1959

04/06/2016

Moïse, les magiciens et Pharaon

 

Paroles de l’imam Hassan al-Bannâ (texte et audio) :

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Foi[1]

 

La vérité éclatante et sans arme, défiant la tyrannie, s’est tenue devant l’erreur armée et forte. .


L’homme de vérité, le Prophète de Dieu Moïse s’est tenu devant  Pharaon, qui exerçait un pouvoir absolu sur ses serviteurs, en lui disant : « Je suis le Messager du Seigneur des univers. Laisse aller avec moi les enfants d’Israël. » Il appelait ainsi à la libération. Existe-t-il un droit plus évident et plus digne que celui qui consiste à appeler à la liberté, à l’égalité et à la justice ? Qui exige qu’on laisse les hommes libres comme leurs mères les ont enfantés libres ? Allant de par la terre avec dignité, et recherchant par la grâce divine (leurs moyens de subsistance) ?

Cependant, Pharaon n’était pas prêt à répondre à ce message pacifique, même s’il était un message de vérité. Il s’enorgueillit au contraire, et comme cela est dit dans le Coran, « il rassembla (les gens) et fit une proclamation. Il déclara : « Je suis votre seigneur, le plus haut ! » (Coran, 79, 23-24)

« Et il s'enfla d'orgueil sur terre ainsi que ses soldats, sans aucun droit. » (Coran, 28, 39)

Il dit à son peuple : « Je ne connais pas de divinité pour vous, autre que moi. » (Coran, 28, 38)

Pharaon sollicita le conseil de ses notables qui lui dirent : « Envoie des rassembleurs dans les villes, qui t'amèneront tout magicien averti. » (Coran, 7, 111-112)

Les magiciens vinrent, alors qu’il y avait dans leurs cœurs de l’irritation, et au fond d’eux-mêmes de la rancœur. Ils étaient animés par l’avidité, et leurs yeux brillaient de convoitise à l’idée de recevoir les honneurs et les biens considérables que Pharaon, l’homme riche, allait leur donner à profusion. Or, non seulement Pharaon ne les a pas déçus, mais il leur a promis plus encore. Lorsque les magiciens demandèrent : "Y aura-t-il vraiment une récompense pour nous, si nous sommes les vainqueurs ? " Il dit : "Oui, et vous serez certainement du nombre des rapprochés" ». (Coran, 7, 113-114)

Les magiciens ont pleinement cru à cette promesse, au pouvoir, à la force et à la domination de Pharaon. Le Coran affirme : « Ils jetèrent donc leurs cordes et leurs bâtons et dirent : "Par la puissance de Pharaon ! ... C'est nous qui serons les vainqueurs". » (Coran, 26, 44)

Le Coran poursuit, décrivant l’état de Moïse : « Et voilà que leurs cordes et leurs bâtons lui parurent ramper par l'effet de leur magie. Moïse ressentit quelque peur en lui-même. » (Coran, 20, 66-67)

Mais la quiétude, par laquelle Dieu affermit le cœur de Ses protégés dans les moments de grandes difficultés, descendit sur Moïse, et Dieu lui parla : « Nous lui dîmes : "N'aie pas peur, c'est toi qui auras le dessus. Jette ce qu'il y a dans ta main droite; cela dévorera ce qu'ils ont fabriqué. Ce qu'ils ont fabriqué n'est qu'une ruse de magicien; et le magicien ne réussit pas, où qu'il soit" » (Coran, 20, 68-69)

Ce fut comme si une part de lumière de la foi authentique, au plus haut de son rayonnement, s’était jointe au bâton de Moïse, et avait touché le cœur des magiciens, ou comme s’ils furent saisis par le flot de la miséricorde et de la grâce divine, au point qu’il couvrit entièrement leurs âmes. Comme le Coran l’affirme : « Dieu cependant vous a fait aimer la foi et l'a embellie dans vos cœurs. » (Coran, 49, 7)

 

Les Égyptiens sont par nature doux et affectueux, et ils portent en eux-mêmes, depuis l’aube de l’Histoire, la piété et la foi. C’est comme si le bâton béni happa promptement, en même temps qu’il happait les cordes et les bâtons des magiciens, les impuretés du polythéisme et du doute, et comme s’il enleva le voile de l’inconscience et de la rouille qui enveloppait ces cœurs, pour les lier à la foi la plus ferme, et pour les éclairer de sa claire lumière. « Alors, affirme le Coran, les magiciens tombèrent prosternés, disant : "Nous croyons au Seigneur des univers. Le Seigneur de Moïse et d'Aaron" » (Coran, 26, 46-48)

