1959

13/12/2014

Conférence

 La famille dans la tradition islamique

Famille, homosexualité, « théorie du genre »

https://www.youtube.com/watch?v=uxcyTUIt4dg

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Commentaires

Les choses semblent si simples dans votre monde, M. Ramadan, ce monde des hommes sincères et pieux , qui aiment leur prochain et ne désirent que faire le bonheur de leurs épouses...

Seulement, il est un autre monde, où les époux (bien qu'ils prient...) n'ont d'autres méthodes que l'humiliation, les menaces et la désagréable compagnie.

Vous parlez d'une autorité naturelle chez l'homme; l'autorité rassure, cadre les choses et crée une harmonie au sein de la famille.

Le DESPOTISME, lui, frustre, étouffe et opprime; il bannit toute forme de dialogue et engendre logiquement chaos et rébellion!

Sourds, entêtés, aveugles et confiants, ils n'ont rien à apprendre des autres.
Comment cohabiter avec ces ORGUEILS démesurés?!

Cela vaut bien une deuxième conférence, ou pour le moins un article qui réponde à tant de souffrance...

Écrit par : asma | 14/12/2014

« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des avantages que Dieu leur a accordées sur elles et en raison des dépenses qu’ils effectuent pour assurer leur entretien. »[1]

La lecture biaisée de l'autorité de l'homme dans le coran par le système patriarcal:
En réalité la traduction serait : « en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux –là sur ceux-ci autrement dit à certains hommes ou femmes par rapport à d’autres hommes ou femmes (les uns para rapport aux autres .
Ou sinon on aurait eu : « bima fadala baadahoum ala baadihina » . C’est ce qu’explique l’Imam Mohammed Abdou qui affirme que ce verset stipule que « certains hommes sont favorisés par rapport à certaines femmes et certaines femmes sont favorisées par rapport à certains hommes ». Cela correspond beaucoup plus à l’esprit d’équité du Coran et à la réalité des sociétés humaines.
Quand on replace le verset dans son contexte, quand on le relit à la lumière des autres versets en faveur des femmes, on s’aperçoit qu’al-Quiwamah n’est en fait pas un privilège accordé par le Créateur aux hommes mais plutôt une contrainte dans la mesure où l’époux se voit assigné à une responsabilité morale et matérielle, celle de pourvoir aux besoins de son épouse et de sa famille. Al-Quiwamah n’est pas un honneur (tachrif) mais elle est responsabilité (taklif) à l’inverse de ce qui a été rapporté par les interprétations patriarcales et dont on a déduit la supériorité innée des hommes.
Tahar Mehdi, un autre savant contemporain, va, quant à lui, interpréter ce concept comme un « surplus » de responsabilités. Al-quiwamah accordée à l ‘époux l’est non pas parce qu’il est mâle mais seulement en fonction des moyens qu’il possède. Ce qui l’amène à dire que si cette responsabilité revient dans un couple à l’épouse - ce qui est, de plus en plus le cas actuellement dans nos sociétés modernes – elle est tenue d’exercer cette Quiwamah et donc il n’y a aucune exclusivité masculine à ce sujet.
D’autre part, et en contrepartie de cette Quiwamah, il y a dans le Coran une règle de base dans le mariage qui stipule que la concertation et l’accord mutuel sont les fondements du mariage (tashaour wa taradi), ce qui a pour but d’éviter la transformation de cette responsabilité d’entretenir le foyer en une logique de despotisme.
La concertation est donc le fondement de la cohésion du couple et elle est confortée par une autre notion de base retrouvée dans le Coran est qui « l’entraide mutuelle » ou la co-responsabilité (al-Wilaya) : « el mouaminoune wal mouminate baadouhoum awliyaa baad », « les croyants et les croyantes s’entraident mutuellement ou sont responsables les uns des autres ».. Cette notion centrale dans les relations entre hommes et femmes a été curieusement marginalisée aussi bien par l’exégèse classique que par la jurisprudence islamique qui a insisté sur la faveur accordée aux hommes à travers (al-Quiwamah) au détriment de la coresponsabilité (al-Wilaya)[8].

Il serait aussi utile de rappeler que la Quiwamah stipulée dans le Coran était avant tout une manière d’offrir aux femmes –surtout dans le contexte de l’époque et que l’on peut tout à fait retrouver de nos jours – une mesure de protection financière complémentaire surtout en période de maternité et d’allaitement. Autrement dit, leur assurer une mesure compensatoire durant ces périodes de vulnérabilité physiologique. Cela rejoint en quelque sorte certaines revendications féministes actuelles qui insistent sur le fait que « les femmes ont droit de facto à un traitement égal dans toutes les sphères de la vie sociale et parce qu’elles sont des femmes elles nécessitent des dispositions supplémentaires en matière de maternité et de santé reproductive et ce pour assurer que cette égalité soit possible ».
http://www.asma-lamrabet.com/articles/a-propos-du-concept-de-l-autorite-de-l-epoux-ou-al-quiwamah/

Écrit par : Didon | 14/12/2014

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