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Pas de larmes pour la Syrie (12/07/2012)

Les jours qui passent égrènent leur lot d’horreurs en Syrie. 

L’humanité la plus élémentaire aurait dû inciter la communauté internationale, persistant lâchement à ne pas vouloir porter secours à un peuple en détresse massacré par son dictateur, à fournir au moins des armes, pour que les civils syriens puissent assurer leur défense, sauver leurs femmes et leurs enfants.

Mais rien.

Depuis bientôt vingt mois ! L’ONU s’affiche sans honte, avec son cortège d’incompétentes et d’incompétents,  de pourparlers en pourparlers, de négociations en négociations, avec toujours ces mêmes visages lisses, graves ou souriants, dont le souci reste de « convaincre la Russie », et de proposer une solution au gouvernement vacillant de Bashar, serait-ce sous la forme d’une sortie honorable.  Et l’on apprend une fois de plus que les décisions adoptées ce samedi 30 juin 2012 à Genève entretiennent le plus grand flou  sur le sort d’el-Assad ! Bassam Kodmani, porte-parole du Conseil national syrien (CNS), a critiqué un accord « ambigu ». L’absence de calendrier pour son application révèle par ailleurs que cet été risque d’être encore terriblement long pour le peuple syrien.

Pendant ce temps en effet, des atrocités innommables se poursuivent sur le terrain. Tortures, emprisonnements, viols et meurtres se succèdent à une cadence folle, perpétrés aux yeux de tous par un régime poussé dans ses derniers retranchements et invité à aller jusqu’au bout de l’horreur. Les révolutionnaires sont écrasés par une pluie de bombes. La liste des villes martyrisées ne cesse de s’allonger. Des crimes horribles sont commis à Douma. Mais aussi à Jobar, Aïn Tarma, Deir Ezzor, Idleb,  Deraa, dans la province d’Alep, à Atareb, Mayer, et dans beaucoup d’autres agglomérations.  Les appels au secours venant de Homs et de Hama n’ont pas été entendus dans les capitales occidentales. Et plus le temps passe, plus l’agression du tortionnaire de Damas prend de l’ampleur.

Entre le trône ensanglanté de Damas et les salons feutrés de l’ONU, jusqu’où ira-t-on dans cette barbarie orchestrée au son discordant d’un lamentable ballet diplomatique ?

 

Hani Ramadan

La Tribune de Genève

le 5 juillet 2012

 

 

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