu.

 

Mes frères et sœurs en Islam,

 

Nous voulons changer les préjugés qui empoisonnent nos relations et font que l’Islam est perçu par beaucoup comme une religion qui engendre la discorde et la violence.

 

Ceux qui subissent les violences un peu partout dans le monde, ce sont en vérité les musulmans. En Palestine, en Syrie, en Egypte, en Birmanie, en Chine, en Asie centrale et dans d’autres contrées, ils sont livrés à des armées qui ne respectent ni la vie, ni la dignité humaine.

 

Partout règne la confusion, nourrie par les médias dominés par les lobbies sionistes. Les loups veulent se faire passer pour des agneaux, et ils veulent que les agneaux soient considérés comme des loups.

 

Mais nous n’allons pas nous laisser faire, face à cette propagande qui ne peut satisfaire que les hommes bornés de l’extrême droite, ou de toute autre tendance qui a vendu son âme à la bêtise.

 

Nous allons nous efforcer, quant à nous, de répandre le Message de la miséricorde, qui s’adresse à toutes et à tous.

 

Nous allons, comme le disait l’imam Hassan al-Bannâ – que Dieu lui fasse miséricorde – « combattre les hommes au moyen de l’amour. » Nous n’oublierons pas ce  précieux conseil qu’il donnait aux Frères musulmans :

 

« Ô frères ! Soyez comme les arbres à qui  les hommes lancent des pierres, et qui leur donnent en retour les meilleurs fruits. »

 

Nous demandons à Allah de guider nos cœurs et nos pas sur les chemins de la miséricorde et de l’amour.

 

Allâhumma âmîn !

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Commentaires

Je n'ai jamais lancer des pierres contre mes arbres et pourtant ils m'ont toujours donner des fruits; paroles d'agriculteur. Ils faut juste leur faire confiance. Il y a quelque chose de sado-maso dans "Ô frères ! Soyez comme les arbres à qui les hommes lancent des pierres, et qui leur donnent en retour les meilleurs fruits. " Pourquoi toujours cette souffrance indispensable pour être un homme bon ? On peut être heureux sans souffrir ni faire souffrir. La souffrance n'est qu'un indicateur du fait qu'il faut changer quelque chose dans sa vie. Et si on ne change rien alors on continue de souffrir. Mais on est pas meilleur parce qu'on souffre. On souffre tout simplement.

Écrit par : norbertmaendly | 28/11/2013

Pour répondre au message de Norbert Maendly.
Je vous invite à consulter les liens disponibles sur le blog pour vous rendre compte que les martyrs Égyptiens n'ont jamais cherché à "souffrir" mais ils cherchaient plutôt à vivre en paix. Les manifestations pacifiques se sont soldées par des tueries "Soyez comme les arbres à qui les hommes lancent des pierres[ ]".

Écrit par : Ahmed | 28/11/2013

Au nom de Dieu,

Très beau texte, apaisant, qui me parle. Espoir, endurance, responsabilité et noblesse d'âme sont soulignés. Il faut du courage et de la sincérité pour tenir un tel discours aujourd'hui.
Nous sommes de tout cœur avec vous et avec nos sœurs et nos frères opprimés où qu'ils soient dans le monde.
Et bien que les commentaires ne soient pas toujours à la hauteur de vos articles, sachez qu'il y a des personnes qui vous comprennent et qui partagent vos réflexions, votre indignation, vos émotions et vos espoirs.
Merci, M. Ramadan.

Écrit par : asma | 28/11/2013

Paix sur toi Hani !

Ignorance ou formatage ?

Flaubert disait, en substance et avec raison, que l’ignorance est de loin préférable aux préjugés parce que l’on peut y remédier avec de l’instruction. Il savait pertinemment que les préjugés sont tenaces et dénaturent ainsi l’entendement. Car ils résistent même à l’information la plus avérée. Ils sont quasi indestructibles. Car ils sont le résultat d’un formatage insidieux et fourbe.

Ignorance ou formatage ? Si l’on se trouvait devant un tel dilemme, le choix serait vite fait pour la personne éprise de justesse et de justice. Au loin donc le formatage qui déforme, désinforme et crétinise. L’ignorance, elle, qui est de l’ordre de « je ne sais pas » est ouverte, sans parti pris, à la connaissance, à l'information, et à la formation qui l’édifient et l’instruisent. Quant à la justesse dans le propos et la justice dans l’engagement, ils ne sont pas des savoirs mais des attitudes de l’esprit. L’esprit est en effet exigence envers soi et bienveillance à l’égard d’autrui. Mais, certains aiment les approximations à condition qu’elles servent leurs intérêts personnels ou catégoriels. D’autres versent carrément dans le mensonge dont on fait aujourd’hui l’apologie, sans complexe aucun, dans des films, des pièces de théâtres, des romans… Car il apporte, selon ses promoteurs, du piquant au quotidien fade et insipide. D’autres encore cultivent les manipulations en tout genre en vue d’arriver à leurs fins et surtout versent dans l’auto-justification qui n’est rien d’autre que le mensonge à soi pour ne pas dire « j’ai eu tort ». « Le bruit et la fureur » de la vie quotidienne n’encouragent guère les tendances à la justesse et à la justice ainsi que la tension vers le libre savoir. Elle bafoue constamment l’esprit au profit de la propagande, l’égocentrisme et autre narcissisme qui sont dorénavant promus au rang de paradigmes. L’ignorance reste, hélas, à son comble pendant que le formatage atteint son paroxysme car le savoir et la connaissance sans l’esprit sont jeu absurde.

