1959

31/12/2015

Sermon : Réflexions sur une année passée

Extrait de Sermons du vendredi, éditions Tawhid

Une année est  passée. Ce qui signifie que nous avons tous une année de plus, et que nous nous sommes tous rapprochés de notre mort d’une année.


Celui qui meurt, sa mort est sa fin du monde. Le livre où sont consignées ses œuvres est définitivement fermé, et son Seigneur le juge. Sa destinée est le Paradis ou l’Enfer.

Al-Hassan Al-Basrî a rapporté cette parole : « Il n’est de jour dont l’aube se lève, sans qu’un héraut appelle du côté de la Vérité : « Ô fils d’Adam, je suis une nouvelle création, et je suis témoin de tes actions. Profite de moi en faisant une provision de bonnes œuvres, car je ne reviendrai pas jusqu’au Jour de la résurrection. » »

Ce conseil, mes frères et sœurs en Islam, ne s’adresse pas seulement aux vieilles personnes, mais aussi aux jeunes gens. La longueur de la vie de chacun d’entre nous dépend exclusivement de la volonté de Dieu. Pour les uns, il se peut qu’ils vivent de longues années, et pour les autres, il se peut qu’ils vivent leurs derniers jours.

Le Coran dit : « Et aucune existence n’est prolongée ou abrégée sans que cela soit consigné dans un livre. Cela est vraiment facile pour Dieu. » (Coran, 35, 11)

De la même façon, la mort ne touche pas seulement celui qui est malade, mais aussi celui qui est bien portant. Il n’y a personne qui soit trop misérable ou trop considérable pour échapper à la mort.

Un poète a dit avec vérité :

Et combien de jeunes gens passent leur journée dans la sérénité,

Alors que déjà sont tissés leurs linceuls sans qu’ils ne le sachent

Une année est passée. Une année qui se plaint à Dieu de notre négligence. Notre négligence en ce qui concerne notre religion, et notre avidité pour les biens de ce monde. Nos efforts pour nous accaparer ce qui ne nous appartient pas, alors que Dieu a déjà décidé de la part de ce monde qui revient à chacun d’entre nous, tout comme Il a décidé du terme de notre vie.

Pourquoi avoir commis tant d’actions blâmables ? Alors que le monde et ses plaisirs sont passagers, semblables à une ombre qui se déplace, et alors que l’au-delà est meilleur et plus durable ?

Mâlik Ibn Dînâr a déclaré : « Si le monde était fait d’or éphémère et l’au-delà fait d’argile éternel, il conviendrait de préférer l’argile éternel à l’or éphémère. Qu’en est-il dès lors d’un au-delà fait d’or éternel et d’un monde fait d’argile éphémère ? »

La mission de l’homme sur terre, mes frères et sœurs en Islam, consiste essentiellement à adorer Dieu comme il se doit, et à établir une société juste où le riche vient en aide au pauvre, où le fort assiste le faible, où nul ne prend plus que ce qui lui revient de droit, ou nul ne néglige ses devoirs.

Est-ce que nous nous sommes montrés fidèles à ces principes durant l’année écoulée, et méritons-nous d’accueillir avec joie l’année nouvelle ?

Est-ce que nous avons occupé une partie de notre temps à résoudre les problèmes de nos frères et sœurs, ne serait-ce qu’en leur prodiguant nos conseils, suivant la parole du Prophète  (que Dieu le couvre de bénédictions et de paix )  : « La religion, c’est le conseil sincère » ? Dieu dit dans le Coran :

« Il n’y a aucun bien dans beaucoup de leurs conversations secrètes, sinon celui qui ordonne une aumône, ou une œuvre de bien, ou une conciliation entre les gens. » (Coran, 4, 114)

Avons-nous agi en ce sens ? Avons-nous donné une partie de nos biens pour aider et consoler le pauvre, le malade et celui qui n’a plus de moyen ?

Avons-nous enseigné aux gens ce qui est utile aux gens ?

