1959

14/01/2016

Encouragement au savoir

Lorsque le Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) arriva à Médine, certains de ses habitants lui présentèrent un jeune garçon de la tribu des Banû an-Najjâr, appelé Zayd Ibn Thâbit – que Dieu soit Satisfait de lui –. Ils déclarèrent au Prophète  : « Ce jeune garçon récite déjà dix et quelques sourates de ce qui t’a été révélé. » Le Prophète  lui demanda de réciter ces sourates, ce qu’il fit.  Le Prophète  lui dit alors d’apprendre la langue des juifs, ce qu’il fit en quinze jours.


Ce récit comprend des enseignements importants sur le plan de l’éducation :

Premièrement, l’Islam a encouragé les Compagnons du Prophète  à acquérir la connaissance. Cela, c’est l’une des vérités fondamentales de cette religion. Il suffit de considérer que les premiers versets révélés sont les suivants :

« Au Nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. Lis, au Nom de ton Seigneur qui a créé. Qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis, et ton Seigneur est le Plus Noble, qui a enseigné par la plume. A enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas ! » (Coran, 96, 1-5)

Cela, c’est le premier appel qui indique avec force le rang élevé qu’occupe la plume en Islam, et qui souligne la valeur de la science. C’est une déclaration de guerre contre l’illettrisme inconscient, qui affirme avec détermination que l’édification des hommes passe par la lecture et l’acquisition des connaissances.

Dieu – à Lui la Puissance et la Majesté – a porté très haut les degrés occupés par les savants, à tel point qu’Il a joint leurs noms à Son Nom et celui des Anges dans le témoignage de Son Unicité et la reconnaissance de Son équité. Il dit en effet dans le Coran : « Dieu atteste, et aussi les Anges et les doués de science, qu'il n'y a pas de dieu sinon Lui, le Mainteneur de la justice. Il n’y a de dieu que Lui, le Tout-Puissant, l’Infiniment Sage! » (Coran, 3, 18)

Il n’y a pas lieu de s’étonner ! Comment des esprits faibles aux connaissances restreintes pourraient-ils apprécier la Majesté du Créateur suprême ? Et comment celui qui est marginalisé par son ignorance et l’obscurité dans laquelle il se trouve plongé, comment pourrait-il connaître la vérité sur le Maître de la vie, et considérer un quelconque aspect de Ses Qualités immenses et de Ses signes incommensurables ?

Un excellent savoir devance, auprès de Dieu, une action désordonnée, ou une adoration sans vie à laquelle se mêlent l’ignorance et les courtes vues. Le Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) a dit : « Un surplus de savoir vaut mieux qu’un surplus d’adoration. Et le meilleur de votre religion, c’est le scrupule pieux. (al-wara‘) » (Rapporté par al-Hâkim et par d’autres traditionnistes, authentifié par al-Albânî) Le Prophète  aurait dit également : « Un peu de savoir vaut mieux que beaucoup d’adoration. » (Ce hadith est rapporté par at-Tabarânî, mais il est de faible authenticité.) Et le Prophète  aurait dit également : «  La meilleure des adorations, c’est la compréhension. » Dans le sens : c’est d’être instruit. (Ce hadith est également rapporté par at-Tabarânî et de faible authenticité.)

Le Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) dit à Abû Dharr – que Dieu soit Satisfait de lui – :

