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La Famille en Islam (23/11/2014)

Sa définition à la lumière du Coran[1]

Jusque dans un passé récent, on pouvait lire dans les ouvrages de référence des définitions très claires de la famille, comme celle-ci par exemple :

Famille : Personnes unies par liens de parenté (qui résultent de la filiation) ou par alliance (qui résulte du mariage).[2]

On appréciera la pertinence de cette formulation. Il est étonnant d’observer cependant que le Coran avait déjà énoncé, au VIIe siècle, une définition sensiblement analogue :

« Et c'est Lui (Dieu) qui de l'eau a créé les mortels et établi entre eux des liens de parenté consanguins (nasaban) et par alliance (sihran). Et ton Seigneur est Omnipotent. » (Coran, 25, 54)

Deux mots seulement du Coran, avec une formidable concision, résument la notion de famille :

Nasaban : par les liens de parenté consanguins. Comme le père et la mère, la fratrie et les cousins, les oncles et les tantes, les neveux et les nièces…

Sihran : par alliance. Comme l’époux et l’épouse, le beau-père et la belle-mère, le beau-fils et la belle-fille, la belle-famille en règle générale.

Ainsi, quel que soit le pouvoir d’investigation de l’être humain pour conceptualiser un objet sociologique, il peut être utile de relever que ses découvertes ne dépassent pas, en l’occurrence, le seuil d’une Révélation qui a été faite à un Prophète illettré (Dieu le couvre de Sa miséricorde). A méditer.

Il reste que cette définition est sérieusement remise en cause aujourd’hui. On est passé en Occident successivement de la famille patriarcale à la famille nucléaire, pour aboutir  à la famille monoparentale. Remarquons l’évolution  de cette désagrégation de la cellule familiale. Le concept de « famille nucléaire » est particulièrement parlant. Non pas parce qu’il introduit une notion explosive  – bien que ce jeu de mot reste à considérer si l’on admet que l’individualisme outrancier détruit la solidarité sociale – mais surtout parce qu’il est question du passage de la famille étendue à la famille restreinte, réduite à son seul noyau dans les sociétés modernes : le père, la mère, et quelques rares enfants. La fréquence des divorces permettrait-elle de supposer que nous sommes arrivés au bout du processus, vers une forme de scission/fission monoparentale ?

Pas du tout ! Ce serait ignorer toutes les facettes de l’imagination humaine qui reste débordante de ressources pour projeter de nouveaux modèles familiaux.

Certaines sociétés gays proposent des perspectives étonnantes. Le site de Famille arc-en-ciel nous éclaire : « Le terme de famille arc-en-ciel désigne une famille dans laquelle un parent, au moins, est homosexuel, bisexuel ou transsexuel. (….) Il existe une grande pluralité de familles arc-en-ciel : famille homoparentale, famille recomposée, famille monoparentale, familletranssexuelle, famille bisexuelle... »[3]

L’homosexualité constituant une impasse sur le plan de la procréation, il va falloir donc admettre le mariage pour tous, puis l’adoption d’enfants dans des familles homoparentales, ce qui effectivement va entraîner les êtres humains vers toutes sortes de combinaisons possibles ou impossibles. A partir du moment où une société, confondant désordre et liberté, accepte d’entrer dans un tel processus, il n’y a plus de raison de s’imposer une quelconque restriction.

Pourtant, il existe un nombre important d’études de penseurs, de pédiatres et de psychologues qui démontrent que l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel ne permet pas en règle générale un développement équilibré de sa personnalité, et vise plus à combler le « désir d’enfants » des adultes qu’à tenir compte de l’intérêt de l’enfant lui-même :

« Si l’on part du principe que tout est possible, accorder le mariage et la famille aux seuls couples hétérosexuels est discriminatoire. Hélas ! la nature est discriminante, elle prive par exemple les hommes de la capacité d’accoucher et les chats de la capacité d’aboyer. Naturellement, la vocation d’une loi civilisée consiste à compenser les injustices de la nature, ou de l’état de nature, où le fort écrase le faible. Justement, en ce qui concerne le mariage, la loi a pour but essentiel de protéger le faible : l’enfant. Il n’est donc pas imbécile de se demander ce que doit être la parentalité pour l’enfant. L’enfant, né de la différence sexuée (quels que soient les trucages, on en revient toujours là) et destiné à vivre dans le monde de la différence sexuée (sinon, il n’y aurait très vite plus de monde du tout), n’a-t-il pas besoin d’une éducation à la différence ? “Il est de l’intérêt de l’enfant d’avoir deux protecteurs au lieu d’un seul”, arguent les couples homosexuels, comme si tout était question de quantité et d’addition…La question de l’image parentale est infiniment plus importante que celle de savoir si des adultes peuvent accéder à tous leurs désirs impossibles. Les parents sont les premiers modèles pour l’enfant, l’image du cosmos culturel. Quel effet produira une image tronquée sur des enfants élevés par une paire plutôt que par un couple ? Il y a là un bouleversement anthropologique qui n’a jamais été tenté sur une grande ampleur. Cela vaut la peine d’en débattre, parce que l’éducation des enfants est une affaire sérieuse, sans doute la plus sérieuse de toutes. On ne joue pas avec ça. Un peuple responsable ne peut pas en faire une affaire de mode ou une affaire de simple “désir”. »[4]

D’autres ont encore dénoncé à juste titre « la création du marché de l'enfant, "produit de consommation" venant satisfaire les désirs des adultes. »[5]

 



[1] Extrait de La famille en Islam, qui paraîtra prochainement si Dieu le veut.

[2] Retenons la définition qu’en donnaient Planiol et Ripert : la famille est «  l’ensemble des personnes qui sont unies par le mariage, par la filiation et par une parenté résultant d’une descendance avec un auteur commun. » Traité pratique de droit civil français, 2e Ed. 1952, t. II.

[4] Chantal Delsol (philosophe, historienne des idées politiques, romancière, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques), « Mariage » homosexuel - Contre la loi du désir, in Valeurs Actuelles - 6 janvier 2011.

[5] Franck Margain (conseiller régional UMP, vice-président du Parti chrétien-démocrate),  Non au marché de l'enfant que crée le mariage gay, in Le Monde - 16 août 2012. Excellent dossier sur ce thème : http://www.infoselec.net/politique/mariage-gay.html#pediatres-et-psychologues-pour-un-pere-et-une-mere

 

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