Au Jour de la résurrection, tout serviteur de Dieu ne quittera pas son lieu de jugement avant d’avoir été interrogé. D’après Abû Hurayra, le Prophète (que Dieu le couvre de bénédictions et de paix ) a dit : « Les deux pieds du serviteur ne bougeront pas, au Jour de la résurrection, jusqu’à ce qu’il soit interrogé sur quatre éléments : sur sa vie, comment l’a-t-il épuisée ? Sur sa jeunesse, comment l’a-t-il consumée ? Sur son bien, d’où l’a-t-il acquis et comment l’a-t-il dépensé ? Et sur son savoir, qu’en a-t-il fait ? » (At-Tabarânî, al-Bazzâr)

Mes frères et sœurs en Islam,

Si pendant cette année écoulée, vous vous êtes comportés en mettant chaque chose à sa place et en remplissant vos devoirs, alors vous êtes de ceux qui reçoivent la bonne annonce d’une vie heureuse dans ce monde et dans l’au-delà. Mais si ce n’est pas le cas, si vous vous êtes montrés négligents, alors écoutez le Coran qui vous dit :

« Fuyez donc vers Dieu ! Je suis pour vous, de Sa part, un avertisseur explicite. » (Coran, 51, 50)

Fuyez donc du péché vers l’obéissance !

Du châtiment de Dieu vers Son pardon !

De Sa colère vers Son amour !

Car aujourd’hui, il est temps d’agir et de prendre de fermes résolutions. Aujourd’hui, il y a les actions et il n’y a pas de compte ; et demain, il y aura des comptes à rendre et il n’y aura plus d’action. Il ne sera plus temps d’agir. Ne vous laissez pas séduire par les attraits du monde matériel. C’est une mer profonde, et combien s’y sont noyés ! Que votre navire soit la piété, et votre voile, le fait de vous en remettre à Dieu Seul. Comme a dit le poète en substance :

Dieu a des serviteurs sages et sagaces

Qui ont répudié le monde et ont craint ses séductions

Ils l’ont observé, et lorsqu’ils ont su

Que ce n’est pas là la patrie d’un vivant

Ils l’ont considéré telle une mer profonde

Et ont fait de leurs bonnes œuvres autant de navires !

 

L’imam Alî – que Dieu soit Satisfait de lui – a affirmé :

« Agissez constamment !

Et tendez fermement vers votre objectif !

Persévérez dans la droiture !

Armez-vous de patience !

Et montrez-vous toujours scrupuleux ! »

 

Nous demandons à Dieu qu’Il nous ouvre, en cette nouvelle année, les portes de Sa miséricorde. Allâhumma âmîn !

 

 

22:53 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

جزاك الله عنا خير الجزاء على هاته الموعضة و كما جاء في الحديث طوبى لعبد جعله الله مفتاحا للخير مغلاقا للشر وويل لعبد جعله الله مغلاقا للخير مفتاحا للشر

Écrit par : Ismael | 02/01/2016

Au nom de Dieu,

Tout bien vient de Dieu, Le Bienveillant, Le Miséricordieux.

Tu n'as cessé de combler ma soif de science et d'amour.

Tu m'as offert la plume, empreinte du cœur, lorsque j'ai désiré Te chercher.

Tu m'as permis d'emprunter la voie de la sagesse, qui exige de purifier le cœur et de soumettre les sens.

Ta Lumière permet à mon cœur de donner sens à ce que mon œil perçoit.

Ma mémoire m'impose la pudeur. La pudeur conduit au contentement et m'incite à m'efforcer de dompter jusqu'à mon imagination.

Mon repentir est la conséquence de Ta grâce.

Méditer Tes versets est une source inépuisable et délectable.

La quête spirituelle est un mets raffiné qui renforce mon amour, ma foi, mon scrupule, ma volonté de Te satisfaire et de soumettre ma volonté à la Tienne.

Ta bienveillance me réconforte, Tes bienfaits réduisent au silence souhaits et plaintes, Ton pardon m'émeut, Ta miséricorde nourrit mes espoirs.

Je suis dérisoire, pauvre, faible, imparfaite, impuissante, et pourtant Tu m'aimes et m'honores de Ta présence.

J'implore Ton aide afin de Te louer, de T'adorer, de T'invoquer sans effort, aussi naturellement que je respire.

J'aiguise mon ouïe à Ton évocation et tremble à l'idée de Te courroucer. Ne m'abandonne pas à cette ignorance qui génère la cécité des cœurs.

Aujourd'hui, j'ose croire que Tu m'aimes, j'ose espérer contempler Ta Face. Pardonne-moi, O Toi, Ce Roi si proche.

La plume des pieux prédécesseurs a coulé leur sincérité dans les sillons de leurs livres et leurs pensées précieuses troublent nos regards et éclairent nos vies de leur connaissance profonde.

Puisse Dieu nous accorder le fruit de la plus précieuse des quêtes, la sincérité, visant à satisfaire Le Créateur, Celui dont dépendent nos pas, notre volonté, nos actes, nos larmes, nos rires, notre succès ici-bas et dans l'Au-delà.

Écrit par : H.M. | 02/01/2016

Les commentaires sont fermés.