« Ô Abû Dharr ! Qu’en début de journée, tu apprennes un verset du Livre de Dieu, cela est meilleur pour toi que de prier cent rak‘a (cycles de prière). » Ce hadith est rapporté par Ibn Mâja, avec une bonne chaîne de transmission. Il est renforcé par le hadith que rapportent Muslim et Abû Dâwûd avec un sens similaire : ‘Uqba Ibn ‘Âmir – que Dieu soit Satisfait de lui – a dit : « Le Messager de Dieu  sortit (vers nous) alors que nous étions dans la suffa (partie ombragée de la Mosquée de Médine réservée aux pauvres sans logis) , et il dit : “Lequel d’entre vous aimerait se rendre chaque jour en début de journée à Buthân ou à Al-‘Aqîq et en revenir avec deux chamelles aux grandes bosses, sans avoir commis de péché, ni avoir rompu ses liens de parenté ?” Nous répondîmes : “Ô Messager de Dieu ! Nous aimons cela.” Il reprit  : “L’un d’entre vous ne se rendrait-il donc pas en début de journée à la mosquée, apprenant ou récitant deux versets du Livre de Dieu – à Lui la Puissance et la Majesté – ? Cela est meilleur pour lui que (d’obtenir) deux chamelles, et trois versets valent mieux pour lui que trois chamelles, et quatre valent mieux que quatre, (et ainsi de suite) avec un nombre équivalent de chameaux !” » Buthân et Al-‘Aqîq désignent deux endroits à Médine.

Le sens de ce qui vient d’être dit est que l’adoration des ignorants, tout comme leur amitié, est de peu d’utilité. Ils se nuisent à eux-mêmes alors qu’ils pensent agir à leur bénéfice ; et ils causent des troubles à leurs amis, alors qu’ils veulent les réconforter. Les dévots ignorants défendent avec force leur religion, et lui manifestent en apparence un soutien indéfectible ; mais il arrive que par sottise ils se tiennent à des positions qui nuisent à la foi et n’apportent que misères et difficultés. La clairvoyance des gens du savoir, au contraire, leur dicte un comportement éclairé, et leur inspire de suivre la voie de la rectitude. Si leurs actions sont peu nombreuses, le bien qu’ils en retirent est conséquent, parce qu’ils agissent à bon escient.

C’est pourquoi le Messager de Dieu (Dieu lui accorde bénédiction et paix) a dit :  « Le mérite du savant sur l’adorateur est comparable à mon mérite sur le moins considérable d’entre vous.» (Rapporté par at-Tirmidhî qui a dit : « C’est un hadith de bonne et excellente authenticité »).

Le Prophète  aurait dit : « Un seul homme instruit dans la religion (faqîh) est plus dure pour le diable que mille adorateurs (que mille dévots). » (At-Tirmidhî, Ibn Mâja. Hadith de faible authenticité)

Cela est dû au fait que le diable se plaît à déformer la religion et tend des pièges que seul reconnaît le savant, qui peut ainsi éclairer sa communauté.

Ce savoir que recherche le musulman et pour lequel il voyage d’un continent à l’autre ne se limite pas à un seul champ de connaissance, dont le début et la fin seraient déterminés. L’Islam encourage l’acquisition de tout ce qui permet au croyant d’élargir son horizon de pensée et de faire tomber les obstacles qui empêchent le libre exercice de la raison ; de tout ce qui renforce le lien de l’homme avec son Seigneur.

Ce récit comprend également un autre enseignement : il nous invite à apprendre d’autres langues, comme le Prophète (Dieu lui accorde bénédiction et paix) avait ordonné à Zayd d’apprendre l’hébreu. Ce qui indique l’importance de connaître les différents moyens de communication des peuples, et de les comprendre, parce que le Message de l’Islam s’adresse à toute l’humanité, et parce qu’il est impossible d’amener les hommes à parler une seule langue. La variété des langues est en effet l’un des signes de Dieu mentionné dans le Coran, où il est dit :

«  Et parmi Ses signes il y a la création des cieux et de la terre et la variété de vos langues et de vos couleurs. Il y a en cela des signes pour les savants. » (Coran, 30, 22) Transmettre le Message de l’Islam aux autres communautés nécessite l’apprentissage et la connaissance de leurs idiomes.

Autre enseignement encore : il est bon de repérer dans notre jeunesse les éléments qui ont des dispositions à l’acquisition des savoirs, afin qu’ils excellent dans leur domaine et qu’ils portent ce Message à tous.

Nous demandons à Dieu d’orienter nos cœurs et d’éclairer nos esprits. Allâhumma âmîn !

 

 

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