Par amour de la justesse, de la justice et du libre savoir, l’on se doit de combattre le formatage qui inscrit dans la désinformation et l’absurde, le mépris et la haine, le parti pris et le populisme, le fanatisme et le sectarisme… Car le formatage se révèle, au final, plus pernicieux que l’ignorance parce qu’il est fermé et borné, parce qu’il est « mutilé et mutilant », parce qu’il réduit l’horizon en ne privilégiant qu’un seul jargon... Il ne connaît et ne reconnaît malheureusement que ce qu’il sait. Et tout ce qu’il sait devient réfractaire à l’auto-examen et à l’autocritique. Pis encore, il ne fait que se reproduire en vase clos jusqu’à l’abâtardissement le plus destructeur. Il est l’ennemi de la diversité et de la multiplicité qui sont le sel de la véritable unité.
L’ignorance, quant à elle, est ouverte (même au pire, faut-il le souligner ?). Mais dans des conditions de vie normales [qui n’existent peut-être pas, me diriez-vous ! Je vous l’accorde mais c’est un autre problème] où la culture de l’ennemi, de l’adversaire, du rival, du concurrent qui induisent des discours parasites, assassins, disqualifiants est réduite à la portion congrue, l’ignorance peut être corrigée. Je ne parle que de l’ignorance primaire qui se caractérise par l’absence de savoirs divers et variés, de compétences précises et ciblées… Absence donc qui peut être comblée par de l’instruction, de la formation, de l’information. Et à ce niveau, « nous sommes tous des ignorants mais pas sur les mêmes sujets ». Cette ignorance crée les conditions de l’humilité devant le savoir et la connaissance, devant « l’inconnu et l’inconçu »… Elle stimule l’esprit, affûte la volonté, élargit l’horizon… Quant aux ignorances sophistiquées, théorisées…, elles font partie intégrante du formatage qui les génère et les nourrit. Pire encore, elles en deviennent la conséquence et la cause.
C’est vrai que le formatage crée de l’ignorance. Qui peut le nier ? Cette ignorance effectivement n’est pas de l’ordre de l’absence mais de l’abcès. Elle est purulente et urticante. Ceux qui en sont le siège et le véhicule n’arrêtent pas de gesticuler, de vociférer, d’en vouloir à la différence, à la diversité, à la paix… il faut désormais crever l’abcès du formatage aux relents miasmatiques en créant les conditions du vrai savoir qui n’est au service d’aucune idéologie afin de combattre le formatage malin de quelque bord qu’il soit et d’instruire l’ignorance débonnaire qui peut se révéler un complice indirect des fossoyeurs du libre savoir.

Entre ignorance primaire (ou sophistiquée) et formatage assassin, que choisir donc ? Le libre savoir évidemment qui instruit la première et déconstruit le second pour plus de pertinence. Mais il ne faut pas trop rêver ! Car l’ignorance et le formatage, qui se révèlent, à bien regarder de près, synonymes puisque le second décline la première dans des versions plus avenantes, plus savantes sont des valeurs plus précieuses, pour les ennemis de la justesse et de la justice, que les valeurs cotées en bourse. Le problème de la connaissance, de l’information, de la formation… devient ainsi un problème individuel au-delà du champ d’appartenance, au-delà des déterminismes culturels et sociaux, au-delà des appétences passionnelles et compulsionnelles…
Il ne s’agit pas, dans ce domaine, effectivement de hurler avec les loups ou de se laisser charmer par le chant des sirènes. Il faut s’attacher, mordicus, au mât du libre savoir, pour ne pas se flétrir dans le formatage illusoire.

Merci infiniment Hani !

Écrit par : Najib Elagguir | 29/11/2013

Salam,

Simplement pour répondre à norbertmaendly, les fruits ne tombent pas forcément des arbres seuls. Surtout les dattiers ou cocotier, où, pour récolter les fruits il faut soit monter les chercher soit lancer un objet pour provoquer leur chute et ainsi pouvoir s'en satisfaire. d' où la formule « Ô frères ! Soyez comme les arbres à qui les hommes lancent des pierres, et qui leur donnent en retour les meilleurs fruits. ». Il y a pas de plaisir à souffrir! Simplement, l'Imam Hassan el Banna nous conseil de voir les choses différemments, et de répondre de la meilleur des façons.

Écrit par : ABBAS | 01/12/2013

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