Le précédent billet publié entre autres sur la question de la représentation de "Dieu à l'image de l'homme dans le christianisme" a amené des commentaires riches et intéressants. La théologie négative a notamment été évoquée : on ne peut finalement dire de Dieu que ce qu'Il n'est pas. Pour moi qui suis convaincu qu'il n'existe pas une expression du divin plus claire et évidente que ce qu'énonce la parole révélée, je vous invite à considérer avec attention ce passage coranique :

"Rien ne Lui est identique, et Il est Celui qui entend et voit absolument (textuellement : l'Oyant, le Voyant)" (Coran, 42, 11)

Extrait essentiel qui résume en quelques mots la doctrine de l'islam sur la connaissance que nous avons de Dieu, et qui écarte deux extrêmes : l'agnosticisme et l'anthropomorphisme. Si en effet nous cachions la seconde partie de ce verset, nous lirions seulement : "Rien ne lui est identique." Ce qui signifie que nous ne pourrions rien connaître de Lui. La connaissance humaine procède en effet par comparaison, classification des genres, distinction. Mais l'Un échappe à ce processus. Ce qui nous conduirait à l'agnosticisme. De Dieu, on ne peut rien dire. Point.

Si à présent nous cachions la première partie, nous lirions seulement : "Il est Celui qui entend et voit absolument." Nous pourrions alors nous imaginer que Dieu voit et entend comme nous, avec un appareil visuel ou auditif semblable au nôtre. Ce serait tomber dans une forme d'anthropomorphisme.

Mais notez le bien, le verset avance ensemble les deux propositions : de Dieu, je peux connaître les noms et les qualités suprêmes, et cependant, rien de cela n'est comparable aux éléments de la création.

Ce verset, à mon sens, dépasse tout ce que la théologie négative a pu mettre en avant, par sa concision et le juste milieu qu'il définit.

Songeons qu'il nous a été ainsi transmis par un homme illetré qui vécut au VIIe siècle, et qui n'est autre que le Prophète Muhammad.