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17/02/2017

SERMON : Nous écarter de tout ce que Dieu a interdit

Le musulman sait que la foi se manifeste de deux façons : en agissant, ou en se retenant d’agir. L’essence de la religion consiste à accomplir les obligations prescrites et à éviter les interdits. Parmi les signes les plus évidents d’une foi sincère et d’une adoration entière, il y a le fait de craindre de tomber dans le domaine des choses défendues.

Le Prophète (Dieu le couvre de bénédiction et de paix) a dit : « Crains les interdits, tu seras, entre les hommes, le meilleur des adorateurs. »

 


Et Dieu dit dans le Coran : « Dis : « Venez, je vais vous réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne lui associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. C’est Nous qui vous nourrissons, tout comme eux. N’approchez pas des turpitudes, ce qui en apparaît ou ce qui en est caché. Ne tuez qu’en toute justice la vie que Dieu a faite sacrée. Voilà ce que (Dieu) vous recommande de faire ; peut-être comprendriez-vous. » » (Coran, 6, 151)

 De là vient que le musulman est attentif à ne pas entreprendre une chose qui entraîne la colère de Dieu. Il évite toute forme de transgression et de violation des interdits. Il met entre lui et elles le rempart de la piété. S’il agit ainsi avec foi et rectitude, il se rend compte, dans le déroulement de son existence, que sa conception est la bonne.

Les interdits représentent en effet le domaine du danger qui menace l’humanité, et qui la conduit à son effondrement. C’est pour cette raison que Dieu nous a strictement défendu d’y accéder. Le Coran affirme en parlant de la mission du Prophète (000) : « Il leur interdit les mauvaises choses, et leur ôte leur fardeau et les chaînes  qui étaient sur eux. » (Coran, 7, 157) C’est pourquoi le croyant est certain du bien-fondé de ses efforts, et c’est pourquoi il refuse de céder aux voix qui appellent à la corruption et au rejet de la vérité.

Le musulman sait qu’il n’y a aucun bien dans ce que Dieu a interdit. Dieu en effet ne nous a interdit que ce qui comprend une forme  de nuisance et de corruption dans nos vies, ce qui ruine notre existence, nous rend malheureux et nous conduit à la bassesse. Ce qui est confirmé par l’usage d’une saine raison, et par un savoir fondé sur une appréciation objective de la réalité.

C’est au contraire l’ignorance, et la soumission aux passions qui induisent en erreur l’être humain, en l’amenant à violer les interdits, en le dominant par la séduction.

Le point de divergence entre l’Islam et ses ennemis aujourd’hui est que ces derniers veulent rendre licite ce que Dieu a déclaré illicite, sans aucune intelligence et sans compréhension. Ils veulent faire de l’homme un animal qui n’est tenu par aucune restriction.

Mais l’Islam considère que cette conception ne peut conduire qu’à la corruption, et se traduire progressivement par la perte de tout repère, de toute quiétude et de toute sécurité.

Les tenants de la permissivité ne peuvent en aucun cas démontrer qu’il y a dans ce que Dieu a interdit un bien réel et continu pour l’individu et la collectivité, mais ils vantent les effets de la vie moderne et prétendue libre, sans étayer leurs propos d’une argumentation convaincante.

Il cherche à gêner les musulmans  en avançant que nous vivons une ère nouvelle marquée par la science et la modernité. Le licite et l’illicite sont pour eux, en ce qui concerne les valeurs humaines, une vieille théorie dépassée. En s’exprimant ainsi, ils montrent qu’ils ignorent tout de ces valeurs humaines, et qu’ils ne savent pas que l’homme reste l’homme, en tout temps et tout lieu.

Depuis l’aube de l’histoire de l’humanité, l’homme avait conscience, par exemple, que la turpitude et la relation hors mariage sont des erreurs que la société juge mauvaises, parce qu’elles menacent de façon évidente l’ordre social. Il avait conscience que la relation la plus saine et la plus ordonnée entre l’homme et la femme est le mariage, et que la famille ainsi composée est le lieu le plus sûr qui permet aux individus de s’épanouir et de trouver la paix.

Si cette conception a traversé les siècles, générations après générations, que s’est-il produit de nouveau dans les temps modernes qui justifierait les encouragements à la débauche et à la fornication, et une volonté clairement affichée de nuire à la conception de la famille, voire de rendre difficile sa réalisation ?

Et la femme, qui avant l’Islam, se maquillait à l’extérieur de son foyer, s’exposait aux regards et entretenaient des relations hors mariage – cette femme que l’Islam a secouru, en protégeant sa pudeur et sa noblesse, en l’élevant au rang de son humanité, en déterminant la noble fonction qui est la sienne – pourquoi donc les ennemis de l’Islam veulent-ils aujourd’hui la ramener petit à petit aux temps du paganisme ? Pourquoi veulent-ils l’humilier, faisant d’elle une marchandise sexuelle, et sacrifiant sa féminité ?

Quelle science authentique,  quelle démarche intellectuellement valable, quel prétendu progrès et quelle civilisation peut-on invoquer pour justifier ce désordre et cette absence de dignité ?

Et le vin, dont la science a prouvé qu’il est un mal destructeur et un ennemi de l’homme, raison pour laquelle Dieu l’a interdit,  en quoi sa consommation serait-elle un signe de progrès, au point que le fait d’en boire démontrerait que l’on s’est affranchi des traditions passées et que l’on est en phase avec la « modernité » ?

 En réalité, les hommes restent les hommes, et les normes restent les normes, et la vérité reste la vérité.

Nous demandons à Dieu qu’Il fasse que nous soyons de ceux qui agissent dans le bien et s’abstiennent de commettre le mal.

Allâhumma âmîn !

 

Extrait de Sermons du vendredi, Hani Ramadan, aux éditions Tawhid

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