 

Pharaon fut pris d’une colère folle qui lui fit perdre tout jugement au point qu’il accusa les magiciens : « Alors Pharaon dit : "Avez-vous cru en lui avant que je ne vous y autorise ? C'est lui votre chef qui vous a enseigné la magie. » (Coran, 20, 71) « C'est bien un stratagème que vous avez manigancé dans la ville, afin d'en faire partir ses habitants. » (Coran, 7, 123)

 

Il les menaça alors d’un châtiment avilissant et d’une punition sévère : « Je vous ferai sûrement couper mains et jambes opposées, et vous ferai crucifier aux troncs des palmiers, et vous saurez, avec certitude, qui de nous est plus fort en châtiment et qui est le plus durable. » (Coran, 20,  71)

 

Mais comment ces menaces auraient-elles pu désormais toucher ces cœurs que la douceur de la connaissance a conduit à se détacher des espérances et des peines pour s’en remettre à l’agrément de Dieu qui sait parfaitement toute chose ? Et comment la peur des créatures pourrait-elle écarter la crainte et la vénération de Dieu du cœur des connaissants (al-‘ârifûn) quand il était écrit qu’ils seraient du nombre des bienheureux, de sorte que par la grâce divine ils sont devenus croyants ?

C’est pourquoi ces hommes purs et forts dirent à Pharaon, en guise de réponse :

« Par celui qui nous a créés, nous ne te préférerons jamais à ce qui nous est parvenu comme preuves évidentes. Décrète donc ce que tu as à décréter. Tes décrets ne touchent que cette présente vie. Nous croyons en notre Seigneur, afin qu'Il nous pardonne nos fautes ainsi que la magie à laquelle tu nous as contraints". Et Dieu est meilleur et plus grande est Son Eternité. » (Coran, 20, 72-73)

 

Avant cet instant, ces hommes vivaient dans les limites des passions de ce monde éphémère, à la recherche de ses biens passagers, et de ses bas plaisirs, mais après que la foi eut touché profondément ces cœurs, ils ont compris avec l’œil de la clairvoyance le secret de l’existence, et ils ont pesé les deux plateaux, et ils ont comparé deux vies, si bien qu’ils ont préféré celle qui est éternelle à celle qui est éphémère, et ils ont choisi ce qui est auprès de Dieu. Dieu dit : « Ce qui est auprès de vous s’épuise, et ce qui est auprès de Dieu reste. » (Coran, 16, 96)

« Quiconque vient en criminel à son Seigneur, aura certes l'Enfer où il ne meurt ni ne vit. Et quiconque vient auprès de Lui en croyant, après avoir fait de bonnes œuvres, voilà donc ceux qui auront les plus hauts rangs, les jardins du séjour (éternel), sous lesquels coulent les cours d'eau où ils demeureront éternellement. Et voilà la récompense de ceux qui se purifient [de la mécréance et des péchés]. » (Coran, 20, 74-76)

 

Ô vous donc qui croyez en Dieu et au Jour dernier, c’est ainsi qu’est la vraie foi. Une conviction profonde qui ébranle les sentiments et la conscience intérieure, qui domine les cœurs et les âmes, et qui a pour conséquence un parler vrai, une action de tous les membres, et la crainte de l’Unique et du Juge suprême. C’est ainsi qu’est la vraie foi : le croyant ne craint personne quand il défend la vérité et le droit, sinon Dieu.  

A ses yeux, le monde s’amenuise jusqu’à ce qu’il n’ait pas même la valeur d’une rognure d’ongle contre une parole de vérité.

Êtes-vous donc croyants ?

 

 

 

Audio :

Sermon en français :

 http://www.cige.org/Sermons/FoiMoiseLesMagiciensPharaon_f...

 

Même sermon en arabe :

http://www.cige.org/Sermons/FoiMoiseLesMagiciensPharaon_a...

 

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Commentaires

La crainte révérenciel libère l’homme soumis aux pouvoirs « Terrestre », proportionnellement qu’elle enfle d’orgueil le cœur des despotes face à cette rébellion.

Merci pour ce rappel et qu’Allah nous aident à devenir des inconnus dans l’auditoire, portez comme un soutien authentique à Sa cause. Amin

Écrit par : Samir | 07/07/2014

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