1959

16/12/2015

TROIS POEMES DE Hania al-Mawri

Bonne lecture!


 

La fraîcheur salutaire

 

Les yeux ne suffisent pas. Non !

C’est avec le cœur et la raison,

Luttant seul contre tous, qu’il a fait front,

Rejetant toute forme de superstition.

 

Si l’œil est subjugué

Par la beauté de la lune,

Le cœur y voit la Main du Beau

Quand d’autres s’obstinent

A adorer les astres,

Courbant l’échine,

Figés, ô quel désastre !

Dans des traditions assassines.

 

Rendant hommage aux morts,

Aux croyances d’un autre âge,

Ils perpétuent l’outrage …

Leurs cœurs sont certes morts !

 

Héritant des ténèbres,

Ils adorent des lumières

Créées pour les guider,

Ils sont certes égarés.

 

D’autres font des offrandes dans leur absurdité,

A des statues sacrées, sculptant ainsi leur perte.

Implorant l’aide de pierres taillées

Ressemblant à leurs cœurs inertes.

 

Croire en un Créateur,

Eternel, Salvateur.

Rompre sans transiger,

Avec la terre entière,

Avec son clan, son passé,

Tourner le dos à son propre père.

 

Pour suivre la Lumière,

Porter en soi la Vérité,

Rencontrer l’Amour du Miséricordieux,

Regarder au-delà des cieux…

 

Mais souillant leurs âmes

D’orgueil et d’ignorance,

Déterminés, féroces,

Les incrédules s’acharnèrent

A éteindre la flamme

Qui devait les sauver de l’enfer.

 

Nourrissant le bûcher infâme,

Ils s’allièrent contre l’ami intime

Du Seigneur des mondes,

Qui sauva son serviteur, ferme dans sa certitude.

De leur ruse immonde.

 

S’écoulèrent des jours heureux

Dans le jardin du vertueux,

Au grand désarroi des complices,

Les flammes se firent salvatrices…

 

Tendres corolles

 

Regoûter à l’émerveillement,

A un âge où la sagesse couronne vos cheveux blancs,

Savourer chaque instant passé à admirer

Les grandioses découvertes de ses petits-enfants.

 

Cette eau bien capricieuse qui ruisselle et se joue

De leurs petites mains, rebelle, insaisissable.

C’est à renfort de pelles qu’ils sculptent dans le sable

Des forts imprenables, dignes des rois les plus fous !

 

 

 

 

 

 

 

Ils méditent des heures devant l’ombre effrontée

Qui les suit à la trace…mystérieuse compagnie !

Et vous font des remarques naïves et assassines,

Que seules des âmes pures oseraient prononcer.

 

Cachoteries, complicités, heureux vous succombez

A l’extase de l’enfance, vigoureuse, éclairée.

Printemps qui illumine la dernière des saisons,

Attendri, comblé, conquis… Ô quelle sublime régression !

 

 

Libre d’être heureux à ma façon !

 

De Sydney à Broadway, ils ont déclaré haut et fort, « Nous, hommes et femmes libres et civilisés, nous sommes tous fêtards, couche-tard, franchouillards !! ».

 

Nous autres, barbares, devons constater qu’il semble n’exister qu’une seule forme de bonheur et de liberté qui soit admise.

 

Si Dieu est satisfait de moi, alors je supporterai sans mal vos étendards à vos carreaux, vos index sévères, vos regards méfiants et accusateurs qui glissent sur moi.

 

Le monde a martelé trois notes tricolores, l’humanisme est francocentrique, les émotions sont sélectives.les langues se délient, les dérapages sont de rigueur.

 

Ils sont allés jusqu’à vêtir la statue du Christ Rédempteur de Rio du drapeau salutaire !

 

Les sociétés  cyberplanétaires, comble du paradoxe, développent l’instinct grégaire ; « Nous sommes tous… des moutons ! ».

 

Seules la sagesse et l’ouverture peuvent lutter contre l’obscurantisme, et si l’on ne peut effacer le passé, soyons dignes dans la construction d’un avenir commun.

 

Les politiques servent leurs ambitions, je vous invite à la réflexion…

Qui sont vos concitoyens musulmans ?

 

Ils partagent votre douleur et celle de tout peuple opprimé.

Une lueur d’espoir sublime leur quotidien.

Ils ont la main sur le cœur.

L’humilité couronne leur front.

L’œil humide et des sanglots dans la voix lorsqu’ils récitent Le Saint Livre.

Ils ne connaissent pas la solitude car Dieu les honore de Sa présence.

Ils considèrent la mort comme une passerelle, les délivrant de la prison terrestre.

Ils ont l’espoir de rencontrer Celui pour qui ils ont enterré le bas-monde, scellant la tombe d’un monde trompeur, se contentant du bonheur inconditionnel qui règne dans leur cœur. Ils ressentent une douce chaleur en toute saison.

Tout les renvoie à leur Seigneur, la pleine lune, la toile d’araignée alourdie par la rosée, la rose irisée, le ciel palpable quand le brouillard raccourcit l’horizon. Dieu est Beau, se disent-ils, Dieu est Grand ! 

Ce qui nous lie, la recherche du bonheur, je suis heureux, à ma façon !

 

 

 

 

 

 

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