1959

28/04/2016

Nouveaux poèmes de Hania al-Mawri

Saison prodigieuse

 

Le soleil d’avril a peine

A réchauffer mes quatre-vingt printemps.

Enveloppée de mon manteau de laine,

Voûtée sur les planches fanées d’un vieux banc,

 

J’envie en mon crépuscule,

La fraîche parure des cerisiers triomphants.

Pétales d’un blanc vif, radieux, éclatants,

Beauté figée, imperturbable,

 

Sculptée de sève et de lumière,

A tous les hommes, criant victoire,

A toutes les âmes, jetant l’espoir

D’une vie nouvelle après l’hiver…

 


Fleuriste en herbe

 

Pour toi je composerai

Le plus farfelu des bouquets.

Je dompterai les fleurs sauvages,

Aussi rebelles soient-elles.

Une fois devenues sages,

Je les saupoudrerai

D’une pincée de fleur de sel.

 

Je partirai à la conquête

De fleurs astrales, dont les têtes

Rappellent tout autant de soleils,

Les étoiles des champs, dont Van Gogh s’émerveille.

 

Loin des terres arables,

Où la pluie se fait rare,

Où le vent et le sable

Murmurent des histoires

Et sculptent patiemment

De ces fleurs friables,

Je t’offrirai maman,

Une rose des sables.

 

 

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